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Un grand cru

Philippe Mollé   19 décembre 2008  Alimentation
Le restaurant La Montée de lait a été rebaptisé La Montée et s’est installé sur la rue Bishop, à Montréal.
Photo : Jacques Grenier
Le restaurant La Montée de lait a été rebaptisé La Montée et s’est installé sur la rue Bishop, à Montréal.
Depuis que le restaurant La Montée de lait a été rebaptisé La Montée et s'est installé sur la rue Bishop, la clientèle d'habitués semble avoir suivi, et l'autre, celle du centre-ville, découvre une restauration éclectique mais non sans intérêt.

Le resto sur deux étages peut recevoir une centaine de convives. Le décor est à l'image de la maison: minimaliste, presque froid. Un plancher usé par le temps témoigne du passé de la bâtisse. Pour le reste, tout est nouveau. Murs blancs, banquettes et tables de bois plaqué, bar central et cuisine à l'étage.

Les garçons ont conservé les bretelles et le style classique du pantalon noir et de la chemise blanche, tout comme les jeunes femmes qui partagent le service. Le décor sur la table se limite à l'essentiel, sans nappe ni artifices. Le spectacle se passe dans l'assiette et autour, en salle.

Côté cuisine, on joue la thématique d'un plat, que l'on conjugue avec délicatesse et savoir-faire, sans jamais oser la prétention. La carte est courte et suffit amplement à combler les attentes. On découvre en entrant un très beau cellier, avec un choix impressionnant de belles bouteilles, comme l'Anglore non filtré suggéré lors de mon repas.

La déclinaison «poisson du jour» proposait de belles crevettes accompagnées de fenouil, parfaitement cuites et joliment présentées. J'avais opté pour la curiosité du plat présenté comme tel: «Ceci n'est pas une bouillabaisse.» En fait, on fait bien de le préciser bien qu'il soit évident qu'il s'agit d'un clin d'oeil à ladite soupe de poisson. Dans une belle assiette creuse, on trouve des coquillages et un morceau de flétan poché. Ensuite, le serveur ajoute un bouillon de poisson à peine assez chaud et il ne reste qu'à déguster, avec en finale un granité anisé, selon moi sans intérêt. Une touche de rouille en sauce ajoutait un plus à ce merveilleux plat.

Tous les plats sont offerts soit dans un menu à quatre services, pour 55 $, ou encore de façon individuelle, à la carte, pour 15 $ la portion. Sans être gigantesques, les portions sont suffisantes et permettent de goûter à cette cuisine inventive sans jamais avoir de surprises désagréables. Le filet de veau cuit sous vide, servi façon veau au thon à l'italienne, est un plat tout aussi intéressant à découvrir que la poitrine de porc confite et laquée à la mélasse.

Le filet de veau, tendre et juteux, se mariait à merveille avec le thon et la sauce dite mayonnaise. Le porcelet confit puis laqué donnait un côté asiatique à la chose, mais ô combien parfumé et goûteux! Le tout était servi avec un émincé de choux de Bruxelles et de la rosette de Lyon.

Par contre, il manquait de légumes avec les plats ou en accompagnement.

Côté desserts, c'est sans équivoque. Le bonheur est total quand arrivent le pot de crème et sa mousse fine. Une ganache très chocolatée se mélange aisément à la mousse fine du dessus. Même bonheur pour la tarte fine à l'érable, qui met merveilleusement à l'honneur un des produits phares de notre industrie acéricole. Une tartelette garnie d'une crème légère à l'érable et aux pacanes, un délice qui ne laisse aucun doute sur les compétences professionnelles d'un grand pâtissier, sur sa montée.

Le service est rodé et jamais hautain. On connaît la carte, et cela paraît lorsqu'un serveur vous explique tant les vins que le côté ludique de chacun des plats, qu'il décrit avec délectation.

La recette a pris et nul doute que la montée 2008 est un grand cru.

- Prix payé pour deux, le soir, avec deux entrées, deux plats, deux desserts et 4quatre verres de vin suggéré, le tout avec taxes, avant service: 141,09 $.

- Restaurant La Montée, 1424, rue Bishop, Montréal, 514 289-9921.

- Plus: une cuisine éclectique mais sans fausses notes.

- Moins: un décor un peu froid, surtout au début de la soirée.

***

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