La grande séduction de Suzanne
Photo : Jacques Grenier
On ne va pas au Soy pour son décor simple, coquet, minimaliste, modeste. On y va avant tout pour la nourriture, chose normale qui devrait concerner tous les restaurants.
Ils avaient fait une tentative avec Bô, l'autre restaurant de Suzanne Liu et de son mari, qui a fermé ses portes il y a plus d'un an. Avec Soy, on avait déjà donné une tendance moderne à la cuisine chinoise en présentant des versions mixtes qui touchent tant la cuisine japonaise que thaïlandaise.
Plusieurs années se sont écoulées depuis, et Soy, avec Suzanne aux commandes, revisite sa carte en y apposant un clin d'oeil plus chinois. Peut-être est-ce l'année olympique qui l'inspire à jumeler l'incontournable (faux) plat chinois, le poulet du général Tao, et les nouveaux dim sums qu'on offre sur la copieuse carte présentée.
On ne va pas au Soy pour son décor, simple, coquet, minimaliste, modeste. On y va avant tout pour la nourriture, chose normale, qui devrait être le cas de tous les restaurants. L'essentiel est sur les tables, mais encore là, aucune extravagance ni fanfreluche apparente. L'important n'est pas le contenu mais le contenant.
Le menu se décline tant le midi que le soir, sous forme de table d'hôte ou encore à la carte. En choisissant la table d'hôte, nous avions choisi, mon invité et moi, les fameux dim sums présentés avec un bol et une cuillère. Le dim sum au porc est enrobé dans une pâte cuite à la vapeur qui laisse échapper, lorsqu'on le consomme, un très goûteux bouillon. On en sert deux par personne, tout comme les dim sums, frits cette fois, au canard épicé.
Un bel équilibre de mise en bouche, montre le savoir-faire de Suzanne Liu et de son conjoint, Manny Cheng. Mme Liu a le mérite de convaincre tout le monde. Elle a réussi à me faire apprécier et même aimer — ce que je croyais impossible — le tofu! Il faut toutefois préciser qu'il s'agit de tofu soyeux, voire crémeux, enrobé d'une pâte croustillante et servi avec une petite mayonnaise japonaise.
Les pétoncles proposés sur le menu sont préparés à la façon tempura. Si la panure est légère et les pétoncles cuits parfaitement, on est encore loin du «vrai» tempura léger comme l'air que préparent les grands chefs nippons.
C'est un peu le même scénario pour le plat de crevettes dites croustillantes. Le croustillant vient davantage de l'ail frit qui enrobe la crevette que de la crevette elle-même. Les morceaux de céleri servis en accompagnement n'apportent rien de plus au plat. Un plat correct, mais qui ne représente pas ce à quoi Mme Liu nous a habitués sur le plan de l'originalité et du goût.
Le personnel de ce restaurant est multiculturel et fort dévoué à la cause des patrons. Ces gens savent nous faire apprécier les petites choses tout en étant professionnels. Côté cave à vins, rien à redire car, en général, les restaurants du même genre sont loin d'offrir un tel choix, tant pour les sakés que pour les vins en général. Ceux-ci sont proposés à bons prix sans jamais atteindre les sommets tibétains.
Preuve de l'intégration montréalaise de la famille Liu-Cheng, elle propose des desserts comme un sorbet framboise, une glace cappuccino, des galettes aux amandes, une crème brûlée... Un ensemble de desserts bien loin de la Chine profonde qui offre habituellement, à la différence de Soy, de grands thés noirs fermentés.
Soy demeure une expérience sensorielle et gustative intéressante. Assurez-vous toutefois que la patronne soit là lors de votre visite.
- Prix payé pour deux, le soir, avec une bouteille de Côtes du Rhône, avant service mais taxes comprises: 102 $.
- Plus: le cuisine asiatique revisitée façon Suzanne.
- Moins: un décor simple qui manque de chaleur.
***
Restaurant Soy
5258, boulevard Saint-Laurent, Montréal, 514 499-9399
***
Collaborateur du Devoir
Plusieurs années se sont écoulées depuis, et Soy, avec Suzanne aux commandes, revisite sa carte en y apposant un clin d'oeil plus chinois. Peut-être est-ce l'année olympique qui l'inspire à jumeler l'incontournable (faux) plat chinois, le poulet du général Tao, et les nouveaux dim sums qu'on offre sur la copieuse carte présentée.
On ne va pas au Soy pour son décor, simple, coquet, minimaliste, modeste. On y va avant tout pour la nourriture, chose normale, qui devrait être le cas de tous les restaurants. L'essentiel est sur les tables, mais encore là, aucune extravagance ni fanfreluche apparente. L'important n'est pas le contenu mais le contenant.
Le menu se décline tant le midi que le soir, sous forme de table d'hôte ou encore à la carte. En choisissant la table d'hôte, nous avions choisi, mon invité et moi, les fameux dim sums présentés avec un bol et une cuillère. Le dim sum au porc est enrobé dans une pâte cuite à la vapeur qui laisse échapper, lorsqu'on le consomme, un très goûteux bouillon. On en sert deux par personne, tout comme les dim sums, frits cette fois, au canard épicé.
Un bel équilibre de mise en bouche, montre le savoir-faire de Suzanne Liu et de son conjoint, Manny Cheng. Mme Liu a le mérite de convaincre tout le monde. Elle a réussi à me faire apprécier et même aimer — ce que je croyais impossible — le tofu! Il faut toutefois préciser qu'il s'agit de tofu soyeux, voire crémeux, enrobé d'une pâte croustillante et servi avec une petite mayonnaise japonaise.
Les pétoncles proposés sur le menu sont préparés à la façon tempura. Si la panure est légère et les pétoncles cuits parfaitement, on est encore loin du «vrai» tempura léger comme l'air que préparent les grands chefs nippons.
C'est un peu le même scénario pour le plat de crevettes dites croustillantes. Le croustillant vient davantage de l'ail frit qui enrobe la crevette que de la crevette elle-même. Les morceaux de céleri servis en accompagnement n'apportent rien de plus au plat. Un plat correct, mais qui ne représente pas ce à quoi Mme Liu nous a habitués sur le plan de l'originalité et du goût.
Le personnel de ce restaurant est multiculturel et fort dévoué à la cause des patrons. Ces gens savent nous faire apprécier les petites choses tout en étant professionnels. Côté cave à vins, rien à redire car, en général, les restaurants du même genre sont loin d'offrir un tel choix, tant pour les sakés que pour les vins en général. Ceux-ci sont proposés à bons prix sans jamais atteindre les sommets tibétains.
Preuve de l'intégration montréalaise de la famille Liu-Cheng, elle propose des desserts comme un sorbet framboise, une glace cappuccino, des galettes aux amandes, une crème brûlée... Un ensemble de desserts bien loin de la Chine profonde qui offre habituellement, à la différence de Soy, de grands thés noirs fermentés.
Soy demeure une expérience sensorielle et gustative intéressante. Assurez-vous toutefois que la patronne soit là lors de votre visite.
- Prix payé pour deux, le soir, avec une bouteille de Côtes du Rhône, avant service mais taxes comprises: 102 $.
- Plus: le cuisine asiatique revisitée façon Suzanne.
- Moins: un décor simple qui manque de chaleur.
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Restaurant Soy
5258, boulevard Saint-Laurent, Montréal, 514 499-9399
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