Le petit dernier
Photo : Jean-François Leblanc
Bois, cuir et même béton se conjuguent fort bien dans ce décor cosmopolite et branché qui attire au début la clientèle montréalaise.
Comme dans les familles, on a toujours un faible pour le dernier, surtout s'il est charmeur et sait vous séduire. Le Local est un des derniers restaurants installés dans le Vieux-Montréal. Il a le charme d'une ancienne demeure d'architecte redécorée à la manière des architectes, avec les plus et les moins que présente ce genre d'aménagement.
Parmi les plus, la hauteur du plafond, la luminosité qui provient du toit, un restaurant au goût du jour qui s'apparente aux restaurants urbains de toutes les villes du monde. Bois, cuir et même béton se conjuguent fort bien dans ce décor cosmopolite et branché qui attire au début la clientèle montréalaise. Les moins, quant à eux, concernent les tuyaux apparents du système de climatisation, dont on ne sait pas trop bien si c'était voulu.
La cuisine a elle aussi été voulue très visible. On assiste à tout. Les chefs qui consomment leur jus au citron, le stress du service ou la lenteur que l'on met à vous servir un repas à midi. La carte du midi, légèrement différente de celle du soir, propose divers choix en table d'hôte pour 19 $. Peu de choix, mais parfois, pour roder les troupes, cela vaut mieux.
Louis François Marcotte, chef médiatisé à la télé, officie plus en salle qu'en cuisine. Avec son associé et partenaire financier, ils sont allés chercher celle qui fit durant 25 ans les beaux jours de Chez Julien, Danielle Lord. S'ajoutent quelques anciens de l'hôtel Saint-James et l'équipe en salle est au complet. Dans la cuisine, Alexandre, ex-chef du Chalet, s'inspire d'une cuisine moderne à laquelle il ajoute parfois, comme pour les desserts, des touches discutables.
Avec mon invité, nous avons testé la salade de choux de Bruxelles, noisettes et fromage de brebis, et surtout un émincé de saucisson de Morteau qui ne ressemblait en rien à l'appellation d'origine. Une salade correcte, mais qui manquait vraiment d'assaisonnement. Mon invité avait quant à lui opté pour la mousse de volaille en terrine et les nems de foie gras de canard. La mousse très légère donnait l'impression d'être faite à la minute.
Avec sa garniture de pain brioché, elle se laissa savoureusement déguster. Élyse Lambert a elle aussi quitté le Saint-James pour officier dans le domaine qu'elle préfère: le vin. Elle sait d'office proposer des vins pour le midi à 6 $ le verre. Bravo! Elle peut aussi vous épater pour beaucoup plus cher si le coeur et la bourse vous en disent.
En deuxième plat, le braisé de joue de boeuf, très à la mode après le jarret d'agneau, a su nous séduire. Bien cuit, il était accompagné d'une fine purée de pommes de terre. La tartine de pain de campagne garnie mérite à elle seule un chapitre. En fait, il s'agit d'une version éclectique d'un club sandwich, version le Local: pain de campagne avec champignons, marmelade d'oignons, cheddar de quatre ans, oeuf dur, caramel de vin rouge épicé au foie gras, radis et roquette. Ouf! On étouffe. Voilà un sandwich un peu compliqué qui diffuse les goûts et ne permet pas de se prononcer comme tel sur la qualité du plat. Si on peut parler ici de plat...
Il en est un peu de même des desserts. Les mignardises de mon enfance sont un ramassis de guimauve ordinaire, de macaron et de pâtes de fruit trop sèches et trop sucrées, avec un soupçon de rhubarbe au sucre. On vous propose aussi de vive voix le dessert du jour.
Pas d'orgasme gastronomique cette fois, donc, mais un restaurant ayant beaucoup de monde tant en cuisine qu'en salle et qui cherche encore son identité. Belle carte de vins et bon café. Un service courtois et professionnel ainsi que du bon pain et des serviettes en tissu aident à faire passer la note, tout de même salée pour un repas de midi, malgré les 19 $ de la table d'hôte de départ.
- Prix payé à midi pour 2 entrées, 2 plats, 4 verres de vin de 3 onces, 2 desserts et un café, avec taxes et service: 110 $
- Plus: le charme d'un joli restaurant et d'une belle terrasse.
- Moins: Une cuisine compliquée et trop mélangée.
***
Restaurant le Local
700, rue Williams, Montréal, 514 397-7737
***
Collaborateur du Devoir
Parmi les plus, la hauteur du plafond, la luminosité qui provient du toit, un restaurant au goût du jour qui s'apparente aux restaurants urbains de toutes les villes du monde. Bois, cuir et même béton se conjuguent fort bien dans ce décor cosmopolite et branché qui attire au début la clientèle montréalaise. Les moins, quant à eux, concernent les tuyaux apparents du système de climatisation, dont on ne sait pas trop bien si c'était voulu.
La cuisine a elle aussi été voulue très visible. On assiste à tout. Les chefs qui consomment leur jus au citron, le stress du service ou la lenteur que l'on met à vous servir un repas à midi. La carte du midi, légèrement différente de celle du soir, propose divers choix en table d'hôte pour 19 $. Peu de choix, mais parfois, pour roder les troupes, cela vaut mieux.
Louis François Marcotte, chef médiatisé à la télé, officie plus en salle qu'en cuisine. Avec son associé et partenaire financier, ils sont allés chercher celle qui fit durant 25 ans les beaux jours de Chez Julien, Danielle Lord. S'ajoutent quelques anciens de l'hôtel Saint-James et l'équipe en salle est au complet. Dans la cuisine, Alexandre, ex-chef du Chalet, s'inspire d'une cuisine moderne à laquelle il ajoute parfois, comme pour les desserts, des touches discutables.
Avec mon invité, nous avons testé la salade de choux de Bruxelles, noisettes et fromage de brebis, et surtout un émincé de saucisson de Morteau qui ne ressemblait en rien à l'appellation d'origine. Une salade correcte, mais qui manquait vraiment d'assaisonnement. Mon invité avait quant à lui opté pour la mousse de volaille en terrine et les nems de foie gras de canard. La mousse très légère donnait l'impression d'être faite à la minute.
Avec sa garniture de pain brioché, elle se laissa savoureusement déguster. Élyse Lambert a elle aussi quitté le Saint-James pour officier dans le domaine qu'elle préfère: le vin. Elle sait d'office proposer des vins pour le midi à 6 $ le verre. Bravo! Elle peut aussi vous épater pour beaucoup plus cher si le coeur et la bourse vous en disent.
En deuxième plat, le braisé de joue de boeuf, très à la mode après le jarret d'agneau, a su nous séduire. Bien cuit, il était accompagné d'une fine purée de pommes de terre. La tartine de pain de campagne garnie mérite à elle seule un chapitre. En fait, il s'agit d'une version éclectique d'un club sandwich, version le Local: pain de campagne avec champignons, marmelade d'oignons, cheddar de quatre ans, oeuf dur, caramel de vin rouge épicé au foie gras, radis et roquette. Ouf! On étouffe. Voilà un sandwich un peu compliqué qui diffuse les goûts et ne permet pas de se prononcer comme tel sur la qualité du plat. Si on peut parler ici de plat...
Il en est un peu de même des desserts. Les mignardises de mon enfance sont un ramassis de guimauve ordinaire, de macaron et de pâtes de fruit trop sèches et trop sucrées, avec un soupçon de rhubarbe au sucre. On vous propose aussi de vive voix le dessert du jour.
Pas d'orgasme gastronomique cette fois, donc, mais un restaurant ayant beaucoup de monde tant en cuisine qu'en salle et qui cherche encore son identité. Belle carte de vins et bon café. Un service courtois et professionnel ainsi que du bon pain et des serviettes en tissu aident à faire passer la note, tout de même salée pour un repas de midi, malgré les 19 $ de la table d'hôte de départ.
- Prix payé à midi pour 2 entrées, 2 plats, 4 verres de vin de 3 onces, 2 desserts et un café, avec taxes et service: 110 $
- Plus: le charme d'un joli restaurant et d'une belle terrasse.
- Moins: Une cuisine compliquée et trop mélangée.
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Restaurant le Local
700, rue Williams, Montréal, 514 397-7737
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