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Miami, l'incontournable destination

Philippe Mollé   12 janvier 2008  Alimentation
Le restaurant Bed, à Miami. L’endroit pratique la façon de faire que Grecs et Romains avaient jadis pour habitude. L’expérience consiste à se déchausser pour s’installer sur un matelas mousse, le dos calé contre des coussins, dans un environn
Photo : Agence France-Presse
Le restaurant Bed, à Miami. L’endroit pratique la façon de faire que Grecs et Romains avaient jadis pour habitude. L’expérience consiste à se déchausser pour s’installer sur un matelas mousse, le dos calé contre des coussins, dans un environn
Il y a bien longtemps que ma blonde essaie tant bien que mal de me convaincre de visiter la Floride, et tout particulièrement Miami. J'ai alors en tête les feuilletons à sensations tournés vers l'impossible, l'immensément riche et la démesure, comme savent parfois les faire nos voisins américains.

À bord de l'avion qui nous amène vers Miami, il n'y a rien pour me rassurer à propos de cette démesure que j'appréhende à mesure qu'on s'en rapproche. Sur American Airlines, l'éthique professionnelle ne semble pas faire partie des standards auxquels les passagers sont en droit de s'attendre. Une hôtesse qui semble tout droit sortie d'une boîte à surprises, mâchant de la gomme et arborant une chevelure décolorée, nous informe qu'il faut payer toutes nos consommations. Mais nous n'avons pas l'intention de sortir de l'avion et devons donc prendre notre mal en patience pour les trois heures et demie qui nous séparent de l'atterrissage à 23 °C sous le soleil.

Une fois à destination, je découvre d'abord le quartier rétro du centre-ville, près d'Ocean Drive, bordé de magnifiques hôtels, eux-mêmes ponctués de collections de Ferrari, de BMW et de Porsche qui reluisent sans aucune trace de sel, de rouille ou de lave-glace séché sur le pare-brise.

Le Belano, hôtel appartenant à Madonna, fait partie des clichés (de très bon goût dans ce cas-ci) à découvrir dans le très chic quartier des hôtels. Dessiné par le non moins célèbre Philippe Starck, cet établissement met le blanc à l'avant-plan. De larges tentures mettent en valeur le haut hall d'entrée et la collection d'objets fétiches de Madonna. Le minimalisme dépouillé des chambres rend aussi hommage au blanc et permet de découvrir la richesse des matériaux utilisés. Acier, marbre, tissus, verre ciselé et travaillé appartiennent au décor et à la douce folie de cet hôtel.

Du côté du jardin, en bord de mer, le charme troublant de toute cette richesse nous accable. Une grande piscine toute en longueurs déploie sa beauté au crépuscule. De petites alcôves de tissu peuvent facilement nous faire oublier le temps. Une table en fer forgé et deux chaises posées sur l'eau attendent les amoureux d'un instant. Tout est disposé à l'image de la star et de l'irréel, ici bien réel.

Miami extravagant

Miami tient bien sa place de ville artistique et brodée d'originalité. Certes, le quartier Art déco est à voir et à arpenter. Miami offre aussi une vie nocturne à laquelle il faut oser prendre part vers 22h. Une autre vie se met alors en branle. Le flot des belles et puissantes voitures ouvre le bal, puis les terrasses en bord de mer, bercées par une douce brise, attirent les convives avec des présentations de nourriture et le descriptif oral des divers mets offerts. Le tout est proposé dans un spectacle de rue qui laisse deviner que le coeur de Miami bat autant de jour que de nuit.

Le fooding est avant tout un esprit de mode et une tendance qui ne se vit que dans une ville suffisamment grande et peuplée. C'est ainsi que nous avons découvert le Bed, un restaurant qui pratique cette façon de faire que Grecs et Romains avaient jadis pour habitude. L'expérience consiste à se déchausser pour s'installer sur un matelas mousse, le dos calé contre des coussins, dans un environnement lounge, coloré, tamisé et entouré de voilages pour déguster une cuisine de qualité.

Le premier défi consiste à s'installer sur le matelas dans un semi-confort sans renverser son verre. Après une légère hésitation devant le concept, j'ai apprécié l'originalité et l'idée d'oubli total que procure cet abandon pour le repas.

Peu de choix sur le menu, mais une sélection de qualité et à des prix équivalents à ceux pratiqués dans tout bon restaurant à Montréal. Les artifices de la table, l'argenterie et les verres très fins brillent par leur absence, mais les plats de chacun des convives sont apportés sur un plateau circulaire en osier. L'exercice demeure audacieux puisqu'il faut parvenir à ne rien renverser tout en conservant son équilibre.

Des calmars croustillants dans une légère sauce épicée et garnis d'épinards miniatures font leur apparition en plat d'entrée. Pour suivre, j'opte pour le bar, un produit d'une grande fraîcheur et parfaitement cuit, accompagné de lamelles de légumes cuisinées au beurre. Pour terminer, le restaurant pousse l'audace jusqu'au clin d'oeil en servant le tiramisu en gâteau reconstitué en forme de lit (bed). Si l'idée est bonne, le gâteau associé à la meringue est toutefois moins intéressant.

Enfin, pour une soirée originale dans un endroit qui peut se transformer en supper club après 23h, il faut prévoir entre 80 et 100 $US avec le vin et les 20 % de service qu'on nous impose d'emblée sur le menu.

Oui, je l'avoue, ma blonde avait raison d'insister pour me faire découvrir une autre vision de l'Amérique que celle qu'on côtoie dans les téléromans. Même si la Floride n'est toujours pas ma destination favorite, elle a su, avec son esprit de carton-pâte et son décor hollywoodien, conserver ce charme d'une autre époque qui, eh oui, revient au grand galop.

***

Philippe Mollé est conseiller en alimentation. On peut l'entendre tous les samedis matin à l'émission de Joël Le Bigot, Samedi et rien d'autre, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

***

Biblioscopie

Les Arômes du chocolat

Stéphan Lagorce

Éditions Hachette Pratique

159 pages, 2007

Il me fallait vous parler de cet ouvrage bien avant la Saint-Valentin. Il s'agit à mon avis du tout premier livre du genre à expliquer la dégustation du chocolat. Ce livre, présenté sous la forme allongée d'une grande tablette de chocolat, est merveilleusement bien illustré. On y découvre non seulement les arômes et l'art de la dégustation mais aussi 40 recettes, des trucs pour cuisiner le chocolat, des astuces pour le réchauffer et surtout un immense plaisir à découvrir un des plus beaux produits du monde.

***

La recette de la semaine

Tartare de saumon aux endives

Pour quatre personnes

- 200 g de saumon frais haché au couteau

- 1 oignon haché très fin

- 1 endive émincée finement

- 2 cornichons hachés

- 45 ml de jus de citron vert

- 1 oeuf dur haché

- 30 ml de moutarde forte

- 45 ml d'huile d'olive

- Tabasco au goût

- Sel et poivre au goût

Dans un saladier, mélangez l'oeuf dur avec la moutarde, puis ajoutez l'huile d'olive petit à petit, comme pour une mayonnaise. Ajoutez les cornichons et l'oignon haché, puis réservez. Dans un autre saladier, mélangez le saumon haché avec le jus de citron vert et assaisonnez de sel, de poivre et de tabasco. Laissez cuire par acidification pendant cinq minutes, puis mélangez avec la mayonnaise. À la toute fin, ajoutez l'endive. Formez quatre petits tartares et servez-les accompagnés de petits croûtons grillés.
 
 
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  • Sebastian Desbarats - Inscrit
    13 janvier 2008 10 h 39
    Dûr, dûr être critique de resto prétentieux.
    D'abord, voulez-vous bien nous épargner du nom 'convives' , que vous avez employé deux fois dans cet article et que vous utilisez dans chaque critique que vous soumettez. Autre chose: 'À quand un bon vrai resto italien à Montréal?' Et bien,il y a, entre autres: Ferrari (1407 Bishop) où je travaille à temps partiel depuis plus de deux ans et dont un des spécialités est le jarret d'agneau braisé au romarin et vin rouge. Mon patron, Elio (un vrai italien) a constaté que le plat de veau que vous avez cité (et mal nommé, par manque de rigeur habituel) n'est pas une spécialité des deux villes que vous avez mentionnés. Enfin, pour offrir une preuve éloquente du fait que vous parlez à travers votre chapeau: votre critique de la terrasse de l'Hôtel Saint-Sulpice (où j'ai traivaillé) en 2005, dans lequel vous avez offert un éloge aux fleurs sur les tables (qui, en passant, étaient plastiques, un aspect que vous auriez pu remarquer en les touchant) nous démontrent assez bien votre incompétence. À quand un bon vrai critique de restos au Devoir?
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  • Sebastian Desbarats - Inscrit
    14 janvier 2008 12 h 59
    Errata et atténuations
    Je voulais m'excuser pour avoir été un peu trop sévère dans mes propos précédents et pour les erreurs d'orthographe. J'aurais dû atténuer mes commentaires.
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