Système de santé américain - Des efforts pour procéder à une réforme contestée
Mots clés : Barack Obama, Réforme, santé, États-Unis (pays)

Photo: Agence Reuters
Avec les câlins, les mises en garde. Le président américain est engagé depuis quelques semaines dans un blitz auprès de l'opinion publique. Qu'il échoue à réformer le système, ce qui est possible, et à maîtriser la croissance des coûts et sa présidence en souffrirait considérablement. «Ne vous y trompez pas: les coûts de santé représentent une menace pour notre économie», prévenait-il, à la mi-juin, dans un discours majeur prononcé devant les médecins de l'Association médicale américaine (AMA), protecteur irréductible des intérêts du complexe «médico-industriel».
Tout le monde s'entend aux États-Unis pour dire que le système se porte mal, à commencer par le commun des Américains, et qu'il faut d'urgence trouver un remède. Mais lequel? Près de 50 millions d'Américains (un sur six) n'ont aucune couverture médicale et des millions d'autres se vident les poches à tenter de payer des polices grevées d'exceptions et de franchises de plus en plus onéreuses. Le terrain est presque entièrement occupé par l'entreprise privée, qu'on n'entend nulle part reconnaître ses responsabilités, alors que la fourniture des soins de santé accapare 17 cents de chaque dollar gagné aux États-Unis, soit presque le double de ce qui est dépensé dans les autres pays développés.
L'option publique
L'essentiel du plan Obama consisterait à créer, ô sacrilège, une «option publique» financée par le gouvernement fédéral afin de faire concurrence au privé. C'est à Goliath qu'il s'attaque. La secrétaire d'État Hillary Clinton, à l'époque première dame, s'y était cassé les dents en 1993.
«La chose la plus importante que nous puissions faire pour maîtriser les coûts est de modifier la logique d'un système qui fait une équivalence automatique entre soins coûteux et meilleurs soins», déclarait récemment le président. Manière fine de critiquer une industrie qui a sacrifié le souci du patient à celui du profit. Au-delà, M. Obama reste vague à souhait quant aux mécanismes fiscaux -- nécessairement très complexes -- sur lesquels s'appuierait sa réforme et quant à la nature du compromis qu'il lui faudra inévitablement faire avec le Congrès pour la voir adoptée.
Stratégiquement, il s'agit -- ou s'agissait -- pour lui de profiter des vents favorables de son élection à la présidence, et donc de la faiblesse républicaine, pour faire approuver une réforme au plus tard fin octobre afin que les démocrates puissent au plus vite en faire un outil de campagne en vue des législatives de mi-mandat qui se tiendront en novembre 2010.
Tenir tête aux puissants lobbies du privé, qui voient dans le projet de réforme une menace existentielle, est une chose, rameuter le Congrès en est une autre. Voici que les élus démocrates donnent tout à coup des signes de désunion, rapporte Politico, site d'analyse en ligne de la politique américaine, certains leaders du parti présidentiel s'interrogeant ouvertement sur la pertinence de se lancer dans une réforme d'envergure dans un contexte où le déficit fédéral enfle et où l'horizon économique demeure incertain.
Des pressions budgétaires
Le fait est que le big bang d'initiatives législatives majeures lancées par M. Obama depuis son arrivée, couplé aux milliers de milliards engloutis dans la remise sur pied du système financier, crée sur les finances fédérales des pressions budgétaires de plus en plus difficiles à tenir, dit encore Politico. Les impopulaires républicains, dont le fonds de commerce consiste encore et toujours à dénoncer l'interventionnisme de l'État dans l'économie, ne se gênent pas pour enfoncer le clou. Ils ont fait leurs choux gras, dernièrement, d'un rapport du Congrès indiquant que le plan Obama coûterait aux contribuables mille milliards de dollars américains sur dix ans, mais ne fournirait une couverture qu'au tiers des 50 millions de non-assurés. Le nouveau président et son projet de réforme en santé demeurent populaires auprès de l'électorat américain. N'empêche que de récents sondages, dont celui mené par NBC et The Wall Street Journal, indiquent que l'opinion publique donne des signes d'agacement à l'égard de la Maison-Blanche pour toute la place que prend le gouvernement dans l'espace social. La culture politique américaine est ainsi faite. Chassez le naturel, il revient au galop... M. Obama jongle avec le dilemme.
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700 milliards par an gaspillés= le statu quo - par Daniel Beaudry
Le samedi 04 juillet 2009 09:00


