À voir à la télévision le lundi 6 juillet - Après octobre, les «smattes»

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Jean-François Nadeau
Édition du samedi 04 et du dimanche 05 juillet 2009

Mots clés : Jean-Claude Labrecque, Cinéma, Québec (province)

Premier film de fiction réalisé par Jean-Claude Labrecque, Les Smattes, lancé en 1972, est tissé à même l'histoire bien réelle de la fermeture de Saint-Paulin-Dalibaire, un village de Gaspésie situé au coeur des Chic-Chocs. Dans cet arrière-pays, au milieu de maisons que «les smattes» du

gouvernement ont jugé bon de faire disparaître, Labrecque a campé deux personnages sans malice, incarnés par Donald et Daniel Pilon. Ce deux jeunes au caractère plutôt bohème résistent passivement à la dislocation de leur village, au nom de la liberté.

La principale force des deux protagonistes est sans conteste celle de l'inertie. Chômeurs, ils ont peu d'instruction. Leur capacité à structurer une action de résistance devant la dépossession de leurs terres semble à peu près nulle. «On n'a rien, dit Louise Laparé, l'amoureuse de Daniel Pilon. On est dépendants de tout le monde. On est même pas instruits.» C'est tout à fait par hasard, alors qu'ils s'amusent bêtement à tirer à la carabine sur des boîtes de conserve vides, que les deux jeunes hommes blessent un «agent de relocalisation» qui représente en douce l'arrogance du pouvoir.

De cet acte manqué résultera un bref épisode de cavale où les deux hommes, surpris par leur capacité d'échapper à l'emprise du pouvoir, se transforment en Robins des bois, volant aux riches pour donner aux pauvres. La police enclenche alors une riposte sans merci.

Il y a dans cette escalade de violence involontaire une sorte d'allégorie de la crise d'octobre 1970. «Vous allez voir qui mène dans la province depuis octobre!», dit même un agent de police.

En 2003, Jean-Claude Labrecque a revisité son film de 1972 dans un documentaire, Le Grand Dérangement de Saint-Paulin-Dalibaire, où il montre le désastre humain qu'a représenté la fermeture de villages en région.

Cinéma / Les Smattes - Télé-Québec, 21h


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