Rapport d'Environnement Canada sur la santé du Saint-Laurent - Le fleuve reste vulnérable
Mots clés : Saint-Laurent, Fleuve, Environnement, Pollution, Cours d'eau et lac, Québec (province)
Certains contaminants sont moins présents, mais de nouveaux produits toxiques font leur apparition

Photo: Le Devoir
bénéfiques mesurables. Mais des secteurs ne s'améliorent pas, et de nouvelles menaces et «pressions» apparaissent, faisant du Saint-Laurent un écosystème toujours «vulnérable».
C'est ce que révèle le dernier Portrait global de l'état de santé du Saint-Laurent (2008), publié conjointement hier par Québec et Ottawa.
Selon les deux gouvernements, «peu de changements sont observés chez les populations d'oiseaux, de même que dans les milieux humides et les sites de baignade. Toutefois, le Saint-Laurent demeure dans son ensemble relativement vulnérable», écrivent les deux signataires, Hélène Bouchard, pour Environnement Canada, et Linda Tapin, pour le ministère du Développement durable et des Parcs.
Ces dernières ajoutent que «l'érosion des rives, la turbidité des eaux, la contamination de l'eau par les substances toxiques dans certains tributaires à vocation agricole et l'intégrité biotique évaluée à partir des communautés de poissons d'eau douce s'avèrent préoccupantes. Les concentrations de substances émergentes, comme les polybromodiphényléthers (PBDE), sont tout autant préoccupantes, car elles augmentent dans toutes les sphères de l'écosystème».
Les PBDE regroupent une famille de 209 molécules, dont certaines servent à ignifuger les produits textiles et plastiques. Ces molécules aux propriétés voisines de celles des BPC sont très volatiles et on les retrouve désormais jusque dans l'Arctique. À ces composés toxiques et bioaccumulables s'ajoutent des concentrations croissantes de produits pharmaceutiques et d'hygiène personnelle ainsi que les antibiotiques. Quant aux BPC, dioxines et furannes au fort potentiel cancérigène, leurs concentrations dans les rivières Richelieu et Yamaska atteignent des sommets et leurs eaux «excèdent les critères de qualité pour la protection de la faune terrestre piscivore».
Globalement, on note la régression de plusieurs contaminants dans l'eau du fleuve. La pollution toxique y est relativement stable depuis 1995 et demeure faible par rapport aux «critères de qualité». Ainsi, on observe une diminution de 50 à 90 % des concentrations de BPC, métaux lourds, HAP et mercure dans les sédiments du lac Saint-Pierre. Mais l'amélioration est nulle dans plusieurs secteurs du lac Saint-Louis, notamment pour le mercure alors que les concentrations de PBDE y sont en hausse. Au lac Saint-Pierre, les concentrations de PBDE ont même doublé en dix ans, un pic inégalé ailleurs dans le fleuve.
La situation des espèces vivantes s'améliore sous certains aspects et se détériore pour d'autres. Ainsi, la réintroduction du bar rayé «semble bien engagée» et la population de bélugas demeure stable autour de 1100 individus, dont les graisses s'enrichissent désormais de PBDE. Si la situation des sites de coquillage s'améliore, le déclin d'autres espèces est très prononcé, comme pour le chevalier cuivré et l'anguille qui a perdu 99 % de son effectif.
Les modifications apportées au régime d'écoulement du fleuve par la régularisation des crues et le creusage du chenal maritime ont des impacts majeurs. Le chenal concentre le courant au centre et cause par conséquent une dégradation de la qualité de l'eau en rives, des rives de plus en plus artificialisées et érodées, de moins en moins propices à la faune aquatique.
«Ce grand cours d'eau, précise le rapport intergouvernemental, demeure vulnérable aussi bien à l'agriculture intensive et aux empiétements dans la plaine inondable qu'au dragage du chenal de navigation», que des armateurs voudraient encore creuser davantage.
Enfin s'ajoute la menace des changements climatiques, susceptible de provoquer une diminution du débit dans la tête et l'aval du corridor fluvial, la menace des espèces envahissantes de plus en plus nombreuses et celle des substances nouvelles dont font désormais partie les nanoparticules, dont la présence devrait faire l'objet d'un suivi, estiment les deux gouvernements.
Le Devoir
Vos réactions
Pas surprenant - par Michel Thibault
Le mercredi 08 juillet 2009 11:00
Les PBDE ne sont pas volatils - par Denis Bégin
Le mercredi 01 juillet 2009 14:00
Dépolluer le fleuve à ses sources - par Yvon Dionne
Le mardi 30 juin 2009 17:00
Comme dans plusieurs autres domaines, de nos jours, un changement de Paradigme devrait être envisagé... - par Maurice Monette (monmau@globetrotter.net)
Le mardi 30 juin 2009 16:00
Fini les produits pharmaceutiques ! - par Claude L'Heureux (claude.lh@videotron.ca)
Le mardi 30 juin 2009 15:00
Comment rassurer les consommateurs d'eau? - par
Le mardi 30 juin 2009 08:00
Quelle tristesse... - par Tim Yeatman
Le mardi 30 juin 2009 08:00


