Haïti - La contestation des étudiants prend de l'ampleur
Mots clés : Violence, Gouvernement, Étudiant, Manifestation et émeute, Haïti (pays)
Port-au-Prince -- Des étudiants haïtiens ont pris la tête d'un mouvement de contestation qui menace d'embraser la capitale haïtienne, où les manifestations anti-gouvernementales qui ont lieu chaque jour depuis près d'un mois se font de plus en plus violentes.
Fer de lance du mouvement de protestation, les étudiants, qui au départ contestaient des mesures concernant les universités, ont ajouté d'autres revendications à leur cahier de doléances, exigeant notamment une revalorisation du salaire minimum et le départ de la MINUSTAH (la mission de l'ONU en Haïti).
Les manifestants accusent les forces de l'ordre haïtiennes et onusiennes de faire un usage abusif des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants et de pénétrer dans les enceintes universitaires pour pourchasser les étudiants, des accusations rejetées par la MINUSTAH qui les a qualifiées «d'allégations fantaisistes».
Mercredi, un véhicule de l'ONU a été incendié à Port-au-Prince par des jeunes issus de quartiers pauvres de la capitale venus soutenir les étudiants.
Jeudi, un jeune a été tué lors des obsèques d'un prêtre proche de l'ex-président Jean Bertrand Aristide qui ont tourné à la manifestation anti-gouvernementale. De nombreuses vitres de véhicules ont été brisées par les manifestants qui avaient déposé le corps de la victime à l'entrée du palais présidentiel.
Salaire minimum
Mise en cause dans l'incident, la mission de stabilisation de l'ONU a «catégoriquement démenti», faisant valoir que «la victime serait décédée d'une blessure à la tête, causée par une pierre ou un objet contondant».
Se faisant porte-parole des ouvriers, les étudiants réclament la promulgation d'une loi votée le Parlement et élevant à 200 gourdes par jour, environ cinq dollars, le salaire minimum qui était de un dollar dans le secteur de la sous-traitance employant environ 25 000 personnes.
Un député haïtien, Steven Benoît, a appelé le président René Préval à «prendre ses responsabilités au risque de déboucher sur une crise politique grave dans les mois à venir».
Craignant de perdre des emplois dans un pays où près de 60 % de la population active est au chômage, le président Préval a demandé des modifications dans le texte parlementaire afin que le salaire minimum soit augmenté de manière graduelle, à 150 gourdes par jour (deux dollars) dans un premier temps.
Cette annonce n'a pas eu l'air de calmer les étudiants qui menacent de poursuivre leur mouvement et ont invité d'autres secteurs de la population à se joindre au mouvement de protestation.


