L'amicale de l'ADQ
Mots clés : Mario Dumont, Stephen Harper, ADQ, Gouvernement, Parti politique, Québec (province)
Sous le couvert d'un grand rassemblement conservateur, c'est une réunion de l'amicale de l'ADQ qui s'est déroulée en présence du premier ministre Stephen Harper mercredi soir dernier à Montréal. Mario Dumont y était davantage en pays de connaissance que les quelques vieux bleus égarés dans la salle et nettement plus sollicité que la brochette de ministres conscrits pour l'événement.
L'ADQ a beau être l'ombre de ce qu'elle a été, elle demeure en meilleure posture que le Parti conservateur fédéral, et c'est à même ses ruines que Stephen Harper et ses stratèges espèrent encore bâtir, in extremis, une infrastructure québécoise à temps pour les prochaines élections fédérales. Ce n'est plus une question de choix.
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Depuis trois ans, l'équipe Harper a fait le vide autour d'elle au Québec. En défaveur auprès de la clientèle nationaliste dans la foulée des charges antisouverainistes du premier ministre lors de la crise parlementaire de l'automne dernier, les conservateurs battent des records d'impopularité pour un parti au pouvoir dans les intentions de vote.
En rupture avec Brian Mulroney à la suite de l'affaire Schreiber, M. Harper ne peut plus compter sur les réseaux de son prédécesseur pour lui ouvrir des portes. En froid avec Jean Charest, il ne peut pas non plus espérer l'aide tacite du PLQ au prochain scrutin.
Maintenant que Stéphane Dion n'est plus dans le portrait, la machine rouge provinciale est mieux disposée à l'égard des cousins fédéraux. Les émissaires du PLC, en service commandé au conseil général des libéraux du Québec à Laval ce week-end, ont noté que l'accueil y était plus chaleureux que l'an dernier. Même Justin Trudeau s'est permis une saucette dans un environnement dont on ne peut pas dire qu'il soit son milieu naturel.
La courte époque où les candidats québécois se bousculaient au portillon conservateur est révolue. Les CV en provenance du Québec qui s'accumulent sur le bureau du premier ministre Harper ces temps-ci sont ceux d'aspirants au Sénat ou à l'une des multiples commissions dont le gouvernement fédéral a le secret plutôt que ceux d'aspirants candidats.
Comme tous ses prédécesseurs avant lui, Stephen Harper en est à se servir de la Chambre haute pour loger ses organisateurs québécois et de son pouvoir de faire des nominations pour cimenter leur loyauté. C'est dans ce contexte qu'il faut situer la nomination attendue de l'ancien député conservateur André Bachand comme ambassadeur du Canada à l'UNESCO -- un geste, dit-on à l'interne, pour motiver les troupes.
Dans les circonstances, la filière adéquiste -- à commencer par les nombreux députés défaits en décembre dernier -- constitue le seul terreau prometteur pour les conservateurs en vue du prochain scrutin fédéral. Mais c'est également un terreau qui s'est transformé en sables mouvants pour Stephen Harper au dernier scrutin.
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Pour trouver la source de la descente aux enfers conservatrice, il faut en effet remonter en amont de la période préélectorale de l'été dernier et des compressions à la culture qui ont lancé le bal anti-Harper au Québec pendant la dernière campagne.
Dans les faits, c'est au lendemain du scrutin québécois de 2007 que le train conservateur s'est engouffré sur la voie de garage qui l'a mené au mur actuel. Avant la quasi-victoire adéquiste, Stephen Harper et Jean Charest fonctionnaient en tandem et en synchronisation avec les forces vives de l'ancien parti progressiste-conservateur au Québec.
Après la montée en force de l'ADQ, les sympathisants de cette formation sont devenus les maîtres à penser québécois du Parti conservateur. Du jour au lendemain, les stratèges du premier ministre se sont convaincus qu'il était possible de gagner le Québec sans faire de concessions à son courant progressiste
En juin dernier, un des principaux organisateurs du premier ministre Harper affirmait ainsi avoir reçu la commande de s'assurer en priorité qu'il construisait sur du béton conservateur au Québec. Mercredi encore, le premier ministre insistait pour se féliciter de ce que les gens dans la salle soient ce qu'il a décrit comme de véritables conservateurs.
À la veille des dernières élections fédérales, le Parti conservateur s'était convaincu que le succès adéquiste était garant de son propre avenir au Québec. Cela lui a coûté sa meilleure chance de remporter une majorité gouvernementale. Aujourd'hui, il préfère voir la dégringolade de l'ADQ comme une occasion en or de s'approprier une organisation électorale à son image et à sa ressemblance plutôt que comme un dernier avertissement de ce qu'il fait fausse route au Québec.
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chebert@thestar.ca
Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.
Vos réactions
ah la politique.... - par marcel vinet (marcel.vinet@sympatico.ca)
Le samedi 30 mai 2009 20:00
les conservateurs - par denis legault
Le lundi 25 mai 2009 13:00
Madame Hébert, c'est toujours un plaisir de vous lire. - par Jacques Morissette
Le lundi 25 mai 2009 09:00
Qui représente le Québec à l'Unesco? - par Rodrigue Tremblay
Le lundi 25 mai 2009 07:00
Waterloo - par Yvon Roy
Le lundi 25 mai 2009 06:00
Le 'Mini-moi' de Harper... - par Eric Allard (eralar@hotmail.com)
Le lundi 25 mai 2009 04:00


