Un jour vient où...

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Jean-Robert Sansfaçon
Édition du vendredi 22 mai 2009

Mots clés : rédacteur en chef, Le Devoir, Information, Montréal, Québec (province)

Il y a dix ans, j'acceptais sans hésiter l'invitation très flatteuse lancée par le nouveau directeur du Devoir, Bernard Descôteaux, de lui succéder au poste de rédacteur en chef après six années de participation au sein de l'équipe éditoriale. Aujourd'hui, le temps est venu d'annoncer que je céderai ma place à plus jeune et plus fou derrière la vieille table en chêne du rédacteur en chef, au début du mois d'août.

En acceptant ce poste en 1999, je m'étais fixé plusieurs objectifs dont je n'oserais dresser la liste de peur d'être qualifié de rêveur. Cela dit, même si tous ces rêves n'ont pas été réalisés, je constate avec satisfaction que Le Devoir se porte fort bien.

Au fil des ans, l'équipe du Devoir s'est renouvelée et si l'entreprise est restée modeste, ses artisans ont su créer entre eux une atmosphère de fraternité qui fait de ce journal une boîte où il fait bon travailler au service de la liberté d'expression et du développement du Québec. Plus nombreux qu'il y a dix ou vingt ans, nos lecteurs sont là pour témoigner de la pertinence de ce journal à nul autre pareil dans un monde où la propriété des outils de communication vise trop souvent la seule protection des intérêts politiques et financiers des groupes de contrôle.

Au Devoir, la fonction de rédacteur en chef comprend le privilège d'exprimer son opinion sur les sujets d'actualité les plus chauds, mais elle exige d'abord et surtout de conduire les troupes au combat tous les jours avec la collaboration du personnel d'encadrement. En cédant ce poste exigeant de patron de la rédaction, j'entends désormais consacrer plus de temps à des projets personnels et à l'écriture, d'abord au Devoir à titre de collaborateur invité de la direction.

Quitter la permanence du Devoir n'est pas une chose facile, mais comme d'autres avant moi, j'ai acquis la conviction qu'il vient un temps où une telle décision doit être prise tout naturellement, dans l'intérêt de tous.

Dès la rentrée, mon successeur, homme ou femme, devra relever une foule de nouveaux défis importants pour assurer un passage harmonieux au journal de l'avenir dont on imagine encore à peine les contours.

En terminant, on me permettra de remercier très chaleureusement tous mes collègues journalistes, correcteurs, photographes, caricaturiste, les collaborateurs et le personnel permanent du Devoir, mes amis, cadres de la rédaction, notre directrice de l'information, Josée Boileau, le directeur des pages culturelles, Jean-François Nadeau, les chefs de pupitre Pierre Beaulieu et Louis Lapierre, le directeur artistique Christian Tiffet, la directrice des finances, Catherine Laberge, notre adjointe à la direction, Claudette Béliveau, et bien sûr, notre directeur, Bernard Descôteaux, à qui je dois ces années exaltantes au Devoir.

On ne dira jamais assez combien nous sommes redevables à cet homme, Bernard Descôteaux, pour le travail qu'il continue d'abattre discrètement, jour après jour, à la direction du seul quotidien indépendant. Sous sa direction, Le Devoir a su prendre avec prudence, mais résolument, tous les virages nécessaires pour répondre aux attentes de ses lecteurs. De la création de nouveaux cahiers (L'Agenda, Perspectives, Plaisirs) au changement de format du journal en passant par l'ajout de la couleur et l'impression d'une édition quotidienne à Québec, Le Devoir a aussi fait le saut dans l'univers numérique avec la création de son site Internet et plus récemment, du Devoir papier virtuel.

C'est dans ce nouvel environnement que mon successeur et son équipe seront appelés à évoluer et à faire évoluer Le Devoir au cours des prochaines années. Je leur souhaite beaucoup de succès et autant de satisfaction et de plaisir que j'ai pu en éprouver moi-même.


Vos réactions


Une grosse perte pour Le Devoir ! - par Sylvio LeBlanc
Le samedi 23 mai 2009 00:00

Tristesse et consolation - par Michel Fontaine (fonm@videotron.ca)
Le vendredi 22 mai 2009 23:00

Merci M. Sansfaçon - par Françoise Breault
Le vendredi 22 mai 2009 20:00

merci! - par yves archambault
Le vendredi 22 mai 2009 15:00

Merci ! - par Claude L'Heureux (claude.lh@videotron.ca)
Le vendredi 22 mai 2009 15:00

Fort bien ! - par william morris
Le vendredi 22 mai 2009 14:00

La page Sansfaçon... - par Yves Côté
Le vendredi 22 mai 2009 13:00

Merci! - par Benoît Larivière
Le vendredi 22 mai 2009 10:00

Quelle perte! - par Nicole Roy
Le vendredi 22 mai 2009 10:00

Jean Robert Sanfaçon, dix belles années ! - par Gilles Champagne (gchampagne@videotron.ca)
Le vendredi 22 mai 2009 06:00

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