Vos réactions

L'humour : aveu d'impuissance.

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Guy Archambault
Envoyé Le vendredi 09 janvier 2009 10:00



Je vous suis, Monsieur Rioux ! Vous avez mon vote !

Il m'arrive parfois d'écrire quelques commentaires à certains articles du journal Le Devoir en répondant à l'invitation " Réagissez à ce texte " . J'essaie de bien réfléchir et de bien écrire tout en étant dans l'instantané de la réponse à laquelle le médium utilisé oblige.

Lorsque je retourne sur Internet pour voir s'il y a eu d'autres réactions au même article je suis curieux de connaître leur teneur et leur forme. Comme ce matin, par exemple. Là, je vois que jusqu'ici (9h00), tout un chacun y a mis du sien pour répondre sainement à votre invitation.

Mais, plus souvent qu'autrement je suis déçu. Soit que le ton est rempli de hargne, d'insultes ou de mépris, soit que le contenu n'a rien à voir au propos de l'article, ou presque, et n'est prétexte que pour passer ses lubies ou pour réagir uniquement à certains propos des lecteurs qui ont fait part de leurs réactions auparavant.

Bien sûr, parfois il s'y trouve un texte qui apporte un autre point de vue intéressant. Mais depuis cette découverte de l'inanité presque totale des réactions des lecteurs je m'abstiens la plupart du temps d'émettre mes commentaires. Je préfère les envoyer en direct, par courriel, au journaliste ou au chroniqueur en cause.

Je suis content d'apprendre que vous les lisez.

Tout comme votre dernier paragraphe le laisse entendre par la manifestation d'une certaine généralisation facile sur les causes du décrochage scolaire suivi d'une humble pointe d'humour, je partage avec vous un sentiment d'impuissance pour changer quoi que ce soit à ce phénomène de masse. Tout un chacun, doté d'un ordinateur, voit mettre à sa disposition un haut-parleur public, lorsque l'impatience, la rage ou le simple besoin de s'exprimer et d'être entendu le démange; il peut alors crier ses frustrations à un auditoire qui semble tout disposé à lire ses colères, projections, frayeurs et hurlements.

Il faut beaucoup de patience pour trouver dans le lot de ces commentaires une réaction qui fait réfléchir ou apporte une opinion éclairante. Ou même un opinion qui nous amène à nuancer la nôtre. Parfois, cette patience est récompensée. Plus souvent qu'autrement, elle est déçue.

Guy Archambault

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