France: jour J pour la fin de la publicité qui va modifier les soirées de télévision
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Photo: Agence France-Presse
France Télévisions a annoncé des soirées commençant désormais à 20h35, soit un quart d'heure avant l'horaire actuel, et celui de sa principale concurrente privée TF1. Le journal télévisé de la principale chaîne publique généraliste, France 2, devant désormais démarrer à 19h58.
Le groupe public a souligné sa volonté de développer des programmes plus exigeants culturellement. France 2 proposait hier à 20h35 un magazine consacré à la découverte des Dogons du Mali avec le comédien Édouard Baer.
La presse s'est faite l'écho d'interrogations sur l'influence de ce «bouleversement» sur l'audience des chaînes publiques, dont les programmes de deuxième partie de soirée commenceront désormais avant la fin des films ou émissions de première partie des concurrentes privées TF1 ou M6.
«On s'est plaint pendant des années que les émissions d'information de deuxième partie de soirée démarraient très tard. Elles démarrent plus tôt, on ne peut pas se plaindre tout le temps», a commenté la directrice de l'information de France 2, Arlette Chabot.
Patrice Duhamel, directeur général de France Télévisions chargé des antennes et de la diversification des programmes, a annoncé que de nouvelles émissions du service public seraient «étalées sur le premier trimestre», dans un entretien au quotidien Le Parisien.
La suppression de la publicité a été mise en oeuvre par la direction de France Télévisions avant même que le projet de loi, annoncé par Nicolas Sarkozy il y a un an, n'ait pu être définitivement adopté par le Parlement, où il a rencontré l'hostilité farouche de l'opposition de gauche et des réticences jusqu'au sein de la majorité de droite.
Les opposants à la réforme craignent notamment pour l'indépendance rédactionnelle des rédactions, France Télévisions étant désormais tributaire selon eux du bon vouloir du gouvernement, qui en nommera désormais le président en lieu et place du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA, organe régulateur).
Ils ont vu dans le report de la publicité aux chaînes privées un «cadeau» financier fait aux groupes privés comme Bouygues, le propriétaire de TF1 dont M. Sarkozy est réputé proche, et s'inquiètent de la pérennité du financement de 450 millions d'euros annuels, garanti par l'État à France Télévision pour compenser sa perte de revenus.
Une grève des personnels de France 3 perturbait les journaux d'information de la chaîne hier, leurs collègues de France 2 ayant annoncé un mouvement similaire pour demain, jour de l'examen du projet de loi au Sénat.

