Vos réactions

Qu'en penserait Zarathoustra?

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Jean François Bissonnette
Envoyé Le lundi 05 janvier 2009 12:00



On le constate, mais faut-il s'en réjouir? Les enfants, ces « indigènes digitaux » ont un développement cognitif qui a peu à voir avec ce que leurs parents, même encore « jeunes », ont pu connaître. La rupture semble donc consommée avec l'ancien monde, et par le fait même les institutions, surtout scolaires, s'en trouvent bouleversées. Le principe de la transmission, de l'initiation, de l'entrée dans un monde institué, déjà-là avec son épaisseur historique et symbolique, semble bel et bien caduc. Nul doute que les enseignants aient à apprendre de leurs élèves, mais ce faisant, que reste-t-il de la raison d'être de l'enseignement? L'information n'est pourtant pas le savoir, et il faut bien un critère, une référence pour juger de ce qui vaut et de ce qui ne vaut pas. Il serait faux de penser que les « valeurs » s'apprennent toutes seules, et il faut bien avoir appris de quelqu'un avant que d'être capable de critiquer ce qui nous fut transmis, voire d'opérer la « transmutation des valeurs ». Ultime liquidation de toute forme d'« autorité », n'est-ce pas là la fin de ce que furent toutes les sociétés humaines jusqu'à la nôtre? Faut-il s'en réjouir? Peut-être, si l'on garde en tête la nécessité de vouloir un monde commun. Mais à voir ainsi s'extasier, sans le moindre sens critique, ce prophète de l'âge numérique, il me semble plutôt que le dernier homme n'est pas loin, à l'horizon du nihilisme contemporain.

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com