La guerre terrestre, pari risqué pour Israël
Mots clés : Ehoud Barak, guerre terrestre, Forces armées, Palestine (pays), Israël (pays)

Photo: Agence France-Presse
Les responsables politiques et militaires israéliens ont cette fois employé les grands moyens. «Le Hamas n'est pas le Hezbollah, et l'armée israélienne de janvier 2009 n'est pas l'armée de 2006. Elle est plus en pointe, plus déterminée et mieux entraînée. Les informations [dont dispose Israël] sont infiniment meilleures cette fois-ci. L'offensive a été préparée depuis longtemps», affirmaient hier Amos Harel et Avi Issacharoff, les spécialistes militaires du quotidien Haaretz. Reste que la densité de population dans la bande de Gaza, une des plus fortes du monde dans un territoire où plus de 1,5 million de Palestiniens s'entassent sur 360 kilomètres carrés, rend toute opération militaire extrêmement risquée et meurtrière tant pour les soldats que pour les civils. «De la Tchétchénie à l'Irak, il est évident que les opérations militaires dans les zones urbaines très peuplées sont extrêmement compliquées», reconnaît Shlomo Brom. «La plus grosse difficulté pour l'armée israélienne sera de distinguer entre les civils et les hommes du Hamas qui utilisent la population civile pour se protéger», ajoute-t-il.
Contrairement aux déclarations optimistes qui avaient marqué les premiers jours de l'offensive israélienne de 2006, les responsables israéliens ont multiplié cette fois-ci les mises en garde. «Cela ne sera ni facile ni court», a ainsi déclaré samedi le ministre de la Défense israélien Ehoud Barak, précisant que des pertes étaient à attendre parmi les troupes israéliennes. Le chef politique du Hamas, Khaled Meshal, réfugié à Damas, a prévenu qu'une opération terrestre israélienne à Gaza se solderait par «quelques Gilad Shalit» de plus. Quant aux chefs du mouvement islamiste dans le territoire palestinien, ils ont promis que «les enfants de Gaza feront collection des membres déchiquetés des soldats sionistes». Des menaces qui, si elles se réalisaient, pourraient profondément entamer le consensus d'une population israélienne jusqu'ici largement favorable à l'intervention militaire dans le territoire palestinien.
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