Au moins 35 pèlerins chiites sont tués par une kamikaze à Bagdad

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

AFP
Édition du lundi 05 janvier 2009

Mots clés : Chiites, Bagdad, kamikaze, Terrorisme, Décès, Irak (pays)

Arme à la main, un garde de sécurité surveille l'entrée du plus important mausolée chiite de Bagdad. Au moins 35 pèlerins chiites, dont 17 Iraniens, y ont été tués dans un attentat, hier. En raison des commémorations de l'Achoura, des millions de pèlerins sont attendus à Bagdad, mais surtout dans les villes saintes de Kerbala et Najaf.

Photo: Agence Reuters

Bagdad -- Au moins 35 pèlerins chiites, dont de nombreux Iraniens, ont été tués hier dans un attentat perpétré par une kamikaze devant l'entrée du plus important mausolée chiite de Bagdad, à l'approche des commémorations de l'Achoura, temps fort de l'islam chiite.

Cet attentat, le plus meurtrier depuis l'attaque suicide du 11 décembre qui avait fait 55 morts dans un restaurant près de Kirkouk, intervient avant l'Achoura, la commémoration du martyr en 680 de l'imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet et fils de l'imam Ali.

«Une femme a actionné sa ceinture d'explosifs près d'une des entrées du mausolée. Selon les premières indications, le bilan est de 35 morts et 65 blessés, la plupart des pèlerins iraniens, dont des femmes et des enfants», a indiqué à l'AFP le porte-parole des opérations de sécurité à Bagdad, le général Qassem Atta.

Dix-sept des 35 morts sont Iraniens, selon une source au ministère de l'Intérieur.

Les bilans varient entre 35 et 40 morts, selon des sources au sein des ministères irakiens de l'Intérieur et de la Défense.

De son côté, l'armée américaine citant un bilan des services du premier ministre avance le chiffre de 36 morts (20 Irakiens et 16 Iraniens).

L'explosion s'est produite vers 11h00 à l'entrée du mausolée du septième imam chiite, Moussa Kazem, dans le quartier Kazimiyah, dans le nord-ouest de Bagdad.

Selon des militaires irakiens sur place, la kamikaze a actionné son dispositif au niveau des portiques de sécurité placés à chaque entrée du mausolée.

Les attentats suicide sont un mode opératoire souvent utilisé par les insurgés sunnites ou par al-Qaïda.

À Téhéran, le porte-parole de la diplomatie iranienne Hassan Ghashghavi a «fermement condamné» un «acte inhumain» qui sert les «objectifs des ennemis de l'islam et des musulmans».

Une foule de pèlerins

Depuis le 29 décembre, les pèlerins chiites, essentiellement Irakiens et Iraniens, affluent sur les lieux saints chiites en Irak, notamment dans le quartier de Kazimiyah où sont enterrés les 7e et 9e imams chiites.

Des millions de pèlerins sont attendus à Bagdad, mais surtout dans les villes saintes de Kerbala et Najaf, au sud de la capitale, pour l'Achoura.

En 2006 et 2007, ces cérémonies avaient été la cible d'attentats menés par les insurgés sunnites. Le 5 janvier 2006, un attentat suicide avait fait 44 morts à Kerbala, haut lieu saint du chiisme. Le 6 mars 2007, 117 pèlerins chiites avaient été tués dans un attentat suicide au sud de Bagdad lors d'une importante cérémonie chiite.

Le quartier chiite de Kazimiyah est séparé du quartier sunnite d'Azamiyah par le «pont des imams». Azamiyah a longtemps été contrôlé par les insurgés sunnites et al-Qaïda, tandis que Kazimiyah était sous la coupe des miliciens extrémistes chiites de l'Armée du Mahdi. Au plus fort des violences en 2006 et 2007, les deux quartiers s'étaient affrontés.

Signe de la violence extrême qui a touché par exemple Azamiyah, le cimetière de la mosquée Abou Hanifa, ouvert seulement en 2006, compte déjà plus de 6000 tombes. 95 % des personnes qui y reposent sont décédées de mort violente.

Depuis 2007, le quartier était progressivement redevenu calme et les pèlerins avaient de nouveau afflué vers le mausolée.

Kazimiyah avait déjà été touché par un attentat le 27 décembre, lorsque 22 Irakiens avaient été tués et 54 blessés par l'explosion d'une voiture piégée.

Mi-décembre, le commandant de la Force multinationale en Irak, le général américain Raymond Odierno, s'était félicité que le mois de décembre connaisse le niveau de violence le plus bas depuis 2004, mais avait mis en garde contre la capacité d'al-Qaïda à perpétrer des «opérations à grande échelle».


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com
  Publicité - Un produit ou un service ?