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M. Pageau

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rodolphe bourgeoys
Envoyé Le samedi 20 décembre 2008 13:00



Ce que vous citez comme sources est important et révélateur de la pensée de certains dirigeants et des abus du malthusianisme. Mais c'est aussi révélateur de la très grande nécessité d'un discours comme celui de M. Barrette et de briser le tabou. Tous les auteurs que vous citez proposent la solution quatrième, que M. Barrette justement nous exhortent à éviter en applicant l'une des trois premières solutions. Notez que vos auteurs se répartissent en deux groupes: le premier, qui a écrit à une époque où la solution quatrième était la seule faisable et le second, qui cyniquement se rend compte de l'impossibilité à peu près totale d'amener l'humanité à comprendre le problème. Il y a Russell, qui parait suggérer que des solutions moins cruelles seraient possibles si on avait un gouvernement mondial autoritaire applicant la première solution, à la manière de la Chine.

Le problème est le suivant: l'éducation ne fonctionne pas, sauf si on adopte une vision Orwellienne de l'éducation. En général, les enfants héritent des idées de leurs parents, surtout dans les sociétés où ces idées sont la norme. L'enfant grandit et ces idées deviennent des vérités allant de soi à ses yeux. Dans un modèle laissant libre la question de la reproduction, on a un modèle...darwinien, en fait mais à l'échelle collective de la famille et de la nation, et non de l'individu. Ceux qui se reproduisent plus remplissent l'espace et transmettent leurs valeurs et coutumes à leurs enfants tandis que ceux qui se reproduisent moins finissent par, ultimement, disparaitre. C'est pourquoi les princes et les cultes ont toujours prêché la reproduction. Chacun veut étendre son domaine relatif sans se soucier du pâturage. Et la reproduction de ses propres sujets est évidemment plus facile que l'immigration et les conversions religieuses. Àprès une longue histoire humaine légitimant les pulsions animales par un discours moral douteux au profit d'intérêts très séculiers, on a finit par croire qui quiconque souhaite limiter la natalité est un monstre. Et ce, même s'il le propose pour améliorer la qualité de vie des générations futures. C'est un peu comme cette époque où aucun politicien n'osait couper 1$ dans une dépense sociale ou dans les salaires des fonctionnaire: on s'est retrouvé avec une dette publique qui en 1995, était à peu près équivalente au PIB et un déficit fédéral de 45 milliards de dollards de 1995 (entre 60 et 65 milliards en dollars de 2008). Quand il a fallut rajuster le tir, "ça a fait mal", qu'on "on dirait" en langue populaire. Mais ça va beaucoup mieux maintenant. Avec le contrôle de la population, je pense que c'est la même chose. Voulez-vous que vos enfants aussi puissent avoir des enfants, et eux, des petits-enfants ? Ou voulez-vous plutôt épuiser les ressources maintenant et que la Terre déclare "faillite" ?

Ajoutons que c'est un peu difficile à saisir au Québec, vu que le problème de la surpopulation ne vient certainement pas de nous.

Et pour ceux qui sont religieux: la Bible parle de "remplissez la Terre et dominez la". Elle ne parlent pas de la détruire. Et lorsqu'un verre est plein, on ne peut pas le "remplir" davantage.

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