Vos réactions
Penser autrement
Après tout, n'y a t'il pas des millions d'emplois en jeu? J'ai alors vu défiler dans ma tête ces Humvies, enfin vous savez ces grosses boites de métal, hautes sur pattes, aux fenêtres noircies, qui se stationnent de manière ostentatoire sur la rue Elgin, la «strip» des bars chics de la Capitale canadienne. Je pensais aussi aux sigles V8 et V6 que l'on voit briller fastueusement sur plusieurs boites métalliques semblables, à traction toutes roues, quadra, ou multi machin trucs. Avez-vous déjà vu GM, Ford ou Chrysler marquer les fesses de ses véhicules, toutes catégories confondues, d'un V4? Je pensais aussi qu'il y quelques années, j'ai dû vendre ma voiture, quitter mon emploi pour des raisons de santé, découper mes cartes de crédit et réduire mon régime de vie pour ne pas déclarer faillite. Un conseiller financier m'a démontré que j'avais assez de revenus pour respecter mes obligations envers mes créanciers.
Ainsi, mettant en parallèle votre icône de l'Île de Pâques illustrant le paradigme dans lequel nous nous sommes nous-mêmes installés, les véhicules outrecuidamment dévoreurs d'énergie de mon Golden Triangle, et ma condition de consommateur et contribuable qui a appris à faire avec moins, j'ai réalisé que les milliards aux trois grands de l'auto n'avaient aucune espèce de bon sens. Ce serait accorder une prime au «rapinage» des ressources, aux dépens de l'ensemble des contribuables qui comme moi ont appris à faire avec moins. J'en suis arrivé à la conclusion que les grands de ce monde devaient tout simplement faire comme les petits, faire avec moins.
En un deuxième temps, il y toujours un deuxième temps, je me suis dit que si mes gouvernements ontarien et canadien devaient subventionner l'industrie automobile, sacripant, voilà l'occasion de corriger le tir en exigeant d'elle des mesures éco-énergétiques, telles que le développement de voitures hybrides ou de voitures qui ont une plus longue durée de vie. Pourquoi pas, tiens, une voiture conçue dès la planche à dessin pour pouvoir en changer facilement les pièces plus promptes à l'usure comme on le fait pour une ampoule qu'on retire de son socle. Pourquoi le cadre métallique d'une voiture ne pourrait-il pas donner vie à deux ou trois moteurs sur une période de vingt ans? Bref, Mélanie, votre texte m'a conduit à la conclusion que devant le précipice au-dessus duquel nous nous sommes nous-mêmes juchés, nous n'avons plus le choix. Nous devons penser autrement. Merci pour votre contribution à ce faire.
Pascal Barrette
Ottawa
