Vos réactions

Une coalition tri-partite, des Conférences-conventions constitutionnelles, une Loi britannique (AANB) et 141 ans plus tard....

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Alexandre Dionne
Envoyé Le lundi 08 décembre 2008 14:00



Le « Dominion of Canada », l'Union fédérale des peuples et des provinces de l'Amérique septentrionale britannique non pratiquement-souveraine et non presque-indépendante du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande avant 1949, date où le Comité judiciaire du Conseil privé du Parlement de Westminster (Londres) constitue encore sur appel les amendements constitutionnels du Canada, est né dans le cadre d'une crise politique, à la fois institutionnelle et constitutionnelle. Cette crise, au fond, reportait et traduisait le refus de 1822-1837 des anciens Bas-canadiens qui se définissaient comme les « Canadiens » et qui avaient majoritairement opté pour la position intransgressible du Parti canadien devenu le Parti patriote de préférer l'autonomie législative et gouvernementale dans le cadre de province britannique séparée des autres, sous les mots d'ordre des premiers Papineau et Parent, à l'Union des colonies continuellement proposée dès le début du XIXe siècle par les dirigeants parmi les « Anglais » du Bas-Canada et les Haut-canadiens (Canada-ouest, Ontario), ceci dans le but de neutraliser les projets du Parti canadien bas-canadien. Or, l'annexion de 1841, « seconde Conquête » (au sens probablement plus propre que la première), après la spécificité des Rébellions et leurs répressions au Bas-Canada, allait instaurer un nouvel ordre de problématiques d'aménagement, un euphémisme considérant les multiples crises de système que connaîtront durant 26 ans le Canada-Uni, puis, durant 141 ans, l'Union fédérale, qui s'est aux sens politique et constitutionnel défédéralisée depuis les 59 dernières années au moins (Eugénie Brouillet, 2006).

Nous voici replongés en pleine crise pan-canadienne à propos du Canada fédéral et sous le motif de surface mais supposément critique d'une immunisation contre le contexte de crise économique international. Avec une coalition de trois contre un, qui fait ramener par le quatrième à l'avant plan ce fond de pensée anti-québécois attisé et instrumentalisé par un démagogue autoritaire, fond de pensée qui n'en est pas moins permanent et voué à la neutralisation existentielle des Québécois-es (du moins, ceux qui, tels les « Canadiens » parmi les Bas-canadiens du temps, se définissent maintenant comme Québécois-es d'abord et surtout, au sens sociologico-politique, socio-culturel et civico-constitutionnel du mot).

La polysémie dans la motion des Communes ottawaises sous ses acceptions PCC-PLC-NPD sur la reconnaissance non rétributive et non constitutionnelle de la nation (sociologique) québécoise se dévoile, comme si besoin était de revoir ce théâtre cent fois rejoué, derrière l'éclatement spectuculaire de la considération du ROC pour les Bloquistes du Québec. Nous ne comprenions pas clairement ce que signifiait être reconnus comme formant une nation selon ce ROC, ici du Québec !

Qui plus est, force est de se questionner sur le sens de la considération du « LOVE IN » en 1995 : était-il destiné à ceux qui allaient voter NON à 50,6%, ou aux autres, le OUI du 49,4% ? Après le verdict de ce second référendum souverainiste, les représentants fédéraux du ROC ont quoi qu'il en soit de la considération remercié le OUI et le NON réunis par le durcissement que furent les Commandites impulsées par le Parti Libéral et le gouvernement du Canada, le Conseil de l'Unité canadienne et des entrepreneurs verreux... On a vu défiler l'Union sociale canadienne, le Renvoi à la Cour suprême sur le droit des peuples à l'autodétermination (initiative de Dion), la Loi C-20 (Dion-Chrétien), loi clairement anti-fédérative/anti-fédéraliste en vertu du jugement de la Cour Suprême fédérale de 1998 ! Pendant ce temps aussi, le fédéral coupait les sommes dans les juridictions qu'il avait outrageusement envahi depuis William Lyon MacKenzie King et Louis Saint-Laurent. Lucien Bouchard, coincé, avait fait le choix, avec Pauline Marois certes, de couper dans les services du social-étatisme québécois plutôt que de voir une décôte assez tragique du Québec à New York.

Je pourrais continuer longuement ainsi.

L'« apocalypse » (la révélation) de cette communauté/nation/société, de cette collectivité/juridiction étatico-populo-territoriale du Canada fédéral atteindra son comble à propos de la chute québécoise des grands partis fédéraux et anti-fédératifs (plutôt qu'hyper-fédéralistes) du théâtre de cette neutralisation anonyme de la québécité au Canada d'Ottawa, voire de la chute ontarienne du plus lyrique d'entre eux, le PLC des King-SaintLaurent-Trudeau-Chrétien-Martin-Dion-Rae-Ignatieff (j'oublie Laurier et Pearson dans cette liste anti-québécoise !).

Retour du boomerang ?

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com