Quatre prédictions !
Mots clés : PLC, Chambre des communes, Stéphane Dion, Parti politique, Canada (Pays)
Stéphane Dion a mené les libéraux à la Chambre des communes pour la dernière fois la semaine dernière. À la rentrée parlementaire du 26 janvier, un autre chef sera à la tête de l'opposition officielle.
Aujourd'hui, encore plus qu'hier, M. Dion tire son parti vers le bas. À l'interne, il ne dispose plus de suffisamment d'autorité morale pour piloter le PLC à travers les écueils des sept prochaines semaines. Aucun libéral ne veut se retrouver accidentellement en campagne électorale sous sa direction.
Comment? Sachant qu'aucun des trois candidats au leadership ne pouvait être celui qui donnerait le coup de grâce au chef sortant, l'ancien vice-premier ministre John Manley s'est porté volontaire. Dans une lettre ouverte au Globe and Mail samedi, il a réclamé le départ immédiat de Stéphane Dion. S'il ne part pas de lui-même d'ici à la rencontre du caucus libéral mercredi, ses députés pourraient être disposés à lui montrer la porte. On verra!
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Le Parti libéral va prendre ses distances à l'égard du pacte de coalition bien avant que la Chambre ne reprenne ses travaux le 26 janvier.
Pourquoi? Le caucus et, éventuellement, le parti lui-même sont menacés d'implosion si les libéraux gardent le cap. Même si le projet peut encore compter sur de sérieux appuis au sein de la députation libérale, l'élan est du côté des dissidents.
Si le PLC s'entête dans la voie actuelle, des députés libéraux manqueront presque certainement à l'appel au moment d'un éventuel vote de confiance aux Communes en nombre suffisant pour assurer la survie du gouvernement.
Le principal motif de la lettre ouverte de John Manley consistait d'ailleurs à décourager son parti de continuer sur la voie de la coalition. Les premiers sondages, qui donnent vingt points d'avance au Parti conservateur sur le PLC dans la foulée de la crise parlementaire de la semaine dernière, vont dans le même sens. À tout prendre, une majorité de Canadiens opteraient plutôt pour un nouveau scrutin.
Dans plusieurs milieux, à commencer par Bay Street, le rôle central du NPD dans la coalition pose davantage problème que l'appui ponctuel de la députation souverainiste au projet.
Au Québec, seul le Bloc québécois a tiré profit des événements dans les intentions de vote. À titre de principale solution de rechange gouvernementale aux conservateurs, le PLC a-t-il vraiment intérêt à faire mousser l'importance du Bloc et du NPD à ses propres dépens électoraux ? Et veut-il vraiment passer la prochaine campagne fédérale à défendre la coalition plutôt qu'à mettre en pièces Stephen Harper? Poser ces deux questions, c'est y répondre.
Comment? Le premier ministre va passer les prochaines semaines à préparer un budget aguichant. Sa mise au point économique avait fait la quasi-unanimité des experts contre lui. Il a besoin de restaurer la réputation de compétence de son gouvernement.
La rencontre des premiers ministres à la mi-janvier devrait lui permettre de dégager le terrain de consensus fédéral-provincial sur l'économie. On peut penser qu'il fera également des emprunts importants au programme de la coalition au moment de la rédaction du budget.
Pour éviter de voter contre leurs propres prescriptions ou encore contre un consensus des provinces, les libéraux auraient intérêt à revenir à l'idée d'évaluer le prochain budget au mérite plutôt que de passer les prochaines semaines à foncer dans le mur de l'opinion publique dans l'espoir d'y pratiquer quelques brèches pour une coalition politiquement rentable pour leurs partenaires.
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Le Canada retournera aux urnes pendant la première moitié de 2009.
Pourquoi? Même si les libéraux -- par abstention ou par volontariat -- finissent par permettre au gouvernement Harper de survivre au prochain budget, le 40e Parlement n'est pas promis à une vie longue ou heureuse.
La première conséquence de la crise de confiance des dernières semaines est que le NPD et le Bloc québécois n'appuieront pas de sitôt les conservateurs sur une question de confiance.
Cela signifie que seul le PLC serait susceptible de faire durer le Parlement actuel, et ce, seulement en s'écrasant à chaque occasion comme Stéphane Dion avait été obligé de le faire pendant des mois l'an dernier. Répéter cette expérience humiliante équivaudrait à hypothéquer lourdement le leadership du prochain chef.
Comment? Les conservateurs ne vont pas attendre que le nouveau chef libéral ait posé tous ses pions avant de lui tendre un piège aux Communes. Si le budget fédéral passe bien dans l'opinion publique, Stephen Harper ne tardera pas à mettre en place les conditions gagnantes de la chute de son gouvernement. La fenêtre qui permettrait de changer de gouvernement sans passer par de nouvelles élections se ferme rapidement.
Dernière prédiction : la presse parlementaire a davantage de chances de visiter Vancouver en mai dans le cadre d'un scrutin général que pour un congrès au leadership libéral. La succession du PLC va être comprimée dans le temps. Si cela se produit d'ici la mi-janvier, comme le demandent désormais les deux principaux aspirants à la succession, on voit mal comment Michael Ignatieff pourrait ne pas succéder à Stéphane Dion. Mais la vie, comme chacun sait, réserve toujours son lot de surprises et ma boule de cristal, déjà mise à rude épreuve en 2008, n'échappe pas à la règle. On en reparlera.
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chebert@thestar.ca
Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.
Vos réactions
Harper au pouvoir au moins jusqu'en 2010. - par Georges Paquet (georgespaquet@sympatico.ca)
Le lundi 08 décembre 2008 15:00
Une coalition tri-partite, des Conférences-conventions constitutionnelles, une Loi britannique (AANB) et 141 ans plus tard.... - par Alexandre Dionne
Le lundi 08 décembre 2008 14:00
Une chose est sûre, - par Lucien Maheu
Le lundi 08 décembre 2008 12:00
Vite,un système politique logique!... - par Jean-Marie Malenfant
Le lundi 08 décembre 2008 11:00
D'accord et plus! - par Pierre Rousseau
Le lundi 08 décembre 2008 11:00
Le bi-partisme a fait son temps - par Raymond Saint-Arnaud
Le lundi 08 décembre 2008 10:00
Analyse juste - par Robert Descheneaux
Le lundi 08 décembre 2008 10:00
Bémol - par François Gerin
Le lundi 08 décembre 2008 09:00
Choses plutôt sûres... - par Michel Lebel
Le lundi 08 décembre 2008 09:00
Le système électoral remis en question - par Pierre Véronneau (pierre.veronneau@videotron.ca)
Le lundi 08 décembre 2008 09:00
Madame Hébert, vos propos sont fort pertinents et très intéressants. - par Jacques Morissette
Le lundi 08 décembre 2008 08:00
''Vingt points d'avance au Parti conservateur sur le PLC'' - par Jean-Yves Arès
Le lundi 08 décembre 2008 08:00
Pesez sur le piton - par Pascal Barrette
Le lundi 08 décembre 2008 08:00
Le parti libéral le maillon faible - par Donald Bordeleau
Le lundi 08 décembre 2008 07:00
Quatres prédictions - par René Arbour (arbtexas@arbour-family.info)
Le lundi 08 décembre 2008 06:00
Une cinquième prédiction. - par Georges Paquet (georgespaquet@sympatico.ca)
Le lundi 08 décembre 2008 06:00
plc - par Richard Brin (brinrt@sympatico.ca)
Le lundi 08 décembre 2008 05:00
en reprise - par Yvon Roy
Le lundi 08 décembre 2008 00:00

