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Au delà du cynisme;Québec Solidaire
Le Premier ministre affirme sans rire, qu'il a un plan ? L'a-t-on vu ? Existe-t-il ? Ou encore, est-il comme celui de Stephan Harper ? Un bâillon sur les institutions démocratiques, une chape de plomb sur la marmite de la société civile ? Est-ce pour cela qu'il désire une majorité ? Sinon le reste demeure comme sa saine gestion de l'économie; de la poudre aux yeux. Le premier ministre du Québec sait pertinemment que seul un fort taux d'abstention peut augmenter sa majorité et le reconduire au pouvoir. D'autre part, que l'ADQ est en perte de vitesse et que les coffres du PQ sont obstinément vides. Mais derrière ce paravent de fumée, il n'en demeure que le Québec s'interroge. Les signaux, si ce n'est déjà fait, annoncent une crise économique sans précédent et dans le paysage lointain, une crise politique pan canadienne qui s'amorce.
Il faut sortir du jour de la marmotte, remettre en branle la société civile, réformer nos institutions politiques, et surtout redonner la parole aux citoyens/ennes. Québec Solidaire avec peu de moyens est actuellement en train d'en paver la voie. L' appui de la communauté artistique, n'est pas le fruit du hasard, loin de là, mais un indice du ras le bol citoyen. Depuis nombres d'années, les commentateurs politiques et analystes s'entendent sur le fait que le mode de scrutin est dépassé, en fait qu'il ne favorise que les partis politiques en place, et qu'il ne permet pas la reconnaissance démocratique des voix exprimées par de tiers partis. Cette question ne date pas d'hier, au lendemain des élections de 1972, au sein même du PQ, la question était à l'ordre du jour. Par la suite, et par ceux là même qui s'en réclamaient, la réforme du mode de scrutin était mise sur les tablettes suite à une Commission parlementaire. Bref, sur cette question fondamentale, le PQ qui se drapait du manteau démocratique y a renoncé pour des motifs purement électoralistes. Les élections générales du 8 décembre prochain si la tendance se maintient (pourquoi ne se maintiendrait-elle pas ?) confirmeront sans éclat l'abstentionnisme citoyenne à l'endroit d'un mode de scrutin de l'époque de Duplessis. La cacophonie médiatique va connaître de beaux jours et le cynisme citoyen en prendra pour son rhume. Nous sommes dans de beaux draps. Quatre ans de plus avec les libéraux, quatre année d'immobilisme, belote et re belote, quatre ans de demi-vérités, d'entourloupettes, et de quelques commissions parlementaires plus tard, serons nous mieux loger ?
Pourtant, au cours de cette dernière campagne électorale de nouvelles voix se sont élevées, des figures plus ou moins connues du grand public ont émergé. Même, qui plus est, à force de se faire valoir et voir, ces figures ont été entendues par certains médias, dont notamment Radio-Canada et le Journal Métro. Les porte-parole de Québec Solidaire ont tant fait qu'il aurait été indécent de ne pas les entendre.
La parole à donc été donné à Mme Françoise David, qui n'à pas sa langue dans sa poche et qui propose de faire de la politique autrement. J'entends, ici et là, rire quelques cyniques mais le temps fait son oeuvre et les appuis s'accumulent, non pas tant en raison de la personnalité de ses chefs, mais en raison de la qualité du programme de son parti qui au fil des années répond aux nombreux défis que le Québec devra faire face d'ici peu.
L'idée est commune et largement partagée, en période de crise, les grands travaux s'imposent. Mais encore là, tout est affaire de jugement, on n'a qu'à prendre le projet du CHUM pour se rendre compte que rien n'est joué, et malgré les millions investis en analyse, sa réfection risque aussi de dormir sur les tablettes. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.
Tiens, prenons le projet de Jean Charest sur les grands travaux hydrauliques, du vent mes amis, du vent, les premières nations n'ont même pas été consultées. Il en a glissé un mot, deux peut-être et puis silence. Pourtant cette question est d'une importance capitale, non seulement l'est-elle sur le plan environnemental mais elle l'est davantage si l'on aborde la question de l'écologie dans son ensemble. Les premières nations méritent d'être non seulement consultées, mais entendues. Québec Solidaire sur cet aspect est en contact avec elles. Sur le plan écologique, Québec Solidaire est partisan du développement durable, moins de béton, plus de réflexions. Plus d'éoliennes, des projets citoyens/ennes, bref repenser l'économie, non pas en faveur des multinationales, mais des communautés d'intérêts qui visent au bien commun. Mais avant de ce faire, reformuler nos rapports citoyens à la vie politique. Lors de l'entrevue avec Bernard Derome à la SRC jeudi le 4 décembre, Françoise David à non seulement parler de souveraineté, mais à mise de l'avant l'appel à la création d'une Assemblée Constituante. L'idée n'a pas été saisie au vol par Derome, pourtant elle valait la peine qu'on s'y arrête.
En peu de mots, une Constituante est une assemblée de constituants/tes élus par le peuple et réunis afin de débattre du contenu d'une constitution, qui est la Loi des lois. Le Québec est une nation, merci Harper, et pour ce faire, les constituants élaboreront l'architecture de base du fonctionnement de l'État. Non seulement s'agit-il de fixer les limites des pouvoirs que le peuple délègue aux gouvernants et gouvernantes, mais également des contours des différentes juridictions propres à chaque sphère d'exercice du pouvoir. Une constitution énonce également les grandes valeurs aux sources de la vie commune. Un projet de constitution, soumis au peuple après un exercice en profondeur de démocratie participative, reste la meilleure réponse à la loi sur la clarté et au renvoi de la Cour suprême du Canada qui esquive l'essentiel : la reconnaissance du Québec comme nation. Voilà en peu de mots l'essentiel de ce que Mme David aurait pu rajouter concernant la pertinence de Québec Solidaire. A défaut d'être entendue, l'idée fait son chemin au sein de citoyens/ennes qui rejettent le cynisme comme programme politique et estiment qu'il est l'heure d'agir sans plus tergiverser.
