Vos réactions
Réfutation des « idées » de M. Nestor TURCOTTE
je vous ai répondu longuement et je n'ai pas obtenu la moindre réponse sous le texte de M. David « Le charme italien », édition d'hier mercredi 03 déc.. Je ne reproduirai pas le texte mais reformulerai ma réponse à vos explications et prescriptions, non pour vous, mais pour le bénéfice de la discussion à plusieurs !
Même si la révélation de M. Normand Carrier à votre sujet explique des choses, elle ne les explique qu'en surface. Laissons vos intentions profondes et les procès d'intention et de personnalité que vous dénoncez. Tenons-nous en aux résultats pragmatiques (ok, purs !) de votre argumentation.
Vous défendez, comme résumait à raison M. Gilles Bousquet, l'indépendantisme intégral (sans l'étapisme associationniste du partenariat économique ou/et politique) et qui a maintenant pignon virtuel (très virtuel) sur la scène parlementaire québécoise sous la bannière du Parti indépendantiste. C'est légitime et vous êtes certainement cohérent à ce niveau.
Néanmoins, ce serait une erreur selon Aristote, j'en suis convaincu, de vous concéder que votre lecture anti-pragmatiste des événements et de l'histoire entière du PQ est juste et la seule utile pour l'indépendantisme. Car elle est bien incomplète et inexacte, du moins de ce que j'ai pu lire venant de vous. Mais tenons-nous en à votre lecture actuelle.
- vous croyez que le soutien du Bloc Québécois à l'alliance / la coalition PLC-NPD compromettait (j'en parlerai au passé, ça reste à voir) le volet souverainiste, ultime objectif spectral du BQ, en faisant fonctionner cette Fédération, le fédéralisme, l'Union fédérale, bref le Canada. Laissons de côté l'opinion hautement convainquante d'une experte-constitutionnaliste telle qu'Eugénie Brouillet (élève d'Henri Brun) qui, dans son essai « La négation de la nation. L'identité culturelle québécoise et le fédéralisme canadien » (2005), disqualifie précisément le fédéralisme pratique et spirituel des partis dans la Fédération canadienne depuis la fin des années 40. Gilles Duceppe et le Bloc Québécois pratiquent-ils une défense du principe du fédéralisme d'une part, avec la « meilleure défense des intérêts du Québec » dans le cadre de l'existence de la Province nationale du Québec dans la Fédération et, d'autre part, se compromettaient-ils en consacrant leur soutien au moindre mal / au meilleur intérêt que représentait cette coalition bipartisane ? Votre réponse voulant que le Bloc Québécois ne chercherait ainsi que du POUVOIR (pour quoi faire selon vous ?!) est assez courte et ne prouve nullement l'induction, l'assertion, la prémisse que vous soutenez silencieusement : le Bloc Québécois navigue de manière nécessairement pragmatique en fonction de son volet minimaliste (meilleure défense des intérêts du Québec), certes, mais cela n'en fait pas un abandon, une perfidie à la Cause ! Ce qui aurait pu fonctionner un temps du moins, c'est une coalition de partis dans le cadre du régime fédéral, mais l'Union fédérale (défédéralisée dans sa politique) en temps que telle, on le voit depuis tant d'échecs, Rapatriement-amendement de 1982, Meech-Charlottetown, sans parler de l'intransigeance du « Rest of Canada » en dépit du vertige de 1995 (qui aggravait celui de 1980), bref cette Fédération presque unitaire car peu respectueuse des régions-nations-provinces ne fonctionne plus et à raison ! Il suffit de l'expliquer.
Vous vous acharnez néanmoins à qualifier le Bloc Québécois (et le PQ) de confédéraliste (vous ne vous prononcez pas sur l'étapisme référendaire et vous taisez l'option de l'élection souverainiste-référendaire, alors je vais taire ces sujets) : techniquement, il est pour le moins hasardeux de spéculer sur le degré d'associationnisme prescrit par le programme du PQ actuel ; opportunément ou utilement, il serait pour le moins assez scolaire et stérile de se jeter dans une telle discussion ! Pour ma part, cependant, je crois que le fameux « trait - d'union », si proposition de partenariat il y avait avec le ROC après un référendum gagnant (OUF), trait-d'union signifiant d'après le 7e Congrès du PQ (1978) l'indissolubilité entre la souveraineté et l'association (entre l'indépendance et l'interdépendance, entre la sécession/séparation et une nouvelle-union confédérale, d'après moi, est mort au feuilleton.
Vous n'avez toujours pas répondu à la question : où pensez-vous que le PQ serait aujourd'hui s'il n'avait pas tassé l'élection réréfendaire automatique pour un référendum dans un premier mandat en 1973. Non que j'ignore votre réponse, mais question d'éclaircir vos contributions.
Ce long détour était nécessaire pour démontrer que la minorité sonore de l'indépendantisme plus orthodoxe encore que Bourgault-Parizeau n'a que faire du pragmatisme et des voies de la réalité. Et M. Turcotte défend que les Québécois-es devraient se défaire de leur dépendance, peur, amour, peu importe, du Canada fédéral sans qu'ils ne puissent avoir leur délai et leurs désillusions. Je vous souhaite bonne chance M. Turcotte !
Félicitations au Bloc Québécois de Gilles Duceppe d'avoir fait montre d'une grande responsabilité et de la meilleure voie pragmatique possible, contrairement aux sophismes de Mario Dumont et aux réflexions intempestives de certains indépendantistes. Cette coalition est peut-être vouée à mourir au feuilleton ; la diabolisation qui l'entoure et les procédures de conventions constitutionnelles qui la font échouer sont des faits accablants tant en ce qui touche à la viabilité de cet édifice gothique qu'est l'Union fédérale canadienne, qu'en ce qui touche à l'anormalité de cette société canadienne que l'on dit unie !
Ceux qui voient, par manque de perspective sans doute, la Constitution du Canada comme un cadre de vie nécessaire, fermé, éternel dans son immobilité, devraient non seulement en apprendre sur les origines politico-institutionnelles et constitutionnelles immédiates et lointaines de l'AANB, mais oublier la grande formule d'Yvon Deschamps : ce que nous aurions voulu, c'est un « Québec libre dans un Canada uni ». Avec les sophismes de Jean Charest sur les potentialités de de la situation de gouvernement minoritaire et ses sophismes, surtout, dissimulant sa moindre intervention dans la défense du nationalisme politique québécois, avec la révélation des dispositions réelles de ce grand « LOVE IN » du Canada anglais, nous en sommes plus loin que jamais !
Alexandre Dionne
