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Un mépris du système parlementaire d'inspiration britannique

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Marc A. Vallée
Envoyé Le jeudi 04 décembre 2008 04:00



Depuis les derniers jours, Stephen Harper a montré un visage que plusieurs décrivaient, sans que j'arrive à le voir. Je me souviens de sa photo sur la page couverture du Devoir, quelques mois avant sa première élection, alors que l'article accompagnateur décrivait sa relation avec son père. Par la suite, il y eu le face à face Harper Duceppe le samedi précédant le vote sur la motion de la nation québécoise. Samedi dernier, sur la page couverture du Devoir, Harper était seul sur fond noir, alors qu'il affrontait une crise de la même façon que Trudeau avait affronté la crise d'octobre de 1970. Dans ce cas-ci, quelque soit l'issue du débat, toutes les Québécois, qui vivent sous régime parlementaire d'inspiration britannique depuis 1791, et tous les Canadiens qui ont accepté de les accompagner en terre d'Amérique, alors que la ville de Québec se prépare pour un 401ième hiver, doivent se rappeler que Stephen Harper méprise le régime parlementaire d'inspiration britannique.

Je ne suis pas souverainiste. Je ne vis plus au Québec. Mais, mes racines y sont profondes, comme un Écossais peut rester attacher à l'Écosse. Je suis né dans les entrailles du Québec, je l'ai parcouru, je l'ai représenté, j'y reste toujours attaché. Je suis aussi attaché au Canada, et je considère que les Québécois doivent être fiers d'avoir construits, comme les Écossais, qui, même s'ils sont insultés d'être appelés Anglais, sont fiers de porter le nom britanniques, parce qu'ils ont contribué à la construction de l'Empire britannique, entre autres à cause de leur éducation.

Quelle est la faute de M. Harper? C'est qu'il néglige le fait que dans un système parlementaire britannique, la population élit des députés, qui choisissent le gouvernement. La population du Québec, lors de la dernière élection, a élu en majorité des députés du Bloc Québécois. M. Harper, s'il veut devenir le Premier Ministre du Canada, doit tenir compte du fait que les Québécois ont choisi en majorité de ne pas faire partie du gouvernement canadien parce qu'ils se sentaient mieux représentés par les députés du Bloc Québécois. M. Harper, par sa position, par ses déclarations, ne se comporte pas comme Premier Ministre du Canada, mais uniquement comme représentant de ceux qui l'ont élu. Il se comporte comme un dictateur. Il est un disciple parfait de George W. Bush. Quelle attaque en Iraq prépare-t-il? Il ne mérite plus d'être Premier Ministre du Canada et doit être renversé.

L'homme qui sort grandit de l'exercice est Stéphane Dion. Il a montré qu'au-delà de la partisanerie, il savait construire des compromis, comme celui qui est à la base de la constitution du Canada. Peu importe sa contribution à la loi sur la Clarté, dans ce cas-ci, Stéphane Dion, par son geste, s'est élevé à la hauteur des Pères de la Confédération.

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