Vos réactions
Où la minorité n'a rien à voir avec la crise politico-économique, et de Jean Charest...
1) contrairement à ce qu'affirme Jean Charest, il n'y a pas crise à Ottawa parce que le gouvernement de Harper était minoritaire mais bien parce que le chef conservateur a voulu nier ce verdict de minoritaire et a joué, comme imageait un commentateur dans cette édition du Devoir, comme Napoléon Bonaparte !
2) Donc, l'équation est erronée, fausse et un leurre : il faut la dénoncer comme telle !
3) Tandis que Jean Charest avait perdu sa majorité parce que le peuple québécois ne voulait pas le suivre sur des volontés et un agenda pour lesquels il ne s'était pas fait élire (en 2003), son sort de minoritaire lui déplut au point de démissionner un an et demi plus tard du gouvernail de l'État pour réclammer de nouveau... une majorité. Or, il assure que cette fois, il écoute, il écoutera (dissimulant toujours qu'il n'avait pas écouté !). Récapitulons : Jean Charest voulait des élections et une majorité d'abord pour s'occuper des virtualités critiques de l'économie ensuite. Outre le coût (83 millions $) et hors la rhétorique, car la collaboration sur les dossiers économiques était loin d'être impraticable (ne serait-ce que parce que l'ADQ était à terre et le PQ non désireux de se payer une campagne avant des lustres), car l'instabilité politique est venue de Jean Charest surtout, quel est maintenant l'argument massue de la grande transcendance rationnelle des Libéraux de Jean Charest ? Qu'en regardant à Ottawa, nous aurions la preuve que les gouvernements minoritaires sont inappropriés...
4) En fait, ce qui est inapproprié dans cette analogie confuse et ce qui est scandaleusement fallacieux, c'est d'abord l'énonciation d'un lien de cause à effet entre le statut électoral du parti gouvernemental (minoritaire / majoritaire) et la situation de crise, car c'est plutôt l'autoritarisme qui est en cause avec la dégradation de la situation ; c'est ensuite l'occultation du problème : la minorité générant une crise politique, la crise politique rendant d'autant plus ingérable la crise économique, la minorité politique est nécessairement cause d'instabilité économique !!!! Aristote et les Logiciens auraient beaucoup de plaisir à réfuter Jean Charest !!!!
5) Cette démonstration, évidemment, Jean Charest s'en moque comme le premier de ses hamburgers américains : au fond, le pouvoir, et le fédéralisme de cet homme aspirent à l'autorité fiduciaire beaucoup plus qu'au savoir et à la vérité. Il n'est qu'à se souvenir de l'exposé atrophié de l'histoire de la nation québécoise des triumvirs libéraux Charest-Pelletier-Fournier, dans l'exaltation libérale québécoise ayant suivi la reconnaissance toute aussi atrophiée de cette nation dans sa version fédéraliste et particulièrement remaniée des Communes d'Ottawa !
6) Certes, Mme Marois et son parti ont leur propre ultime agenda, qui n'est pas le fédéralisme inconditionnel de Jean Charest et ses troupes. Toutefois, une minorité péquiste n'empêcherait pas, tout en consolidant l'attention sur les éventualités de la crise au Québec, de relayer les opérations du Bloc Québécois dans l'éventuel gouvernement de coalition (par le mécanisme de consultation permanent obtenu par le Bloc), la formulation des demandes sur lesquelles un Jean Charest et un Mario Dumont ne seraient pas en désaccord : la rétrocession des juridictions, institutions et des budgets de la souveraineté culturelle au Québec, avec pour contre-partie l'édification d'une Constitution québécoise (langue française, laïcité institutionnelle, etc.).
Au lieu que le Québec ne recule avec un Charest même majoritaire, tandis que le Bloc Québécois soutiendrait le gouvernement de coalition, optons plutôt pour qu'il avance avec le Parti Québécois de Pauline Marois. Car avec Jean Charest, les intérêts de la nation provinciale québécoise auront, d'abord, les « mains liées » au PLC-fédéraliste des Dion-Ignatieff-Rae !
PS : M. Descôteaux, j'ai retenu mon souffle hier en écoutant à la radio notre clérico-fédéraliste nationale (Mme Bombardier) en furie et pratiquement hystérique contre le Bloc, le PLC et le NPD..... Comment dire à cette dame que le NON de 1995 n'avait pas tous les droits ??? Où était Denise Bombardier quand le Bloc Québécois a obtenu la majorité des suffrages du Québec depuis le premier mandat de Lucien Bouchard ? Je n'ose pas imaginer si Le Devoir osait substituer son nom pour... « Le Pouvoir » (pour le Québec-d'abord) ! Ouf, vous seriez anathémisé ex cathedra M. Descôteaux ! (Le drame avec Denise Bombardier n'est pas qu'elle a le plus souvent tort, c'est qu'elle persiste à imaginer que son « épistémologie » politico-morale sous-jacente soit exacte. Or, elle est loin du compte, bien loin !).
