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Pour qu'il y ait des réponses... il faut qu'il y ait des demandes.

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Alexandre Dionne
Envoyé Le mardi 02 décembre 2008 12:00



M. David, si l'on doit convenir que l'une des faiblesses caractéristiques de Mme Marois s'avère cette tendance à forcer parfois le trait, outre cette tendance qu'elle a pu traîner aux « convictions successives » et de ne pas partager les qualités respectives des doubles standards Lévesque-Bouchard versus Parizeau-Landry (j'oublie P.-M. Johnson et Boisclair), il faut néanmoins admettre qu'en matières de caricatures, la propagation par les PLQ-ADQ de la fantastique reconnaissance fédérale (et fédéraliste) de la « nation québécoise dans un Canada uni » n'a pas laissé sa place !

Or, quand bien même le Bloc Québécois et Gilles Duceppe pourront jouir de ce « mécanisme de consultation permanent » auprès de l'éventuelle coalition gouvernementale et capable de l'infléchir partiellement, mais justement du fait qu'ils ne pourront pas tout seuls faire plier davantage le Canada fédéral, encore faudrait-il que le parti qui gouvernera le Québec puisse impulser des demandes au moins égales, en matières nationales et constitutionnelles, à ce que le Bloc est disposé à exiger non ?! Encore faudrait-il que le parti gouvernant le Québec-d'abord n'ait pas les « mains liées » à un quelconque parti fédéraliste de ce Canada fédéral (défédéralisé), contrairement à ce que prétendait sirupeusement M. Charest à Maisonneuve ce matin, NON ?!

Mme Marois n'a peut-être pas régulièrement la parole et les manies heureuses mais reconnaissons-lui que si le Québec ne serait pas menacé dans la coalition soutenue par notre Bloc Québécois avec un Jean Charest seulement, les réponses ne risqueraient pas de suivre des demandes qui jamais ne mettrons en contradiction ces « grands fédéralistes » que sont les Libéraux du Québec de M. Charest, non ?! En fait, vous le savez mieux que quiconque M. David, Jean Charest l'a énoncé, son horizon de négociation Canada-Québec : la Loi du Canada, qui n'a plus la foi de la majorité des Québécois-es depuis 1982, peut être perpétuellement sauvée par des « ententes administratives » ! Comme vous disiez si bien en parlant de « mains liées », Jean Charest ne saurait faire autre chose que des prestations théatrâles pour le Conseil de la Fédération et l'État du Canada fédéral, n'est-ce pas !

Or, pour qu'il y ait des réponses, il faut qu'il y ait des demandes ! À ce jeu, les Québécois-es auront, le 08 décembre prochain, au-delà des dossiers économiques, l'opportunité directe de munir le Québec d'un gouvernement souverainiste qui, à défaut d'un référendum sur la souveraineté avec ou sans partenariat, pourra demander un Nouveau-Canada et une rétrocession de pouvoirs institutionnels, de budgets afférents et d'une reconnaissance constitutionnelle de cet état de choses, conditions de la dignité nationale. La nation provinciale québécoise n'est pas une nation parce qu'elle partage avec les autre nations du Canada les institutions constitutionnelles d'une Union fédérative (dont vous savez très bien l'historique) mais parce qu'elle s'avère constitue une communauté culturelle (au sens large) spécifique et donc, cette « société distincte » de Robert Bourassa.

Mais Mme Marois devrait aussi revenir à la charge sur tout le dossier des normes des transferts de Péréquation, après qu'elle se soit réjouie du milliard dont il est actuellement question.

En toute cohérence, mais je ne développerai pas ce point, Mme Marois et le Parti Québécois prépareront conformément aux demandes d'une augmentation de la souveraineté québécoise cette Constitution québécoise (au sens sociologico-politique) d'une nation provinciale incluant une nouvelle Loi 101 si possible affranchie de la Charte canadienne des droits individuels, la laïcité institutionnelle, etc..

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