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Il y a un précédent à la crise constitutionnelle actuelle

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Bernard Lefebvre (bernard.lefebvre@instantia.ca)
Envoyé Le mardi 02 décembre 2008 11:00



La formation d'un gouvernement de coalition au lieu d'un gouvernement issu d'une élection, au sens général de ce terme, implique l'intervention de la gouverneur-général, Mme Jean. Mariage de raison? Mariage blanc? Mariage à la gaumine? Mariage non consommable donc annulable? C'est à suivre.

Mais l'implication probable de la gouverneure générale, Mme Jean, dans les affaires politiques canadiennes a au moins un précédent. En 1926, le gouvernement libéral de M. King a refusé de se soumettre aux exigences du gouvernement albertain concernant la question scolaire de l'Alberta qui, en gros, était une matière partagée entre les deux ordres de gouvernement, dans ce cas précis. Vu l'échec de sa politique, M. King a demandé au gouverneur général de dissoudre la Chambre des communes: le gouverneur-général refuse; M. King offre sa démission: le gouverneur accepte et il appelle M. Meighen, chef du parti conservateur à former le gouvernement. Ensuite, dû à l'absence de compromis, le gouverneur-général accepte de dissoudre la Chambre; résultat? Le pays est appelé à voter à nouveau pour former un gouvernement!

Intéressant n'est-ce pas? Aux États-Unis, dans un tel contexte, c'est le juge en chef de la Cour Suprême de ce pays qui aurait joué le rôle du gouverneur-général.

Leçons de la crise constitutionnelle de 1926 et de celle de 2008? Le peuple est souverain mais plusieurs citoyens ne le savent pas, ou l'ignorent, ou sont indifférents, ou défaitistes, ou nonchalants etc. Tous ceux qui ne votent pas mais qui le pourraient, n'ont aucune raison ni justification de se plaindre des politiciens et des gouvernements.

(source: conférence de M. Henri Bourassa, fondateur du journal Le Devoir, La politique et les partis, 9 novembre 1926)

Bernard Lefebvre

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