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@ Louis Houle - Démocratie 101
Dans une démocratie parlementaire comme la nôtre, les citoyens votent pour un député, un point c'est tout. Ils n'ont ni le choix entre un gouvernement minoritaire ou majoritaire, ni même pour un premier ministre, comme dans un système présidentiel. C'est au gouverneur général qu'il appartient de confier la tâche de former le gouvernement à celui parmi les députés élus qui est le plus apte à recevoir la confiance de la Chambre. Mais il est vrai que, la plupart du temps, on ne se casse pas vraiment la tête pour le trouver, tellement c'est évident.
C'est le principe qui régit notre système. On peut bien en souhaiter un autre, mais en attendant, il faut bien vivre avec celui qu'on a ; en changer impliquerait de «rouvrir» la constitution... Je ne vous ferai pas un dessin.
Évidemment, dans le cas d'un gouvernement majoritaire, un parti a remporté clairement les élections et le «choix» du gouvernement général n'est pas difficile. Cependant, dans le cas d'un gouvernement minoritaire, le parti qui a fait élire les plus de sièges n'est pas automatiquement réputé avoir gagné les élections, car il lui incombera de démontrer qu'il a la confiance de la Chambre, alors occupé par une majorité de députés de l'«opposition». Et ce n'est que dans la mesure il est pourra faire la preuve qu'il a cette confiance qu'il pourra légitimement, dans notre système, former le gouvernement.
On l'oublie trop souvent - quand on l'a déjà su -, mais c'est la confiance de la Chambre qui fait foi de tout et qui a force de loi en matière de légitimité gouvernementale, et pas le vote des citoyens... Ou alors seulement par la voix de ses représentants élus à la Chambre des Communes et qui y siègent justement pour les y représenter.
Comme dirait Jean Chrétien : « Que voulez-vous ? » C'est comme ça... Quant à refaire des élections, bien sûr !, mais pas à tous les deux mois. D'abord, parce que ça coûte 300 millions à chaque fois et surtout parce que ça ne changerait en rien notre système, et qu'on risquerait ainsi, après un trop bref intervalle, de se retrouver dans le même cul-de-sac parlementaire et de tourner en rond, d'élections en élections. Vous voyez un peu le bordel !?
Pour changer cela, il faut abroger la constitution. Rien que ça ! En attendant, il nous faudra nous en remettre à la sagesse de notre souveraine bien aimée, qui, elle, tient son autorité directement de Dieu, mais en passant par une nomination de Jean Chrétien...
Le pire dans tout ça, c'est que ça marche pas trop mal, en fin de compte. Incroyable !
