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Le roi fanfaron
Jean Charest aime à dire qu'il est le seul à parler « au nom de tous les Québécois ». Une telle affirmation a de quoi étonner de la part d'un homme qui ne semble éprouver que du mépris, voire de la haine, pour ceux de ses compatriotes qui ne partagent pas son attachement indéfectible au Canada et qui proposent de s'en détacher pour assumer leur propre destin. Il n'y a pas si longtemps, en effet, M. Charest incitait ses députés et ministres à « haïr les séparatistes ». Oui, vous avez bien lu : haïr les séparatistes. Avouez tout de même...
Certes, Jean Charest se garde bien maintenant d'être aussi transparent, et il fait plutôt le loup enveloppé d'une peau de mouton. Comprenez bien qu'il veut avoir les mains libres, et il est prêt à toutes les espèces de mascarades et de sparages pour cela. Même le déclenchement d'une élection dont personne ne voulait et dont le Québec n'avait absolument pas besoin ne le gêne pas. Il aime le pouvoir, il veut le pouvoir et il le veut absolument. Aucune probité intellectuelle, aucune valeur morale, aucune dignité humain ne l'arrêteront : il a des ambitions, M. Charest. Elles ne sont pas clairement énoncées, mais on sent qu'il a des projets et qu'il veut les réaliser. Pour cela, il a besoin d'avoir les coudées franches. Foin de l'opposition ! Au diable les empêcheurs de danser en rond !
J'invite tous mes compatriotes à faire savoir à M. Charest qu'il ne parle pas au nom de tous les Québécois. Que ceux qui ne se reconnaissent pas dans le tableau qu'il veut peindre de notre pays le lui fassent savoir et le renvoient lui-même dans l'opposition. Finies les fanfaronnades, Monsieur Charest ! Et continuez de parler tout seul... au lieu de nous rebattre les oreilles avec vos vieilles rengaines revanchardes.
Richard Weilbrenner
Sutton, Québec
