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Pourquoi pas une coalition!
Il est peut-être un peu tard pour parler d'un gouvernement de coalition NPD-Libéraux. Il aurait mieux valu en parler durant la campagne électorale et S. Dion a eu tort de rejeter du revers de la main les suggestions que lui faisait J. Layton. J'avais envisagé cette hypothèse dans un texte du 11 octobre, au vu des sondages du moment.
Mais si l'opposition défait le gouvernement de S. Harper, ce pourrait être une solution pour éviter de nouvelles élections. Avec 37 NPD et 78 libéraux, cette coalition aurait besoin pour survivre de l'appui du Bloc et de ses 50 députés pour faire face aux 143 conservateurs.
Certes, dans les systèmes parlementaires de type britannique, utilisant le mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour, les gouvernements de coalition sont plutôt exceptionnels puisque le bipartisme caractérisait le système partisan, avec une éventuelle alternance du pouvoir. La situation a bien changé puisque se trouvent maintenant des partis tiers représentés à la Chambre des communes, dans le cas du Canada. On trouverait aussi des exemples de gouvernement de coalition en Australie, mais également au Canada.
En effet, des coalitions de ce genre ont déjà existé au niveau provincial. On peut citer l'exemple de la Saskatchewan, qui a connu une coalition du NPD et des libéraux de 1999 à 2003. Il y a eu d'autres coalitions en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique, lorsque les partis traditionnels ont formé une coalition de 1941 à 1952 pour barrer la route au CCF. Au niveau fédéral, une véritable coalition s'est produite avec sir Robert Borden en 1917. Aux prises avec une forte opposition à la conscription et avec d'autres difficultés majeures pendant la Première Guerre mondiale, Borden a cherché à élargir sa base politique en période de guerre en invitant plusieurs libéraux favorables à la conscription et d'autres personnalités à faire partie de son gouvernement.
Ce n'est pas parce que cela ne s'est fait qu'une fois au niveau fédéral, que cela ne peut pas se faire. Il faut savoir innover, surtout en cas de nécessité, ce qui se présenterait en cas de défaite du parti de S. Harper. On se rappelle que Paul Martin, en réponse à une question portant sur un gouvernement minoritaire, s'était tourné vers Jack Layton en disant: «On pourrait s'entendre.» Par ailleurs, un des hommes clés de S. Dion n'est autre que l'ancien méo-démocrate Bob Rae.
La pratique d'un gouvernement de coalition est assez courante en Europe et elle est le fait de grandes démocraties, comme l'Allemagne ou la Belgique, où les coalitions portent des noms colorés, coalition violette, coalition arc-en-ciel ou orange-bleue, par allusion au mélange des couleurs des partis qui la forment. Et des gouvernements, comme le Conseil fédéral suisse, l'équivalent d'un conseil des ministres, ou le gouvernement français actuel, comptent des ministres de groupes politiques «opposés».
Un gouvernement de coalition serait certainement préférable à de nouvelles élections et on ne pleurera pas dans les chaumières la défaite du gouvernement Harper.
