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Leçon de politique ou spectacle?

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Hubert Larocque (msbenoit@videotron.ca)
Envoyé Le jeudi 27 novembre 2008 08:00



La réaction au débat ne fut-elle pas surprenante? Cet exercice, d'habitude si ennuyeux, se déroula sur un mode enlevé, passionné. Les trois adversaires, à la forme parfaite, faisait même oublier la formule du débat en la transformant en une conversation vive, alternativement amicale et méchante. Les moments qualifiés de cacophonie ajoutaient au côté théâtral qui frisait parfois le boulevard. Chacun avait sa marotte, une formule dont il usait trop souvent. Cependant, montrer ainsi les ficelles du spectacle le desservait un peu.
Le spectateur éclairé en politique n'a rien appris. Des thèmes importants comme celui de la vision du Québec ont été à peine effleurés ou se sont perdus dans des digressions secondaires. D'autres sujets qui nous obsédaient hier : immigration, accommodements « raisonnables », etc. et qui n'ont rien perdu de leur actualité, n'ont même pas eu droit à une allusion. Le débat n'a reflété les enjeux que d'une façon partielle, partiale, déformée. La crise économique, pour importante qu'elle soit, sera oubliée dans quelque temps. En faire le centre de tout induit le public en erreur. Le président du débat n'a pas toujours ramené les adversaires au sujet.
Aux réactions, on a pu voir que l'ensemble des gens connaît bien peu les questions dont on discutait. Le spectateur moyen attendait qu'on l'instruise. Aussi n'a-t-il pu apprécier le côté spectacle où se situait la réussite du débat avec trois acteurs de haut niveau.
Ce spectateur est-il vraiment le seul? Beaucoup de politiciens et de journalistes, aveuglés par l'immédiat ou l'intérêt partisan, ignorent des textes essentiels, ou font mine de ne pas les comprendre.
Hubert Larocque, Gatineau.


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