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Le problème, c'est, en grande partie LA COM'

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Jean-Serge Baribeau (js.baribeau@videotron.ca)
Envoyé Le lundi 24 novembre 2008 14:00



Jean-Claude Leclerc (tout comme Martin Cauchon dans un autre article) présente une perspicace analyse susceptible d'expliquer certains des errements des médias. À certains égards l'analyse de Leclerc se rapproche de celle du fameux Noam Chomsky qui, lui aussi, présente la publicité et l'emprise de la publicité comme constituant des facteurs susceptibles de provoquer le silence et la distorsion chez bien des journalistes. Il y a aussi l'idée de savoir à qui appartiennent les médias. Il y a aussi plusieurs facteurs parmi lesquels nous retrouvons l'attitude de certains journalistes qui, souvent paresseux, se fient à la documentation officielle des entreprises et institutions, ce qui ouvre la porte à des données tronquées et distordues, à des analyses partiales et partielles.

En ce qui me concerne j'ai enseigné, pendant plus de vingt ans, la sociologie des communications. Et c'est l'engouement pour cette vague entité appelée LA COM' qui, dans une large mesure, explique bien des errements. Savoir communiquer, c'est bien et c'est nécessaire. Mais je ne communique pas de la même manière si je suis dans la publicité, dans la propagande, dans les relations publiques ou dans le journalisme, pour ne prendre que ces exemples. Il ne faut pas oublier que publicité et propagande, c'est, à peu de choses près, la même chose. Mais informer en déployant de nombreux efforts exigeants pour maintenir de la rigueur, de l'éthique et de l'intégrité, c'est là une toute autre paire de manches.

Alain Rey a bien défini cette situation lorsque, dans un livre intitulé LEXI-COM', il a écrit: «Quant à la communication, en devenant massive, grossière, brutale, propagandiste, tyrannique, organisée, instrumentalisée, elle est devenue la com'». Rey parle aussi des «deux rhétoriques qui gouvernent les peuples: publicité et propagande».

Je termine en remerciant Jean-Claude Leclerc qui, somme toute, nous rappelle l'importance d'une presse indépendante, d'une presse qui ne soit pas soumise aux commanditaires ou aux propriétaires capitalistes, souvent avides de sensationnalisme et de profits rapides (et non mérités).

Et je souligne que, quant à moi, je me méfie systématiquement de la com'. Enseigner la sociologie des médias a développé chez moi cette prudence essentielle!

JSB, sociologue des médias

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