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Sous le Soleil de Satan
Cet « on ne sait plus qui » a quelque chose d'impertinent, lorsque l'on sait que cette citation est d'un grand auteur français bien connu, Georges Bernanos (1888-1948) et il est bon de la lui réattribuer. Elle est extraite d'un petit ouvrage pamphlétaire intitulé «Les Grands Cimetières sous la lune », paru en 1938, dans lequel il dénonce les exactions des nationalistes espagnols, sous les ordres de Franco, durant la guerre civile qui a ravagé l'Espagne de 1936 1939.
« Le livre est centré sur la description de ce que Georges Bernanos a vu durant l'année 1936 à Majorque, la grande île des Baléares où il résidait alors. L'auteur, après avoir explicité ses positions politiques face à la situation française et espagnole, décrit avec précision la terreur que faisaient régner au quotidien à Majorque les phalangistes du général Franco encadrés par des fascistes italiens. Il insiste sur les massacres systématiques et arbitraires. Dans une deuxième partie, il élargit son propos à une réflexion sur les formes nouvelles de guerre civile et sur la barbarie qui en découle. Dans la troisième partie, enfin, il développe une analyse nouvelle du totalitarisme naissant et de ses fondements dans la crise spirituelle des classes dirigeantes. » (Encarta)
La citation complète concernant l'optimisme se lit ainsi : « [il] m'est toujours apparu comme l'alibi sournois des égoïstes, soucieux de dissimuler leur chronique satisfaction d'eux-mêmes. Ils sont optimistes pour se dispenser d'avoir peur des hommes, de leur malheur».
Puisque Serge Truffauit nous en donne l'occasion, sans le citer, il n'est pas inutile, par ces temps de crise, de se souvenir de ce grand auteur et de relire certains de ses textes, comme celui cité plus haut. On connaît mieux sans doute quelques autres titres : Sous le soleil de Satan, L'Imposture, La Grande Peur des Bien-Pensants, Journal d'un curé de campagne, Scandale de la vérité, pour ne mentionner que quelques-unes de ses oeuvres, toujours d'actualité.
Mais il faudrait peut-être citer ces quelques autres lignes tirées de « La liberté, pour quoi faire? », paru en 1953 :
Je ne suis pas un prophète
mais il arrive que je voie ce que
les autres voient comme moi,
mais ne veulent pas voir.
Le monde moderne regorge
aujourd'hui d'hommes d'affaires
et de policiers, mais il a bien
besoin d'entendre quelques
voix libératrices, [...]
Les voix libératrices ne sont pas
les voix apaisantes, les voix
rassurantes. Elles ne se contentent
pas de nous inviter à attendre
l'avenir comme on attend le train.
