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À Messieurs Lafond, Pagé, Dion pour l'implication contre l"abstention électorale

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Jean Pierre Bouchard
Envoyé Le dimanche 23 novembre 2008 15:00



Les abstentionnistes ou autoproclamés tels ne font que s'imaginer se procurer un pouvoir parce qu'en fait ils ne font qu'en s'abstenant que de donner différemment les clés du pouvoir à la machine électorale la plus forte que l'on sait libérale. Le financement populaire du Parti Libéral est bien plus faible qu'au Parti Québécois, ce sont les entreprises qui réussissent à contourner la loi du financement démocratique des partis et qui investissent en masse leurs dollars dans un seul et quasi unique parti: le PLQ. Que les adeptes raffinés du snobisme électoral -selon une formule ironique et pas méchante- s'abstiennent de le voir est ahurissant.

Je vous connais abstentionnistes parce qu'il m'est arrivé d'être ouvert à cette tentation. Lecteur de livres critiques de sociétés très français, j'ai rêvé aussi de voir des partis au pouvoir réclamant la subversion transgressive des règles et des moeurs. Rapidement toutefois, j'ai su faire la part des choses entre la capacité plus facile de critiquer la société par la stricte pensée et la réalité sur le terrain. Toujours relativement ouvert aux schémas de pensée marxistes, post modernes ou psycho sociaux, je me m'interdit pas de voter pour un parti social démocrate qui défend non pas un nationalisme impérial mais celui d'une sauvegarde d'une nation minoritaire en Amérique du Nord.

Un des arguments des dits philosophes de l'abstention est celui du système proportionnel qu'il faudrait implanter qui seul pourrait redonner du souffle au système politique. Attention là, ce système proportionnel si appliqué en intégralité crée aussi des problèmes. La représentation territoriale qui prend en compte le vote par régions et rangs de campagnes c'est aussi à la source quelque chose qui est fondamental. Seul un système proportionnel-territorial mixte pourrait possible faire l'affaire quoique sa mise en place demanderait une bonne expertise. Une chose ainsi est également vraie, la représentation par la stricte population et le pourcentage procuré au parti n'est pas dénuée de distorsions non plus. Trop avantager les grandes villes, ce n'est pas démocratique non plus.

La preuve de l'absurdité de l'abstention c'est que sa logique ultime serait de fonder un parti de l'abstention mais on le sait tous c'est une impossibilité logique. Au téléjournal, si le 8 décembre, 58% seulement de Québécois se déplacent pour aller voter, après avoir mentionné brièvement cette statistique, nos bons journaliste radio canadiens n'en n'auront que pour la très médiatique victoire du PLQ qui alors aurait remporté 45% des suffrages populaires. Dans les statistiques officielles, celle du taux de participation sera toujours bien secondaire par rapport aux statistiques concernant les suffrages obtenus par les partis politiques.

Autrement dit, pour les statistiques, les absents ont toujours tort, vous n'existez pas! Pendant des décennies, les Américains ont voté sans le vouloir pour les républicains cela leur a donné quoi? Ne fallait t'il pas voter en masse pour Gore en 2000 contre Bush, si fait l'élection et son résultat n'aurait pas été décidé par un juge républicain.

Je soupçonne chez les abstentionnistes des tendances intégristes ou puristes qui n'ont rien avoir avec les impulsions anarchistes festives.

Ne pas voter donc c'est voté sans s'en rendre compte.

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