Marchés boursiers - Wall Street est suspendue au sort de ses vedettes déchues

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AFP
Édition du samedi 22 et du dimanche 23 novembre 2008

Mots clés : Wall Street, Marchés boursiers, Économie, États-Unis (pays)

New York -- Tombée au plus bas depuis cinq ans, la Bourse de New York va rester sous pression la semaine prochaine, qui sera écourtée par Thanksgiving, sans réponse aux incertitudes qui pèsent sur d'anciennes vedettes de la cote.

«Il faut s'attendre à l'inattendu», prévient Lindsay Piegza, analyste chez FTN Financial, après une semaine qui, peut-être de façon moins spectaculaire qu'au mois d'octobre, a tout de même vu le marché reculer à ses plus bas niveaux depuis plusieurs années.

En seulement deux séances, mercredi et jeudi, le Dow Jones a perdu 10,36 %, dans un marché miné par la dégringolade d'anciennes vedettes de la cote, Ford, General Motors et surtout Citigroup, dont l'avenir apparaît plus qu'incertain.

Le Dow Jones a ainsi touché un plus bas depuis octobre 2002 hier matin avant de rebondir (+6,54 %) à la perspective de la nomination du président de la Fed de New York au Trésor. Sur la semaine, l'indice a reculé de 5,31 % pour terminer à 8046,42 points. Le Nasdaq a de son côté abandonné 8,74 %, à 1384,35 points, et le S&P 500, 8,39 %, à 800,03 points, après avoir retrouvé des niveaux observés il y a plus de 10 ans.

L'indice vedette du parquet torontois, le S&P/TSX, a quant à lui grimpé de 430,63 points, soit 5,6 %, pour clôturer à 8155,39 points. Sur l'ensemble de la semaine, il a cependant cédé près de 10 %.

Pour Marc Pado, chez Cantor Fitzgerald, le mal trouve ses racines avec un discours du secrétaire au Trésor sortant Henry Paulson, qui la semaine dernière avait mis son propre plan de sauvetage des banques en mode pause. «Cela a attisé les craintes de voir des banques faire faillite, parce que les autorités n'auraient plus les fonds nécessaires pour leur porter secours. Cela a énormément déçu le marché», a ajouté l'analyste.

Principales victimes donc, les valeurs financières, qui ont dégringolé, et tout particulièrement Citigroup.

Le sort de l'ancien numéro un du secteur va donner le ton au marché la semaine prochaine. Le titre, qui ne vaut plus que 3,77 $US, s'est effondré de près de 40 % entre mercredi et hier, engendrant de nombreuses spéculations sur son avenir.

Les fonds spéculatifs sont un autre poids. Les ventes meurtrières de la dernière heure ont fait un retour fracassant sur les marchés alors que les fonds spéculatifs ont désormais une idée des montants qui leur seront nécessaires pour rendre leur argent à des actionnaires apeurés d'ici la fin de l'année.

Personne ne se risque véritablement à affirmer que Wall Street a trouvé ses planchers. «Les investisseurs continuent de conserver leurs liquidités et à attendre des signes de stabilisation», estime Frederic Dickson, de D.A. Davidson.

Symbole de la défiance envers le marché actions, le marché obligataire a explosé, battant des records historiques. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans est descendu en flèche à 3,167 %, contre 3,750 % vendredi dernier, et celui à 30 ans à 3,663 %, contre 4,230 %.

Courte semaine

La semaine prochaine va être courte à cause de Thanksgiving: Wall Street sera fermée jeudi et il n'y aura qu'une moitié de séance vendredi. «On a besoin de prendre du recul et de s'ajuster, parce qu'actuellement, on est dans une spirale infernale», s'est félicité Lindsay Piegza.

Ce sera aussi l'occasion d'observer le comportement des consommateurs, moteur de l'économie américaine. Le vendredi qui suit Thanksgiving, coup d'envoi traditionnel de la saison de Noël, est l'occasion de promotions importantes dans les magasins américains, et le marché en suivra attentivement le déroulement, selon Marc Pado.

Les ventes de logements neufs et existants, lundi et mercredi, et les chiffres des nouveaux chômeurs indemnisés qui se sont envolés cette semaine au-delà de 500 000, publiés mercredi également, pourraient aussi peser sur des échanges qui devraient être limités.

La révision des prévisions de la Réserve fédérale américaine, qui n'exclut plus un recul de la croissance pour l'ensemble de 2009 et table sur un chômage au-delà de 7 % à la même période, avait plongé le marché dans le marasme mercredi.


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