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Sortir du cul-de sac politique - Ou comment décrocher du PQ
Mis à jour le 9 juin 2006
Québec Solidaire ou comment sortir du cul-de-sac politique
Avec une course à la chefferie qui met tout l'accent sur la souveraineté, le PQ remet en place sa stratégie électorale habituelle, c'est-à-dire : faire chanter l'électorat progressiste en s'appropriant la question nationale. Mais avec l'avènement d'un nouveau parti souverainiste de gauche, il pourrait bien en être terminé de ce stratagème qui a eu pour conséquence d'enfermer perpétuellement le Québec dans un régime de droite. Après plus de trente ans de manoeuvres où le PQ s'est servi de la souveraineté pour se porter au pouvoir, esquiver la question sociale et finalement, mettre la souveraineté au service de l'application de politiques libérales, j'ose croire que l'électorat québécois aura fini par comprendre à qui ils ont réellement affaire et reconsidèrera son choix aux élections pour nous sortir de ce cul-de-sac politique.
L'appui à l'indépendance fera la différence
Avec l'adhésion d'Option citoyenne au mouvement indépendantiste additionnée à celle de l'UFP, la gauche politique québécoise vient de se donner les moyens de jouer la partie au coeur même de l'échiquier politique et de frapper fort. Car avec une telle position elle pourra faire se questionner une forte partie de la population qui est en faveur de l'indépendance du Québec, mais qui remet en question la gouvernance libérale droitiste du PQ. C'est pourquoi il nous faut désormais défendre avec conviction nos valeurs et proposer un projet pour une société nouvelle et égalitaire et pour un Québec indépendant solidaire. Voilà de véritables assises sur lesquelles fonder un parti et pour faire naître un pays !
La souveraineté libérale : ou la récupération de la question nationale
La lutte pour l'indépendance dès ses origines était une lutte sociale. Une lutte fondamentale qui concernait des questions de pain et de beurre. Un combat contre l'oppression d'une classe favorisée d'anglophones sur le peuple canadien français dont la lutte pour la langue en était la cristallisation, le symbole. Ces états de faits ayant changés depuis la révolution tranquille, il s'est constitué une classe mieux nantie au sein de la communauté francophone. Le combat qui reste à faire est donc celui de l'accession à cette prospérité par toutes les couches de notre société. C'est une question d'équité et de cohérence avec nos ambitions originelles. Mais le détournement de la question nationale à des fins électoralistes en a dénaturé l'objectif principal qui est celui de la justice sociale. C'est pourquoi la réappropriation de la question de l'indépendance du Québec par la nouvelle gauche souverainiste n'est en fait que sa continuité naturelle.
Décrocher du PQ
La proximité du PQ avec les intérêts corporatistes semble telle que plusieurs des principaux ténors du parti ont déjà commencé à nous faire comprendre que « leur souveraineté » ne sera pas le Pérou et n'apportera pas suffisamment de gains pour améliorer notre contrat de solidarité sociale. La souveraineté allant même jusqu'à pouvoir engendrer une période difficile des dires de certains... En d'autres termes, on commence déjà de nous faire souscrire à l'idée que «l'indépendance lucide » à laquelle on songe ne permettra pas de modifier l'ordre social, préparant déjà ainsi notre résignation à la perpétuation du régime libéral actuel. Un régime qui favorise les riches, les entreprises et les lobbys et ce au détriment des citoyens depuis déjà bien trop longtemps orphelins politiquement.
Mais, une telle attitude adoptée par cet ultradémagogique PQ-libéral, ne lui laisse plus grand-chose à offrir pour se promouvoir et promouvoir sa vision de l'indépendance - en supposant que vision il y a - auprès des gens ordinaires, qui n'aurons plus eux, qu'à continuer à tirer le diable par la queue d'une main en brandissant leurs drapeaux à la Fête nationale de l'autre...
Le PQ : Un parti d'gauche... mon oeil...
Le PQ depuis toujours ayant tout fait pour tenter de revendiquer qu'il est un parti de gauche - ce qui est une pure aberration et un mensonge éhonté. Le Parti québécois étant d'abord et avant tout un parti coalisé de gens de tous azimuts et de toutes mentalités, et qui plus est, constamment dirigé par des gens de droite qui se sont assurés d'être proche du pouvoir et de leurs propres intérêts via des lobbys et des amis des têtes couronnées., avantageant le PQ depuis de nombreuses décénies.
Mais il est désormais complètement impossible d'appeler le PQ un parti de gauche, tout simplement parce que ce PQ n'a jamais eu le minimum de décence en de trente cinq de faire adopter le " stricte minimum" de protection sociale pour ses citoyens, c'est à dire : un pauvre, maigre, calver de baptême de barème plancher à l'aide sociale !
Ce qui revient à dire que, dans notre joyeux filet social, dont nous sommes supposés nous croire si fiers, une personne peut se retrouver sans aucun revenu et complètement à la rue. Tu parles d'un parti d'gauche... Faut pas pousser l'ridicule trop loins tout de même...
Un tel parti ne peut désormais absolument plus, et sur ce seul critère, se prétendre de gauche ou social-démocrate ou ne serait-ce même qu'ami des citoyens. Il a perdu toute crédibilité, et ce, quoi qu'ils tenterons de nous dire et de nous promettre pour tenter de nous berner encore une fois aux prochaines élections générales.
André Boisclair : belle perspective de gauche en vue...
C'est d'ailleurs ce que nous pouvons déjà voir venir avec de gros sabots avec les plus récentes déclarations d'André Boisclair, ce sympathique MBA : « Maudit Baveux classe A » comme dirait Michel Chartrand - Boisclair, qui considérait envoyer les bénéficiaires de l'aide sociale en esclavage aux champs aux travaux forcés, gosser à quatre pattes à terre et ramasser des légumes pour pour pouvoir "mériter" leur chèque. Ceci, lors d'une participation à l'émission du midi de lignes ouvertes à TVA, alors qu'il était ministre de la sécurité du revenu et avec le sympathique François Paradis animateur bien d'accord avec lui, à cette " brillante " émission de lignes ouvertes du midi à TVA. En résumé, ce que nous propose finalement le PQ, c'est de nous faire écoeurer par le capitalisme québécois au lieu du capitalisme canadien.
Voir l'article du Devoir : Boisclair recrute à droite
http://www.ledevoir.com/2006/06/09/111232.html
Lutter pour quel pays ?
La lutte fondamentale pour justifier la construction de notre pays ne devrait-elle pas être partie prenante de la lutte sociale qui est en fait une lutte pour la liberté ? Ces deux notions : question nationale et question sociale n'auraient jamais dues être scindées comme le PQ l'a fait. Car la souveraineté ainsi déconnectée de son combat social ne garantie en rien que qu'elle aura pour conséquence d'améliorer le sort de la population, ni avant, ni après l'indépendance.
Oui, à la construction d'une société où règnent justice, équité, partage et liberté et où tous et toutes sont prioritairement assuréEs d'avoir un revenu suffisant pour vivre, un toit sur la tête et de quoi se nourrir ! Quiconque ne comprend pas et ne défend ces simplissimes notions de survie ne mérite pas de gouverner. C'est pourquoi ce Québec libre dont nous rêvons devrait être d'abord celui de la libération du peuple de la prison de pauvreté, puisqu'être pauvre, c'est comme de ne pas avoir le droit de vivre. C'est donc d'une démarche vers une indépendance solidaire dont le Québec a besoin et pas d'une autre qui ne nous avance à rien.
L'alliance barbare
Tout cela, j'en suis sûr, plusieurs péquistes progressistes jusqu'ici captifs de cette alliance barbare de la gauche et de la droite au sein du PQ vont finir par le comprendre. Ils comprendront que la gauche n'a rien à gagner à se mettre au service de la droite et ce, même au nom de la question nationale ; que ce sont des intérêts irréconciliables et que le temps est venu pour eux d'arrêter de renier leurs valeurs et d'agir selon leur conscience. Car au bout de nos choix politiques, il y de nos frères, de nos soeurs, de nos parents et nos amiEs qui souffrent quotidiennement et attendent que les choses changent. Quand mettrons-nous fin à leur enfer d'insécurité et à leur misère quotidienne ?
Ils comprendront que si importante et si chère à nos coeurs l'indépendance du Québec fût-elle, elle ne mérite pas d'être faite en négligeant les nôtres. Désormais disons « non » à cette promiscuité politique et "non" au PQ et à son nationalisme de droite et réapproprions-nous notre projet de société !
Liberté ou libéralisme : Être libre ou libéral
Le libéralisme et liberté sont deux notions complètement différentes. Le libéralisme est l'accroissement de la liberté des entreprises. C'est la libération du marché commercial, celui-ci consistant principalement à enlever le maximum de contraintes aux riches, aux boss, aux propriétaires et aux entreprises afin que ceux-ci puissent s'enrichir sans limites et avec un minimum de règles de manière à favoriserle plus possible la concentration du capital entre la mains d'une minorité de privilégiés.
La liberté du peuple consiste elle, à libérer les personnes des multiples formes d'oppressions : oppression des riches sur les pauvres, des patrons sur les employés, des propriétaires sur les locataires, des puissants et des plus forts sur les plus faibles, sans oublier l'oppression d'un travail, ou de conditions de travail, qui peuvent être négatives ou même destructrives pour la personne.
La liberté du peuple, bien différente, et surtout beeaucoup plus riche que la simple indépendance politique d'un État, consiste, elle, à offrir à la population des conditions de vie sécuritaires, épanouissantes et saines à tous et toutes sans exception, et ce, quelle que soient leurs contraintes, leurs limitations, en respectant les choix que les personnes ont faits pour mener à bien une vie qu'elle considère vis-à-vis elles même valable, sensée et adapté à leurs choix, à leurs talents et à leurs capacités.
Telle est la liberté du peuple et la liberté de vivre librement. Et telle est aussi la première responsabilité de l'État dont le devoir premier est de représenter et défendre, la liberté, la sécurité, le bien être de sa population et non ceux des commerces et des entreprises et des mieux nantis de notre société.
Pour un Québec terre de liberté !
Avec cette nouvelle gauche souverainiste qui entre en scène, l'électorat du Québec ne sera plus confronté à cet éternel dilemme de faire une croix sur ses convictions sociales pour pouvoir en mettre une autre pour Québec indépendant et d'avoir à reporter aux lendemains d'un référendum gagnant ses espoirs et ses ambitions pour la construction d'une une société juste, égalitaire, d'avant-garde et inventive.
Car il ne s'agit pas là seulement de faire l'indépendance, mais de voir de quelle sorte d'indépendance il est question et dans quel genre société nous vivrons entre-temps. C'est pourquoi il nous faut dès maintenant construire chaque jour ce Québec libre dont la liberté acquise sera d'abord celle du peuple.
Christian Montmarquette
UFP-Laporte / www.ufp-laporte.ca.tc
UFP / www.ufp.qc.ca
Québec solidaire : www.quebecsolidaire.net
