Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Les jeux sont-ils faits ?
Mots clés : Vote, Campagne électorale, Jean Charest, Sondage, Élection, Québec (province)
37 % des électeurs songent à ne pas aller voter

Photo: Jacques Nadeau
Si la population apparaît peu préoccupée par la campagne, elle en a toutefois une idée bien arrêtée. L'impression que les jeux sont déjà faits se dégage de ce coup de sonde. Trois Québécois sur quatre concèdent déjà la victoire aux libéraux. Seulement 14 % des répondants croient que le Parti québécois formera le gouvernement et 4 % prédisent que l'ADQ va gagner.
Si des élections avaient eu lieu en début de semaine, le Parti libéral du Québec aurait célébré la victoire. Le PLQ maintient son avance avec 44 % des intentions de vote, après répartition des indécis, contre 33 % pour le Parti québécois. L'ADQ se classe loin derrière avec 15 % d'appuis. Québec solidaire et le Parti vert demeurent dans la marge en récoltant chacun seulement 4 % des voix.
Libéraux et péquistes se font une lutte beaucoup plus serrée auprès de l'électorat francophone. Le PQ conserve une légère avance de deux points de pourcentage (39 % contre 37 %) sur le PLQ. Cet écart se situe toutefois dans la marge d'erreur du sondage (3,4 %, 19 fois sur 20).
Selon le sondeur Christian Bourque de chez Léger Marketing, l'équipe de Jean Charest ne peut toutefois pas sabler le champagne tout de suite. «Avoir onze points d'avance peut sembler insurmontable, mais, compte tenu du vote francophone, ce n'est pas un résultat si éclatant pour le PLQ», analyse-t-il en regard du manque d'intérêt flagrant de la population.
D'ailleurs, 37 % des électeurs pourraient choisir de ne pas se rendre aux urnes. Cette proportion atteint même 52 % chez les électeurs adéquistes. Dans l'ensemble, seulement 48 % des Québécois ayant le droit de vote se disent autant enclins à aller voter qu'aux élections de 2007.
Selon M. Bourque, il s'agit d'un terrain glissant pour les partis politiques en général, et les libéraux en particulier. «M. Charest ne doit pas se croiser les bras et croire que la victoire est à portée de main», souligne Christian Bourque.
Chose certaine, cela est de mauvais augure pour le taux de participation. Les partis auront fort à faire pour convaincre les électeurs de se déplacer. Mario Dumont semble déjà avoir flairé le problème puisqu'il a rapidement rappelé l'importance du scrutin pour tous les Québécois, alors que c'est habituellement un discours classique de fin de campagne.
Depuis dix ans, on note une tendance générale à la baisse du taux de participation aux élections générales. En 1998, 78,32 % des Québécois avaient exercé leur droit de vote. En 2003, le taux de participation était descendu à 70,42 %. Quatre ans plus tard, la participation moyenne se situait à 71,23 %.
«Traditionnellement, les libéraux bénéficient d'une prime à l'urne liée entre autres à la non-participation de certains groupes d'électeurs, comme les jeunes. Mais cette prime devrait être moins prononcée compte tenu du clivage beaucoup moins prononcé entre les libéraux et les péquistes», juge M. Bourque.
Reste que le PLQ se rapproche du score obtenu lors de son entrée au pouvoir en 2003. Les libéraux avaient alors récolté 46 % des suffrages, ce qui leur avait assuré un gouvernement majoritaire. Ils ne seraient plus qu'à trois points de pourcentage de ce résultat.
Mais c'est sans compter sur le fait que quatre électeurs sur dix pourraient changer d'avis d'ici au scrutin du 8 décembre. Le sondage Léger Marketing-Le Devoir a demandé aux électeurs si leur choix était définitif. Ainsi, 39 % des personnes interrogées affirment qu'elles pourraient revoir leur position contre 57 % pour qui rien ne peut ébranler leur choix politique. C'est particulièrement vrai pour les électeurs libéraux, dont le choix est définitif pour 66 % d'entre eux. Chez les péquistes, on retrouve 62 % de partisans dont le choix est arrêté. Les appuis de Mario Dumont semblent plus fragiles: un électeur sur deux dit qu'il pourrait changer d'avis.
Dans ce contexte, le débat des chefs de mardi prochain pourrait prendre une plus grande importance et donner l'impulsion qui semble manquer à la campagne, fait valoir M. Bourque. «Le débat est rarement un moment où les chefs réussissent à convertir les électeurs mais c'est souvent un moment de consolidation. Cette fois, M. Charest, qui a fait le plein des électeurs qui avaient opté pour l'ADQ en 2007, ne doit pas les laisser échapper alors que M. Dumont doit chercher à les ramener au bercail», a-t-il indiqué.
Jean Charest a clairement une longueur d'avance sur ses adversaires. Sa cote de popularité est meilleure (43 %) que celle de Pauline Marois (27 %) et Mario Dumont (13 %) (voir autre texte en page A 6). D'ailleurs, 64 % des Québécois souhaitent la réélection du chef libéral. De ce nombre, 34 % croient que Jean Charest mérite de diriger un gouvernement majoritaire alors que 30 % préféreraient qu'il soit minoritaire comme depuis 2007. Il s'en trouve 30 % chez les péquistes pour dire que M. Charest mérite d'être réélu à la tête d'un gouvernement minoritaire. Cette proportion augmente à 38 % chez les électeurs adéquistes.
«En somme, les gens veulent un autre gouvernement libéral avec Jean Charest et une opposition officielle dirigée par le PQ de Pauline Marois», résume Christian Bourque.
Vos réactions
Si le peuple savait... - par Michel Thibault
Le vendredi 21 novembre 2008 12:00
L'ADQ dans Chauveau - par Paul Lafrance
Le mercredi 19 novembre 2008 17:00
@ M Bousquet - par Nestor TURCOTTE
Le mercredi 19 novembre 2008 17:00
Pourquoi une élection? - par Paul Lafrance
Le mercredi 19 novembre 2008 17:00
@ M. Jean-Guy Gagné pour Nestor Turcotte - par Gilles Bousquet
Le mercredi 19 novembre 2008 16:00
Le Joker dans Batman - par Gilles Bousquet
Le mercredi 19 novembre 2008 16:00
monsieur Thouin, on est en 2008 - par Dominic Pageau
Le mercredi 19 novembre 2008 15:00
A monsieur Saint-Arnaud - par Nestor TURCOTTE
Le mercredi 19 novembre 2008 15:00
Nestor a quelque chose sur le coeur - par Raymond Saint-Arnaud
Le mercredi 19 novembre 2008 14:00
Au péquiste Jean-Guy Gagné - par Nestor TURCOTTE
Le mercredi 19 novembre 2008 13:00
Du pareil au même... - par Pierre Marcotte
Le mercredi 19 novembre 2008 12:00
À Nestor Turcotte - par Jacques Francis
Le mercredi 19 novembre 2008 12:00
Comme ça fait pitié!!! - par michel rheault
Le mercredi 19 novembre 2008 12:00
Encore la faute des journalistes et journeaux ! - par Normand Thouin
Le mercredi 19 novembre 2008 12:00
merci - par Yvon Roy
Le mercredi 19 novembre 2008 12:00
Nestor le fédéraliste - par Jean-Guy Gagné
Le mercredi 19 novembre 2008 11:00
Bravo MM. Racle et Pageau - par Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Le mercredi 19 novembre 2008 11:00
Le sondage reflète la réalité - par Nestor TURCOTTE
Le mercredi 19 novembre 2008 10:00
@Michel Coron - par Hélène Paulette
Le mercredi 19 novembre 2008 10:00
Comme Charest n'a rien fait - par Claude Stordeur
Le mercredi 19 novembre 2008 10:00
Entièrement d'accord avec Dominique Pageau - par Michèle Bourgon
Le mercredi 19 novembre 2008 10:00
L'argent ... - par Raymond Saint-Arnaud
Le mercredi 19 novembre 2008 10:00
Les "top guns" de la communication - par Rodrigue Guimont
Le mercredi 19 novembre 2008 09:00
Charest est le meilleur... - par Max Roujeon (maxroujeon@videotron.ca)
Le mercredi 19 novembre 2008 09:00
Lecture différente des sondages - par Roger Kemp
Le mercredi 19 novembre 2008 08:00
Voter ou ne pas voter, voilà la réponse. - par Brun Bernard
Le mercredi 19 novembre 2008 07:00
Incongruité d'un résultat de ce sondage. - par Gilles Bousquet
Le mercredi 19 novembre 2008 07:00
Zéro de conduite - par Michel Coron (corom@videotron.ca)
Le mercredi 19 novembre 2008 07:00
Les Québécois ne voulaient pas de nouvelles élections ! - par Bernard Gervais
Le mercredi 19 novembre 2008 03:00
Désintérêt et participation électorale - par Gabriel RACLE
Le mercredi 19 novembre 2008 02:00
La puissance des médias - par Dominic Pageau
Le mercredi 19 novembre 2008 01:00

