Vos réactions

Chère Odile

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Jean-Pierre Audet (jean.pierre.audet@videotron.ca)
Envoyé Le samedi 15 novembre 2008 12:00




J'ose vous appeler Odile, votre merveilleuse écriture vous rendant presque familière. Et je taquine aussi mon ami Serge Charbonneau sur son immense lapsus, si pris le cher homme par l'écrit vinaigré de Madame Bombardier, qu'il vous affuble de son patronyme et doit s'en excuser.

Un autre ami, un Français celui-là, trouve si petit le journal Le Devoir, qu'il me confie ne plus lire que des journaux français ou américains. Je continue cependant à apprécier votre journal pour sa grande diversité. Par exemple aujourd'hui même je peux me réjouir avec Cournoyer de l'optimisme de Lisée à propos du Québec, du pessimisme de Bombardier sur le même sujet, et surtout, oui surtout de vos nuances si rafraîchissantes tant sur la disparition des cinémas chez nous que sur la mémoire du Titanic. Pour aller dans le même sens que vous, j'ai un voisin dans la trentaine qui végète depuis cinq ans parce qu'il s'est attaqué à reproduire en cinéma le naufrage de l'Empress of Ireland. Il a un talent fou de réalisateur, mais n'a obtenu à date aucun subside et doit vivre sur le maigre revenu de sa compagne. Ses acteurs sont tous bénévoles et ses mises en scène du drame sont d'une grande ingéniosité. Le Titanic a quand même eu une grande chance, façon de parler, d'avoir été traité au cinéma par Cameron. Son quasi jumeau dans le temps n'a eu droit qu'à un documentaire plutôt fastidieux. Je crains que l'anniversaire de 2012 pour le Titanic n'éclipse celui de 2014 pour l'Empress of Ireland, comme la tragédie de 1912 a fait de l'ombre à celle de 1914 survenue chez nous, tout près de Rimouski, et qui coïncidait avec la déclaration de la Première guerre mondiale.

Si certaines grandes tragédies historiques passent pratiquement inaperçues, on peut donc imaginer combien de millions de tragédies individuelles, aussi bien que de merveilles de courage, ont pu sombrer dans l'oubli depuis que le monde est monde.

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com