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Un manque de crédibilité

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Gabriel RACLE
Envoyé Le mercredi 12 novembre 2008 09:00



Le parti libéral du Canada n'a pas réussi à s'imposer lors de l'élection du 14 octobre par manque de crédibilité : manque de crédibilité de son chef, manque de crédibilité de son programme, y compris parmi ses membres, manque de crédibilité tenant à ses problèmes passés, manque de crédibilité générale. Un manque de crédibilité assure un désintérêt pour la politique, pour un parti, et un manque de participation électorale.

En tenant un congrès d'investiture à Vancouver, le parti va-t-il retrouver cette crédibilité qui lui fait défaut et susciter à son égard une dynamique d'espoir, comme celle qu'a su créer Barack Obama aux États-Unis? On peut en douter. Ce congrès va coûter très cher, et en cette période de crise financière et économique prolongée, de telles dépenses suscitent plutôt la désapprobation que l'approbation. Aucuba candidat n'est capable de recueillir des millions de dollars à la manière d'Obama, c'est acquis d'avance, du fait d'une base insuffisante et parce qu'aucun ne porte encore l'espoir d'un changement radical et une vision politique dynamique.

Comme le rappelé le député Denis Coderre, le pays traverse une crise économique importante. «On vit dans une bulle où il n'y a pas de place ni pour l'audace ni pour le respect de la base qui n'a pas les moyens des ambitions de la tour d'ivoire... Respectueusement, on a le sentiment que certains de nos dirigeants vivent sur une autre planète.»

En effet. On se demande pourquoi ces dirigeants continuent d'utiliser les mêmes vieilles règles pour choisir un nouveau chef, au lieu d'innover. La technologie offre des ressources qu'ils devraient plutôt utiliser. Il est possible de se faire connaître grâce à Internet, comme on l'a vu aux États-Unis. Il est possible de voter en toute sécurité par Internet. Et une telle façon de procéder réduirait les coûts considérablement tout en assurant une meilleure participation des militants du party.

Tout en assurant aussi une démarche écologique, que les déplacements â avion à Vancouver contredisent. En innovant, en montrant qu'il tient compte de la situation économique en minimisant les dépenses relatives au choix d'un nouveau chef, en respectant une démarche écologique, le parti libéral pourrait se donner une nouvelle image, montrer qu'il a changé, retrouver une crédibilité perdue. Mais les dirigeants qui ont recours aux méthodes anciennes d'organisation d'un congrès coûteux, non écologique et nul comme source de crédibilité pour le parti et son futur chef, ignorent tout de la psychopolitique. Ce n'est que trop évident. Se sont-ils posé la question de la crédibilité de leur organisation?

Avant de choisir Vancouver, ils auraient dû se poser les questions évoquées ci-dessus. Sans aucun doute, ils auraient fait un choix différent. Mais voilà, ils sont restés cantonnés dans leur conception étriquée de la vie de leur parti, en refaisant ce que l'on a toujours fait. Et pourtant, Barack Obama vient tout juste de montrer qu'il y a une autre façon de procéder pour s'assurer une crédibilité politique réussie, et qu'il est possible d'en tenir compte d'une manière économique canadienne. Un peu de psychopolitique leur aurait été utile. Les militants libéraux n'ont pas grand chose de nouveau à attendre, le changement n'est pas à l'horizon du Pacifique.

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