Charest et Marois ignorent Dumont
Mots clés : Dumont, Marois, Charest, Élection, Parti politique, Québec (province)
Le chef libéral et la leader péquiste tracent un portrait sombre l'un de l'autre

Photo: Jacques Nadeau
Repassant le bilan ministériel de Mme Marois, M. Charest est remonté jusqu'à l'époque des gouvernements Lévesque pour rappeler des décisions controversées auxquelles a pris part Mme Marois.
Au même moment, à Montréal, Pauline Marois faisait, elle aussi, un bilan sévère des «fiascos» du gouvernement libéral. L'attaque a été menée devant la structure de béton semi-abandonnée de l'îlot Voyageur, qualifiée «de monument érigé à la gloire de l'incompétence» du gouvernement.
Malgré le froid perçant de ce matin de novembre, Mme Marois n'a pas mâché ses mots pour expliquer ce qu'elle pense de la gestion libérale de plusieurs dossiers. «Gâchis», «amateurisme», «comédie d'erreurs», «négligence inacceptable», «cas pathétique», tout y est passé.
La chef péquiste a critiqué plusieurs projets qui ont causé des ennuis aux libéraux. Concernant l'îlot Voyageur, elle a affirmé que «le gouvernement avait toutes les indications pour agir et empêcher ce fiasco. Mais il est resté les bras croisés et s'est traîné les pieds». Elle estime qu'un «gouvernement responsable aurait freiné un projet de ce type».
Sur le CHUM (voir autre texte), Mme Marois a répété son affection pour le site du 6000 Saint-Denis, qui avait été choisi par le PQ au début des années 2000. Les changements de site, d'ampleur du projet et toutes les tractations et hésitations politiques autour «démontrent l'incompétence des libéraux» pour mener de grands projets, juge Pauline Marois.
De passage au Marché Jean-Talon, Mme Marois en a ensuite remis concernant la crise de la listériose. Le gouvernement «avait entre les mains un rapport depuis trois ans, qui disait qu'il fallait faire des tests dans les petites fromageries, a lancé la chef. Mais il ne l'a pas fait. Après, il a paniqué.»
Évoquant ensuite le Suroît, le mont Orford, l'autoroute 30 et les défusions municipales, Pauline Marois en a conclu que «la seule constance qui a marqué les deux mandats [de Jean Charest], c'est une série de fiascos dont la facture sera refilée aux contribuables». Avec lui, «le dossier le plus simple se change en catastrophe», a-t-elle ajouté.
Dumont loin derrière
Et Mario Dumont là-dedans? Pas un mot. En réponse à une question sur cette décision de n'évoquer l'ADQ dans aucun discours -- alors que la caravane péquiste a fait campagne dans plusieurs circonscriptions actuellement détenues par les adéquistes --, Mme Marois a indiqué qu'elle veut «remplacer le parti au gouvernement», et pas celui de l'opposition officielle.
Il y a aussi que M. Dumont et l'ADQ ne semblent pas être en très bonne posture une semaine après le déclenchement des élections. Un sondage Léger Marketing publié hier dans Le Journal de Montréal indiquait que l'ADQ récolte aujourd'hui 14 % des intentions de vote. En 2007, l'ADQ avait recueilli 30,8 % des voix, et 18 % en 2003.
Selon ce même sondage, le Parti libéral tient toujours la tête avec 41 % des intentions, contre 35 % pour le PQ. Le parti de Mme Marois pourra toutefois se réjouir en observant les intentions de vote chez les francophones (le vote anglophone est plus concentré), où il obtient la faveur de 39 % des électeurs, contre 34 % pour le PLQ.
Si ces prédictions s'avèrent, la firme HKDP calcule que les libéraux obtiendraient 65 sièges, contre 58 pour le PQ et seulement 2 pour M. Dumont et son «équipe».
Jean Charest est considéré par 40 % des répondants comme le meilleur premier ministre, alors que 30 % estiment qu'il s'agit de Pauline Marois, et 11 % de Mario Dumont. Le taux de satisfaction du gouvernement est passé de 62 % à 55 % en un mois, et 30 % des sondés ont indiqué que le déclenchement hâtif des élections influerait négativement sur leur vote.
Ni M. Charest ni Pauline Marois n'ont voulu commenter le sondage, hier. Mais Mme Marois a admis avoir eu «une fin de semaine un peu difficile», ce qui ne l'a pas nécessairement désavantagée, croit-elle. «On mesure parfois les gens dans l'adversité», a-t-elle dit.
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Avec La Presse canadienne
Vos réactions
C'est plus drôle que jamais. - par jack roy
Le mercredi 12 novembre 2008 16:00
L'ADQ n'a pas de bilan à défendre - par Lorraine Dubé
Le mercredi 12 novembre 2008 13:00
Donc l'ADQ serait une solution aux vieux partis - par Stéphan Gauvin
Le mercredi 12 novembre 2008 10:00
Désolation. - par Brun Bernard
Le mercredi 12 novembre 2008 09:00
L'ADQ va devoir ramer fort pour ne pas disparaître - par Gilles Bousquet
Le mercredi 12 novembre 2008 08:00
Donc l'ADQ serait une solution aux vieux partis - par Stéphan Gauvin
Le mercredi 12 novembre 2008 07:00
L'ignorance - par Eric Shannon
Le mercredi 12 novembre 2008 03:00
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