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A-t-on ce que l'on mérite ?
Jean Charest est probablement le meilleur des trois chefs si l'on ne fait que regarder les capacités à mener une campagne et à bien paraître. Toutefois, ses idées et son parti reflètent bien la stagnation des idées qui accable le Québec depuis la moitié des années 1990. De la centre-droite remâchée sans véritable considération pour la démocratie (révision du mode de scrutin ? carte électorale), les droits des travailleurs ou l'environnement (pourquoi tant de béton pour relancer l'économie ? comment allons-nous développer le Nord ?). Ce parti est le plus constant; same old, same old.
Mario Dumont désespère. Il recycle ses vieilles idées, croyant pouvoir y trouver une deuxième vie. Alors que les preuves contre la droite économique s'accumulent à mesure que les bourses s'affaissent et que les emplois disparaissent, Mario Dumont garde le cap sur un idéal ultralibéral qui n'a que faire de la réalité humaine. «Laissez les pauvres mourir», disait Hayek. De plus, à agiter la carte identitaire et à voir partout des complots sans toutefois donner de preuves, Dumont prend des airs de paranoïaque.
Pauline Marois, quant à elle, se trouve à la tête d'un parti qui est en soi une impossibilité politique, mais cela n'excuse pas le manque de profondeur de son programme et le peu d'accent mis sur des mesures de réel changement. Quand on veut prendre le pouvoir, il faut se démarquer autrement que par ses bourdes.
En somme, lorsque l'on regarde les trois partis, on arrive au constat qu'ils se ressemblent tous. Dans ce cas, pourquoi ne pas réélire Charest ?
Si la population vote pour ces partis, c'est qu'elle cautionne l'immobilisme. Voter pour les Verts et Québec Solidaire est aussi une option, ne serait-ce que pour envoyer un message d'insatisfaction aux trois gros.
Excellent article, M David.
Charest sera probablement élu par défaut.
