Triple attentat à Bagdad
Mots clés : attentats, Forces armées, Violence, Irak (pays)
Les insurgés sont toujours en mesure de frapper des objectifs tant civils que militaires
Bagdad -- Deux voitures piégées ont explosé hier en plein centre de Bagdad avant qu'un kamikaze n'actionne ses explosifs parmi les policiers et civils venus porter secours aux blessés. Ce triple attentat, qui a fait 28 morts et 68 blessés, est l'un des plus meurtriers depuis plusieurs mois en Irak.Le triple attentat de Bagdad s'est produit dans le quartier de Kasra, sur la rive orientale du Tigre, dans un secteur animé qui compte nombre de salons de thé et de restaurants. Les bombes ont explosé non loin d'un institut artistique. Des étudiants, dont beaucoup prenaient leur petit-déjeuner au moment de l'attentat, sont au nombre des victimes, de même que des soldats et policiers irakiens accourus sur les lieux.
Djassim Mohamed, un passant, a dit avoir vu exploser l'une des voitures devant un restaurant.
«Des gens se rassemblaient pour le petit-déjeuner ou faire des courses dans le voisinage. Un minibus qui passait là a aussi été touché et quatre ou cinq passagers ont été tués», a-t-il dit. «Pourquoi ont-ils fait ça? Il n'y a pas d'unité militaire ici, pas de caserne. Il n'y a rien ici.»
Le niveau des violences en Irak a considérablement baissé au cours des 12 derniers mois et les insurgés ne contrôlent plus des quartiers entiers de villes ou villages comme auparavant. Ils
restent néanmoins en mesure de frapper jour après jour des objectifs aussi bien civils que militaires.
L'attentat de Bakouba souligne quant à lui le recours de plus en plus fréquent à des femmes kamikazes, souvent des adolescentes, pour commettre des attentats, car elles déjouent plus facilement les contrôles de sécurité. Beaucoup de ces femmes ont perdu des hommes dans leur famille et sont considérées comme particulièrement vulnérables pour des missions suicides.
L'ONU a condamné le double attentat, dénonçant «des crimes répugnants visant à restaurer la peur, la méfiance et la division dans la population alors que l'Irak se prépare [...] aux élections provinciales», selon le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Irak, Staffan de Mistura.

