Je sais qu'on considère Kant (je préfère Comenius et surtout Patocka) comme celui qui aurait « imaginé » l'ONU ou l'ex-SDN mais on constate aussi que l'homme n'a rien appris de l'homme après 2 guerres et autant d'exactions dans les colonies de par le monde. On sait aussi au vu des créations du Dadaïsme et du surréalisme, que les personnes ouvertes au monde, les hommes-monde, ont eu maille à partir avec les mouvements régressifs comme les nationalistes encore très vivants au début du 20ième siècle et, hélas, encore jusqu'à nos jours (voyez la querelle en Espagne à propos de la tombe de Lorca et voyez aussi les travaux de Benjamin et ou Kracauer mais aussi le fabuleux Kafka qui en parlait et en reparlait sans discontinuer, il fut un de plus grand visionnaire à ce sujet). On pourrait même dire, mais là il faut tirer les cheveux référentiels, que Diogène le Cynique (voir la thèse de Peter Sloterdijk, Citique de la raison cynique), ne pensait à son « monde » qu'en fonction de celui dans lequel il évoluait, la Grèce antique. Même s'il pensait cosmopolite, il n'a jamais su l'ampleur du désastre des nationalismes à venir et du colonialisme. Je penche plus du côté de Jan Patocka avec sa notion terrible mais juste de « la solidarité des ébranlés », celle « de ceux qui ont subi le choc, de ceux qui sont à même de comprendre ce dont il y va dans la vie et dans la mort, et par conséquent, dans l'histoire. » (Essais Hérétiques). En somme continue Patocka, « La solidarité des ébranlés, c'est la solidarité de ceux qui comprennent. » En général dans l'histoire, ceux-là qui comprennent n'ont jamais été nationalistes mais furent toujours et contre tous, des cosmopolites. Je pense que José Ortega Y Gasset et G Agambem pourraient vous aider à comprendre mon propos dont je ne peux développer la teneur ici. Le combat se situe dans l'acceptation d'un nouveau monde dans un nouvel ordre constitué des peuples de la terre dans une solidarité internationale qui est en train de se créer grâce à Internet entre autres, voyez les propos de Pierre Assouline mais aussi par ce refus des frontières réelles et abstraites que l'homme a construites par peur de l'autre. Pourtant, à ce sujet E. Levinas a soulevé la question qui va retourner dans un silence abyssal depuis sa mort. Qu'importe, la victoire historique aux USA avec Obama est la porte ouverte à tous les possibles dont nous parlait Musil et la revanche de l'Ouvert contre la fermeture, i.e. du métissage contre la race dite « pure » est en train de gagner. Peut-être sommes-nous à la fin de la seconde guerre mondiale qui n'est pas encore terminée mais avec la crise économique, il va bien falloir en finir avec cette page du siècle passée. Évidemment, je saupoudre de repères mon intervention car je ne crois pas que l'espace ici me permettrait de faire mieux mais vous aurez une connaissance plus précise des tenants et aboutissants de mes petites interventions. Arendt oui, Jünger aussi, Maurras jamais.
ait : « Je suis citoyen du monde ! » Ce faisant, il s'avouait cosmopolite. Au sens premier et courant, le cosmopolitisme s'oppose au nationalisme (ou aspire à le compléter) et nous invite à opérer une rupture avec le cadre étroit de notre communauté politique singulière, avec nos enracinements nationaux ou ethniques pour embrasser une appartenance plus large, typiquement à l'espèce humaine.