M. Brun... Sauf votre respect, expliquez-nous, voulez-vous bien, la genèse des entités supranationales, des grandes Fédérations et Confédérations, expliquez-nous la Société des... Nations (celle de l'opuscule cosmopolitiste du grand Emmanuel Kant, voire celle de Wodrow Wilson, 1919), expliquez-nous la genèse de l'Organisation des Nations Unies si vous préférez, à votre guise, expliquez-nous si et comment, vraiment, la modernité de ce monde ne consisterait essentiellement qu'en la juxtaposition libre d'individus atomisés, en être comme en vouloir, en pouvoir comme en avoir, en faire comme en croire.... Mais je vais vous épargnez du temps et des maux de tête M. Brun : songez à ce mirage, cette utopie et cette uchronie comme pas une, cette fiction d'un État-monde dépourvu de tout échellon organisationnel intermédiaire.... Expliquez-nous savamment M. Brun, en quoi l'individualité si moderne fonderait une telle préférence, un tel choix, une telle virtualité, le saut, surtout, d'une telle association, une telle articulation aérienne, l'élévation d'un tel investissement qu'un « kosmos » de « polis » ? Mais au fait, n'est-ce pas déjà une contradiction dans les termes : l'ORDRE de « polis », Cités, de « koinonia », communautés, qu'elles soient ou non « ethnos », ethnies, « nacion », communautés de naissance, ou générées du « pater », la patrie, bref, l'Ordre de ces choses est déjà l'Ordre de quelque chose de plus que des individus distincts, non ? Il faut déjà quelque indistinctions, agrégations, non ? Sauf votre respect M. Brun, j'attend d'être ébloui car il n'y a rien de nécessaire à la corrélation des trois variables que sous-tend votre postulat, je n'ose dire votre doctrine : modernité, individualité et cosmopolitisme ne sont liés par aucune nécessité démonstrative dans votre présentation et, pour tout vous dire, je peine à le comprendre ! La modernité n'est pas le synonyme des deux autres, tandis que l'explication serait courte et pauvre de sauter des individus soudainement libres (de quoi !?) vers des entités supra-politiques.... Élaborez, élaborez : croire n'est pas démontrer !