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Le contexte et la volonté de puissance

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Patrice-Hans Perrier
Envoyé Le samedi 08 novembre 2008 20:00



Sans vouloir refaire les jalons de l'histoire à reculons, il est nécessaire d'éclairer nos lanternes avant de finir par nous couvrir de ridicule.

Plusieurs lecteurs de ce quotidien confondent les genres. D'entrée de jeu, le Parti Québécois n'a jamais été un parti indépendantiste. En écartant Pierre Bourgeault du pouvoir et en sabordant le RIN, René Lévesque esquissait une comedia del arte qui allait être baptisée «souveraineté-association». Mais, «je me souviens» n'est certes pas notre véritable devise, si l'on se fie au marasme qui règne au coeur de la «Belle Province».

Hormis Jacques Parizeau, tous les dirigeants du PQ, du père des «lucides» en passant par le grand admirateur de Napoléon, n'ont JAMAIS aspiré à réaliser l'indépendance, sous quelque forme que ce soit.

De fait, le PQ permet de créer un mouvement pendulaire en alternant avec les libéraux d'en face, à l'instar du binôme américain. Et, qui plus est, depuis l'impasse causée par le rapatriement unilatéral de la constitution - en 1982 - la province de Québec n'est plus un interlocuteur viable pour le gouvernement fédéral. C'est ce qui fait dire à certains constitutionnalistes et juristes que nous serions parfaitement en droit de nous séparer... le mot est juste : SÉPARER.

Madame Marois serait, sans l'ombre d'un doute, une excellente dirigeante pour faire cheminer le Québec pendant la période de transition d'un gouvernement minoritaire, dans un contexte de crise économique généralisée. Elle possède l'expérience, les compétences et le caractère qui sont nécessaires afin de porter ce chapeau. D'ailleurs, elle pourrait mettre au pas les Mario Dumont de ce monde qui ambitionnent de privatiser des actifs d'Hydro et, pourquoi pas, de la Caisse de dépot ... probablement en rêvant de faire comme l'honorable Couillard en fin de mandat politique. On saute dans le train des PPP ainsi mis sur pied par le dépeçage des actifs de la nation. Mais une autre histoire ...

Au-delà d'un rôle de gérante de crise, je ne vois pas en quoi Madame Marois ferait avancer la cause de l'indépendance du Québec. Et il serait peut-être utile de déterminer quelle est cette fameuse cause en bout de ligne...

La cause de l'indépendance concerne tous les Québécois qui se préoccupent de la survie de leur identité, de leur langue, de la protection de leur environnement et de leur liberté de mouvement en définitive. Comme le disait si bien S. Logique, Montréal pourrait fort bien accueillir le nouveau siège de l'ONU. Future Genève des Amériques ?.. pourquoi pas. Notre PIB est plus élevé que celui de la Suisse, notre culture et notre poids diplomatique certainement plus «visibles» et notre position géostratégique fait en sorte que nous serions appelés à devenir un interface de premier plan entre les Amériques, l'Europe, mais aussi les pays de l'hémisphère NORD.

Alors que les Russes se positionnent autour du Pôle Nord, que les nations autochtones prennent conscience de leurs richesses territoriales et que les pays scandinaves cherchent des interlocuteurs, le Québec est en très bonne position pour devenir un pivot continental et une plateforme diplomatique pour les Nord-Américains.

Le Québec détient des ressources auifères incroyables, n'est pas dépendant du binôme automobile-pétrole, est appelé à devenir un fournisseur d'énergies «douces» de premier plan et dispose d'une économie locale relativement diversifiée.

En fait, un Québec indépendant ferait éclater la triade TORONTO - NEW YORK - LONDRES. On assisterait, chose nouvelle, à une structure multipolaire qui s'étenderait de Montréal, en passant par New York, jusqu'à Paris (le monde méditerranéen), Berlin (Mittel Europa) et .. Moscou. Mais, les ventriloques diront certainement que je fabule ...

En fait, l'indépendance ne se fera pas CONTRE nos voisins anglosaxons, elle sera le produit d'une OFFRE D'AFFAIRE que nos élites mettront de l'avant. Dans un contexte, où les petites structures polyvalentes sont appelées à prospérer et à se développer en bout de ligne.

En attendant, Pauline et ses amis peuvent bien gouverner, les diablotins du SPQ s'agiter et les membres du conseil d'administration de «Québec.Inc» nous mettre en garde.

Contrairement aux affirmations de certains conseillers de M. Charest, la stabilité du Québec ne passe pas par une posture stagnante... loin de là. C'est en jettant les bases d'une plateforme multi-partis pour l'indépendance que nous ferons avancer la cause du Québec et de ses citoyens.





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