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Le thème de la crise économique financière, occultation des thèmes identitaires....

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Alexandre Dionne (alex_dionne@hotmail.com)
Envoyé Le samedi 08 novembre 2008 16:00



Convenons de l'à propos, de l'opportun et du pertinent.

Le parti gouvernemental, le PLQ de Jean Charest, a souhaité rompre son mandat sous la condition minoritaire et a nié les possibilités du concert parlementaire, après les avoir durant toute une année accréditées, sur la prémisse que (1) rien ne va plus au Parlement et que (2) l'impératif d'une direction non encombrée des Oppositions en ce temps de crise de l'économie dans sa dimension financière (et possiblement, réelle) le commandaient.

Notons d'abord que les doutes de la population et des partis qui représentent la majorité d'entre elle sont plus que sérieux tant sur l'énoncé libéral d'un dysfonctionnement parlementaire perturbateur à Québec que sur l'énoncé de l'urgence économique (l'enjeu est plutôt, OUI d'abord, le retour à la majorité pour le PLQ, même Vincent Marissal, de La Presse, en convenait récemment !). Outre le compte, c'est-à-dire le coût de l'élection, Jean Charest a choisi la rupture plutôt que la collaboration, plutôt que la tentative d'un accord d'État de cessez-le-feu avec les partis des deux Oppositions sur des questions susceptibles de fédérer le bon sens sur l'essentiel à cibler. Pour être rigoureux, Jean Charest a choisi l'élection d'abord, plutôt que l'économie d'abord, et reconnaissons le génie de la formule-clip de Mario Dumont (L'économie prend l'bord !). C'était, plutôt qu'une action concertée en vue de planifier des solutions, opter pour un abandon du gouvernail inquiétant dans la perspective relativement préoccupante et réelle de ces finances en crise.

Non que la question économique ne soit pas prévalente dans le contexte actuel, mentionnons que cela n'avait pas empêché le gouvernement de Jean Charest d'en jeter sur le plan identitaire, d'envoyer des maux de tête aux Conservateurs de Stephen Harper avec une liste d'épicerie quasi-constitutionnelle que n'ont à raion répugné ni le Bloc Québécois de Gilles Duceppe, ni le PQ de Pauline Marois, campagne électorale fédérale pourtant engluée sous le poids et les assauts du spectre de récession économique !

Rappellons-nous : presque résurrection de la « souveraineté culturelle » bourassienne » à travers une série de points de part et d'autre de la démarche de modification constitutionnel. Le très docile ministre intergouvernemental Benoit Pelletier prenait presque de la grandeur avec ce re-positionnement identitaire et ce renouveau fédéraliste d'un PLQ accablé et tentant quelque chose contre la monopolisation du vote franco-québécois par les PQ et l'ADQ !

Bref, comme disait Michel David : rien n'empêche de manger de la gomme en marchant....

À présent que les deux partis d'Opposition, de concert avec les formations parlementaires plus marginales (Parti vert, Québec solidaire, Parti indépendantiste...), ont su reconnaître, et à raison, la part relative d'attrape du thème exclusif, le moins inquiétant au PLQ, celui des finances économiques de l'État provincial, du moins le Parti Québécois de Pauline Marois se laissera-t-il occulter des thèmes si, moins urgents, néanmoins susceptibles de le démarquer.

Sur le référendum dans un premier mandat, la question est réglée. Sur la version radicale des gestes de souveraineté, par un plébiscite parlementaire (déclarer la souveraineté par la seule victoire parlementaire), le cas de la mise à l'écart de la candidature de Jean-Claude Saint-André règle la question. À l'autre bout du spectre, les problèmes avec la réouverture potentielle de la Constitution pour un Nouveau-Canada condamnent à l'avance, sauf pour le geste politique de démonstration, que ce soit les exigences versatiles mais fortes de l'autonomisme de l'ADQ toujours inspiré du Rapport Allaire, que ce soit les propositions déjà soumises à l'attentio d'un Jean-François Lisée, d'un Michel Seymour, d'un Claude Morin, etc. : les demandes de souveraineté à la pièce, d'un stock de pouvoirs essentiels et en équilibre tant avec les revendications existentielles de la nation culturelle québécoise, qu'en conformité avec une Union fédérale proprement instituée, sont sous l'impasse du verrou de la formule d'amendement de 1982, celui-là même qui a fait avorter Meech et rendu Charlottetown (heureusement) impraticable.

C'est dans cette situation de fond de l'inopportunité (conditions gagnantes) du projet souverainiste et de la quasi-impossibilité pratique du réformisme constitutionnel depuis 1982-90-92, dans le contexte d'une reconnaissance vide de la « nation québécoise au sein du Canada-Uni », puis dans la résurgence populaire des thèmes identitaires au moment de la crise des accomodements raisonnables, que l'ADQ et le PQ, bien qu'ils n'aient pu se mettre d'accord, ont déployé chacun-e à leur manière un projet d'employer le possible : s'occuper du champ de la souveraineté québécoise en proposant de constituer une citoyenneté québécoise et une bonification, pour ne pas dire une restauration de la Loi 101 notamment, n'oublions pas une Charte de la laïcité. Bref, des mesures dans l'ordre du possible, susceptibles de rallier une majorité de citoyens dans la Province encore canadienne de Québec et d'offrir un meilleur contrôle du transfert linguistique quantitatif chez l'immigration et dans la population en général. Certes, cela exclut la question de l'uniformisation linguistique dans le milieu des institutions fédérales et sous juridicton fédérale.

Si Jean Charest a mis fin à un mandat de gouverner sous une impulsion fallacieuce et dans un objectif préoccupant mais en bonne partie voué à l'occultation de questions qui n'intéressent pas le savant PLQ.... car, n'est-ce pas, la nation québécoise est si peu culturelle, si peu constitutionnelle, si peu une communauté spécifique d'histoire dans les versions de l'histoire des triumvirs Charest-Pelletier-Fournier (Conseil de l'Éducation libéral).... il serait juste que Pauline Marois trouve le ton et l'angle inattaquable sur cette question d'établir une Constitution québécoise.

En-deça des multiples gestes de rupture et de confrontation (fiscaux notamment) des Laplante et autres partisans indépendantistes de l'élection référendaire (en remplacement du référendum), un tel établissement serait, d'après le réputé constitutionnaliste Henri Brun, certainemen possible, dans l'horizon potentiel de la juridiction provinciale telle que l'a instituée la Loi rapatriée de l'AANB et telle que ne l'a pas dégradée la jurisprudence constitutionnelle.

À moins que la Charte individualiste et multiculturelle de Trudeau, incluse en 1982, en obstrue le fonctionnement devant la Cour suprême, cela en dépit d'une motion parlementaire de reconnaissance fédérale de la nation québécoise (qui n'a pas de valeur constitutionnelle) ?

Si, comme l'a déjà sagement énoncé le chroniqueur Michel C. Auger, la victoire de moins de 1% des fédéralistes de 1995(qui plus est déloyale pour les souverainistes) était tout sauf un chèque en blanc pour eux d'ignorer les revendications nationalistes et fédéralistes, bref les demandes traditionnelles des représentants de la « société distincte » (de Lesage aux Bourassa et à Ryan), de fait, l'État fédéral, s'appuyant sur l'Opinion canadienne, n'a rien offert et n'a rien d'inspirant à offrir, de Chrétien-Martin à Harper, pour « un pays à refaire » (Kenneth McRoberts). Que le fruit d'un Nouveau-Canada ne soit pas mûr, nul n'en doute sauf les sorciers de l'adéquisme inermitent, versatile et opportuniste. Voire qu'il ne le soit que trop peu trop tard, nul n'en doute sauf les indifférents et les dociles citoyens canadiens du PLQ. Mais tout cela ne devrait pas être une excuse pour ignorer ce que l'on peut politiquement. Pauline Marois n'a pas à s'excuser d'être pour un Québec français (et laïc) et, bien que le thème politiquement opportun soit sans en douter l'État devant l'enjeu d'une économie financière (et réelle) en crise, elle doit, avec les mesures préventives sur l'économie, cibler le pouvoir avec un projet de citoyenneté québécoise. Ce ne sera pas la plénitude financière et politique de l'État d'un Québec souverain mais d'ici le ralliement d'une majorité à la Cause, c'est la seule alternative consensuelle et possible.

Pas une sortie de secours ou par la porte principale mais la dernière occupation nationale de la Province !

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