Élections québécoises - À contretemps
Mots clés : Jean Charest, Parti politique, Élection, Québec (province)
Le Québec est à nouveau en élections. Jean Charest reprend à son compte le pari du premier ministre Stephen Harper de pouvoir, à la faveur d'une conjoncture politique apparemment favorable, obtenir un mandat majoritaire. Aura-t-il plus de succès que son homologue fédéral en a eu le 14 octobre?
L'argument invoqué par le chef libéral s'inverse. S'il faut «affronter la tempête», selon les propres mots de M. Charest, la priorité ne devrait-elle pas être de se consacrer dès maintenant à soutenir l'économie plutôt que de se lancer sur le sentier électoral? Pendant 33 jours, il y fera une série de promesses qui ne seront mises en oeuvre que quelques mois plus tard. Peut-être trop tard! Il y a là une contradiction que les partis d'opposition, à raison, rappelleront à l'infini au cours de la campagne.
Cette campagne électorale est à contretemps. Le statut minoritaire du gouvernement libéral ne l'a pas empêché de gouverner ces 18 derniers mois et il pouvait compter sur l'appui tant du Parti québécois que de l'Action démocratique pour poursuivre la cohabitation encore plusieurs mois. Par contre, vouloir pour cette raison punir le Parti libéral, comme nous invite à le faire le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, serait pousser plus loin que nécessaire le cynisme. Jean Charest a certes déclenché ces élections avant tout par opportunisme électoral, pour profiter de la faiblesse de l'opposition au moment où les sondages le favorisent. Mais il y a des élections et l'essence même du processus électoral est de choisir l'équipe qui paraît la plus apte à faire progresser le Québec ces quatre prochaines années. C'est le choix que nous devrons assumer le 8 décembre.
Le premier ministre Jean Charest ayant pris l'initiative de ces élections, il aura le fardeau de la preuve. Nous aurons à examiner le bilan de son action comme chef du gouvernement ces cinq dernières années et à évaluer sa capacité à assurer la stabilité économique qu'il promet. On ne saurait se contenter à cet égard du slogan mobilisateur que veut être le OUI en complément de «l'économie d'abord». Il y a là un rappel subliminal du «YES we can» de Barack Obama. Récupération, plutôt que rappel, puisque ce que propose le Parti libéral est la continuité et non le changement.
Peu importe la couleur du prochain gouvernement, la capacité financière de l'État interdira d'entreprendre de nouvelles réformes et de grands projets ces prochaines années. Que les partis mesurent leurs promesses! La tempête économique que voit venir M. Charest aura un effet direct sur les finances publiques, dont on mesure mal s'il conduira à un retour aux déficits budgétaires. À cet égard, le gouvernement libéral a manqué de transparence en ne déposant pas à l'Assemblée nationale ses états financiers vérifiés, de telle sorte que l'on est tenu de se fier aux interprétations de ministres en campagne qui cherchent à rosir la situation.
Le débat sur l'état de l'économie et des finances publiques aurait pu se tenir à l'Assemblée nationale. Le premier ministre Charest a voulu y faire participer les Québécois. La moindre des choses serait qu'ils disposent de toute l'information pour évaluer la situation. En ne jouant pas à livres ouverts, il alimentera le cynisme des électeurs, dont une majorité trouve déjà que ces élections sont inutiles. Si, comme Stephen Harper, il devait perdre son pari, il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même.
Vos réactions
La Marguerite, elle aurait pas pu se fermer le «clapète»? - par Max Roujeon (maxroujeon@videotron.ca)
Le jeudi 06 novembre 2008 15:00
Pour la déchéance parlementaire du PLQ, OUI ! - « Yes We can » ! - par Alexandre Dionne
Le jeudi 06 novembre 2008 12:00
Économie VS Économisme - par Renaud Blais
Le jeudi 06 novembre 2008 12:00
Le bilan est mince - par Guy Fafard
Le jeudi 06 novembre 2008 12:00
Jeter l'argent des contribuables par les fenêtres ! - par Bernard Gervais
Le jeudi 06 novembre 2008 12:00
NON, merci! - par Raymond Saint-Arnaud
Le jeudi 06 novembre 2008 12:00
L'arroseur arrosé - par Pierre-Yves Pau
Le jeudi 06 novembre 2008 11:00
Tenir le gouvernail ... - par Jean Desjardins (jean-desjardins@videotron.ca)
Le jeudi 06 novembre 2008 11:00
il ne faut pas trop chercher la vérité... - par marcel vinet (marcel.vinet@sympatico.ca)
Le jeudi 06 novembre 2008 11:00
Faisons l'histoire: Madame Pauline Marois, premier ministre! - par Réjean Grenier
Le jeudi 06 novembre 2008 11:00
Power Corporation - par Jacques Lafond (lafond.overtime@gmail.com)
Le jeudi 06 novembre 2008 10:00
Le vote stratégique - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le jeudi 06 novembre 2008 10:00
Dépenses électorales - par Jacques Lafond (lafond.overtime@gmail.com)
Le jeudi 06 novembre 2008 10:00
Incroyable - par Jacques Lafond (lafond.overtime@gmail.com)
Le jeudi 06 novembre 2008 10:00
Mais écoutez donc les conseils de Marguerite Blais!!! - par Steve Fortin
Le jeudi 06 novembre 2008 09:00
Voici 26 de centaines de raisons pour ne pas réélire les libéraux ! - par Pierre Véronneau (pierre.veronneau@videotron.ca)
Le jeudi 06 novembre 2008 09:00
Faudrait pas prendre les gens pour des imbéciles - par Fernand Foisy
Le jeudi 06 novembre 2008 09:00
La grosse blague - par Pierre-R. Desrosiers (desro@cgocable.ca)
Le jeudi 06 novembre 2008 08:00
Embition personnelle - par France Simard
Le jeudi 06 novembre 2008 08:00
Oui=minoritaire - par François Vincent (vin100mf@globetrotter.net)
Le jeudi 06 novembre 2008 06:00
80 millions de nos fonds pour devenir autocrate ? - par Gilles Bousquet
Le jeudi 06 novembre 2008 03:00
Favorable pour qui M. Charest? - par Michelle Bergeron
Le jeudi 06 novembre 2008 00:00

