Une difficile transition attend le nouveau président
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Mais le pouvoir reste aux mains de Bush et, si la tradition démocratique veut que le président sortant consulte son successeur, il n'y aura pas de double pilotage. C'est Bush qui assistera à la conférence internationale sur la refonte du système financier international. «Nous n'allons avoir qu'un seul président à la fois jusqu'au 20 janvier quand le nouveau président prêtera serment», a expliqué la semaine dernière Obama. «Vous le savez, il y a une période de transition, et je ne veux pas aller trop vite.»
Collaborateurs
Dans les prochains jours, le président élu tiendra une grande conférence de presse pour annoncer ses premières nominations et décisions. Dans le système américain du spoil system, 4000 postes de hauts fonctionnaires changent à chaque mandat, dont 1000 nécessitent une confirmation au Sénat. De fait, déjà, les équipes des deux candidats ont commencé à choisir leurs collaborateurs les plus proches.
Désirant se placer, tous les anciens ministres démocrates de Clinton notamment, experts et professeurs ont déjà inondé de curriculum vitæ et de notes l'équipe rapprochée d'Obama. Washington est devenu l'épicentre de toutes les rumeurs des papabile possibles. Les centres de recherche de Washington, notamment les démocrates, comme la Brookings Institution, disent tous travailler à la transition. Il y a quelques jours, Bush a officiellement mis sur pied un «conseil coordonnant la transition» pour faciliter le passage du pouvoir. «Il n'y a probablement jamais eu une transition plus critique d'une administration à une autre», a expliqué Dana Perino, la conseillère de presse de Bush. «Notre nation est en guerre, nous sommes face à une crise financière et nous tentons de nous protéger des attaques terroristes.» Chaque agence fédérale prépare un état des lieux et présente le calendrier des décisions à prendre. Les deux candidats ont été aussi régulièrement briefés par les agences de renseignement sur les problèmes les plus chauds, notamment l'Afghanistan et l'Irak.
Obama est en communication régulière avec les responsables de l'économie, notamment Henry Paulson, le secrétaire au Trésor. On lui prête aussi l'intention de conserver Robert Gates, l'actuel secrétaire à la Défense, pour éviter un vide du pouvoir à la tête du Pentagone.
De difficiles dossiers
Le nouveau président aura rapidement des dossiers «chauds» sur son bureau: la santé, l'immigration, l'Irak et la crise économique, pour ne nommer que ceux-là.
Aujourd'hui, 47 millions d'Américains sont sans assurance maladie, qui n'est pas obligatoire aux États-Unis, et la situation va en s'aggravant. La réalité est celle d'un pays qui dépense des fortunes pour sa santé où il faut être très riche ou très pauvre pour se faire soigner. L'assurance santé, privée et très coûteuse, est liée à l'entreprise où l'on est employé. Beaucoup de firmes, notamment les plus petites, ne proposent pas de plan de santé, tandis que les plus grosses peinent à assurer la couverture de leurs employés. Quant aux très pauvres et aux vieux, même sans ressources, ils bénéficient de programmes comme Medicaid et Medicare très coûteux pour l'État.
L'immigration
Rarement les militants en faveur d'une réforme globale du système d'immigration aux États-Unis auront tant espéré d'une élection. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la politique s'est durcie malgré les tentatives de Bush de légaliser les clandestins en masse. Les immigrés clandestins doivent être renvoyés automatiquement dans leur pays. Le gouvernement a fait de la sécurité aux frontières l'une de ses priorités au nom de la lutte contre le terrorisme. Il a notamment renforcé la répression des clandestins à la frontière avec le Mexique.
Mais les clandestins continuent néanmoins à tenter leur chance vers les États-Unis. Ils représentent environ 20 millions de personnes et soutiennent une économie parallèle dans de nombreux États américains.
Irak, le point de départ
L'Irak reste la question de politique étrangère clé de l'agenda du président. Le problème du maintien des troupes conditionne l'ensemble des problèmes dans la région, de la Turquie au Pakistan en passant par Israël et la Palestine, «l'arc de crise». Le gouvernement irakien lui-même, bien que mis en place par les États-Unis, souhaite un départ rapide des «occupants». Il reste qu'un retrait immédiat paraît impossible et risque dans un premier temps d'aggraver une situation précaire. Les forces américaines ne peuvent pas quitter le pays en laissant les tribus et les communautés s'affronter en une guerre civile.
Le président ne peut pas non plus, dans ses premiers mois, accepter un retrait qui apparaîtrait comme une victoire de l'Iran. Beaucoup dépendra de la situation sur le terrain.
La crise
La crise économique a dominé la campagne, et c'est sur sa résolution que le président élu sera jugé. Tous ses efforts devront concourir à relancer une économie américaine au seuil d'une grave récession annoncée pour 2009. Les Américains vont devoir modérer leur appétit pour le crédit, qui de toute façon se raréfie. La crise de l'immobilier, qui a été le déclencheur de cette spirale infernale, affecte des millions de propriétaires en passe de perdre leur maison, ou qui l'ont déjà perdue. Le plan de sauvetage récemment voté par le Congrès est considéré comme une solution tant par l'administration Bush que par John McCain et Barack Obama.

