Bouffée d'air pour l'économie sociale
Mots clés : Aide financière, Plan d'action gouvernemental pour l'entrepreneuriat collectif, Économie sociale, Économie, Ministère, Québec (province)
Annonce précipitée d'une aide très attendue

Photo: Pedro Ruiz
«On ne devrait pas pénaliser les gens d'économie sociale parce que, à ce moment-là, on attendrait jusqu'à la fin décembre si jamais il y a des élections. C'était le calendrier qui était prévu», a assuré le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand.
La vice-première ministre et ministre des Affaires municipales et des Régions, Nathalie Normandeau, s'est aussi bien défendue de distribuer des «bonbons préélectoraux». «Il y a plusieurs partenaires qui étaient en attente de cette annonce depuis déjà quelques semaines, a-t-elle ajouté. Tant que l'élection n'est pas déclenchée, évidemment, nous avons la responsabilité de gouverner, et c'est précisément [ce que nous avons fait hier] en annonçant un plan d'action qui était attendu.»
Raymond Bachand et Nathalie Normandeau ont néanmoins laissé entendre qu'ils étaient fin prêts pour une campagne électorale. «Peu importe le moment où l'élection va être déclenchée, on a la responsabilité d'être prêts. Alors, on se prépare», a affirmé Nathalie Normandeau. Le député d'Outremont, Raymond Bachand, a pour sa part déjà trouvé son local de campagne. «Le geste ultime de la démocratie, c'est de permettre au peuple de choisir l'équipe qu'il veut», a-t-il dit à la Presse canadienne.
Un plan annoncé en grande pompe
Le gouvernement a reconnu hier la contribution «actuelle et potentielle» de l'économie sociale au Québec et s'est engagé à donner à ses acteurs qui travaillent essentiellement dans des coopératives et des organismes à but non lucratif les moyens de leurs ambitions. «L'économie sociale place l'être humain et le bien commun au coeur de sa mission et de sa raison d'être», a indiqué Nancy Neamtan.
Parmi les 21 actions retenues par Québec, soutenir l'action des pôles régionaux en économie sociale par la conclusion d'ententes et mettre sur pied un fonds d'initiatives en économie sociale figurent en tête de liste. Les conférences régionales des élus pourront compter sur plus de 5 millions de dollars. «Notre objectif, c'est de donner une nouvelle bouffée d'oxygène à nos entreprises d'économie sociale, a dit Nathalie Normandeau. Dans le contexte de la perturbation des marchés financiers, je pense que c'est un type d'économie qui est de plus en plus pertinent.»
Des 16,7 millions annoncés, quelque 4,25 millions serviront à soutenir des actions porteuses en économie sociale sur le territoire de la métropole.
Benoît Pelletier a annoncé une aide financière de 300 000 $ sur trois ans qui visera à renforcer des initiatives d'entrepreneuriat collectif et l'action du Regroupement des centres d'amitié autochtones. Le plan d'action encourage les autochtones hors réserve et les Inuits à mettre sur pied des projets d'économie sociale. «Ce sont les autochtones eux-mêmes qui devront identifier les types d'entreprises qui prendront naissance», a précisé M. Pelletier.
Pour le Chantier de l'économie sociale, le Plan d'action en économie sociale du gouvernement représente «l'aboutissement d'un long travail commencé lors du Sommet de l'économie sociale et solidaire tenu en 2006 et l'amorce d'une action gouvernementale concertée appelée à grandir et à s'enrichir». Les présidente-directrice générale et président du conseil d'administration du Chantier de l'économie, Nancy Neamtan et Patrick Duguay, ont été ravis par l'annonce des ministres Normandeau, Bachand et Pelletier. «On salue aujourd'hui un plan d'action qui n'est pas un point d'arrivé mais un mosus de bon point de départ pour reconnaître l'importance des entreprises, les valoriser et qui va travailler à différents aspects de l'économie sociale au Québec mais surtout, je pense, qui va inaugurer une nouvelle ère de collaboration entre l'État et les acteurs de l'économie sociale», a dit Patrick Duguay. «Ce plan d'action est une preuve que notre pari on l'a gagné, a ajouté Nancy Neamtan. Plus que jamais, le Québec a besoin de la contribution de l'économie sociale.»
Environ 7000 entreprises d'économie sociale ont pignon sur rue au Québec. Elles génèrent des retombées de 17 milliards de dollars par année. La part du produit intérieur brut québécois associée à l'économie sociale est plus grande que celle liée à l'industrie aérospatiale, a fait remarquer Nathalie Normandeau.
Vos réactions
De la poudre aux yeux ! - par Michel Thibault
Le mercredi 12 novembre 2008 15:00
Bizarre ???!!! - par Pierre Véronneau (pierre.veronneau@videotron.ca)
Le jeudi 06 novembre 2008 09:00
Ça pue les élections - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le lundi 03 novembre 2008 14:00
Frapper à gauche et à droite en même temps - par Gilles Bousquet
Le lundi 03 novembre 2008 07:00

