Dans le cadre de ma maîtrise en sociologie, je suis en train d'effectuer une recherche sur l'intégration d'immigrants d'origine latino-américaine. Jusqu'à présent, j'ai pu constater que certaines personnes faisant partie de cette population étaient victimes de discrimination, notamment en terme d'accessibilité à l'emploi. Pourtant, suivant la logique de certaines interventions, ces personnes ne devraient pas avoir de difficulté d'intégration puisqu'elles proviennent d'une culture qui a, entre autres, pour base la même religion que celle qui est à la base d'une partie de la culture québécoise ! Mais, selon les derniers chiffres publiés par le Ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles, le chômage de cette population atteignait 14,1% en 2001, soit près du double de celui de la population québécoise en générale. Certains vont alors répliquer que ces immigrants"profitent de notre système". C'est étrange, tous les immigrants que j'ai rencontré estiment que le fait de travailler - et non seulement de travailler, mais de travailler dans son domaine et à la mesure de ses capacité - est une dimension importante de l'intégration, car c'est DANS le milieu de travail qu'il est possible d'arriver à mieux CONNAÎTRE et COMPRENDRE la société dans laquelle ils vivent. Si ces personnes n'ont pas cette possibilité, même après plusieurs tentatives et parfois des mois de recherche, alors il ne faut pas s'étonner qu'elles deviennent amères face à la société. Aussi, il faut souligner la volonté qu'ont manifesté toutes les personnes que j'ai pu rencontrer quant à la nécessité de créer des liens avec les Québécois et d'éviter l'isolement culturel. Ils ont manifesté bien plus d'ouverture que certains d'entre vous qui ont écrit ici. Oui, la discrimination existe partout, mais ce n'est pas une raison de pas essayer de faire mieux !