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Discriminer contre la discrimination...
Une amie dont je partageais le domaine d'études, l'anthropologie, accusait constamment les québécois d'être racistes à l'égard de la colonie émergente d'Haïtiens qui se constituait à Montréal durant les années '60.
Sa thèse porta sur les choix préférentiels au mariage (lire «union») en Haïti. Elle fut renversée de découvrir en un premier temps qu'il y avait un clivage observable, principalement chez les femmes, vers la pâleur, et en un deuxième temps, que les femmes choisissaient leurs reproducteurs en tenant compte, souvent consciemment, de ce clivage. Elle cessa d'accuser l'un et l'autre de racisme, ayant peut-être saisie, à travers les conclusions de ses études, la fluidité du terme «discrimination», et par extension de la notion de racisme.
Toutes les sociétés le sont, discriminatoires, et toutes les sociétés le sont racistes. Trois ans d'Afrique et plusieurs retours me l'ont confirmé en tant que blanc occidental riche (nous le sommes tous pour quelqu'un qui a moins) et éduqué. J'y ai aussi découvert l'ouverture et l'accueil. Donc...
Maintenant un peu de réalité : des gens qui choisissent de venir s'installer ici, quittant un pays, une région natale, pour affronter un avenir incertain ne posent-ils pas un double jugement, d'abord en rapport au pays qu'ils quittent et ensuite sur celui qui les reçoit ?
Et si par un effet de concentration ces gens en viennent à reproduire des comportements qui ont rendu leur pays natal moins intéressant, celui qui les accueille n'est-il pas justifié de faire en sorte que les valeurs qui avaient rendu le pays d'adoption alléchant soient préservées ?
Faites le calcul et appliquez la règle d'analyse aux communautés ethniques installées au Québec. Cela devrait vous tenir occupée quelque temps. Vous entrerez dès lors dans le territoire du politiquement incorrect et de la vérité cachée. On ne dit malheureusement pas les vraies choses. On dit cependant beaucoup de choses. Trop...
