Día de Muertos
Mots clés : Frida Kahlo, Mexique, fête des morts, Festival et fête, Montréal, Québec (province)
Les Montréalais sont conviés à une fête des morts typiquement mexicaine avec... Frida Kahlo comme invitée

Photo: Jacques Grenier
Aujourd'hui, soir d'Halloween, ces Mexicains désormais Montréalais tiennent un Día de Muertos, une fête des morts typiquement mexicaine. Leur épicerie, coin de la Roche et Saint-Zotique, offrira de quoi se mettre sous la dent: du mole, l'incontournable plat au poulet, au pan de muertos, et son chocolat chaud de mise. Et, bien sûr, les uniques calaveras, crânes en sucre blanc aux yeux colorés.
La soirée, sucrée et épicée, donc, ne se caractérisera pas par la récolte de bonbons mais par une bouffe autour d'une icône commune. «Vous n'êtes pas tenu de vous déguiser», précise Nadia Roldán, tête dirigeante de Mestiza. Même pas en Frida.
Fixé le 2 novembre, dans la pratique célébrée aussi le 1er (question de mixer ça à la Toussaint) et souvent, comme dans ce cas, amorcé la veille, voire une semaine avant, le Día de Muertos est une fête païenne prenant racine dans le Mexique précolombien.
Jadis, dans la culture mexica, c'était à la déesse Mictecacihuatl, dite la Dame de la Mort, qu'on offrait les morts. Aujourd'hui, c'est un autel de plats, d'eau, de fleurs, de photos... qui est monté en honneur d'un cher disparu. Pour qu'il revienne, on l'attire avec ses plats préférés.
«La question n'est pas de savoir si le mort mangera ou non. Il s'agit de célébrer la vie en rappelant ce que la personne disparue aimait», résume Nadia Roldán.
Non costumée, la fête mexicaine. Et sans visite du voisinage. Quoique... Enfant, Adriana Aranda, l'historienne du groupe, adorait ce moment pour ses tournées de dégustation qui en faisaient partie. «On allait chez les uns et les autres. De retour à la maison, chacun avait son meilleur plat.»
Les quatre comparses de Mestiza ont choisi de dresser leur autel, en honneur non pas d'un proche mais d'un personnage rassembleur. «Frida, disent-ils d'une seule voix, est l'ambassadrice culturelle du Mexique. Elle en est la tradition, un symbole, brut, véritable métisse. L'image même du Mexique.»
Profane, le Día de muertos n'en est pas moins sacré. À une époque où l'Halloween prend de plus en plus le dessus, ou justement à cause de cette séduction nord-américaine, la fête mexicaine devient... politique. À Mestiza, négoce fondé sur le partage avec ses ateliers de cuisine, organiser une telle célébration est un énoncé social. Comme tous les produits authentiques et bio qu'elle vend, c'est un appel à la culture maison, au slow food.
«On aime manger, au Mexique. Chaque fête de l'année a sa cuisine. On mange tout le temps, et il n'est pas étonnant qu'on trouve des kiosques de bouffe à chaque coin de rue», lance Adriana Aranda, pour qui parler alimentation est la meilleure vitrine d'un pays où autrefois le cacao servait de monnaie.
Fête culinaire et retrouvailles avec les défunts, le Día de Muertos n'est pas macabre. Son aspect joyeux repose en partie sur l'oeuvre du graveur et caricaturiste José Guadalupe Posada (1852-1913). Sa Catrina, figure féminine de la mort et satire de la société, est devenue emblème national. «Elle est la démocratisation de la mort, dit Nadia Roldán. Que tu sois riche ou pauvre, tu meurs.»
Frida, elle, ne s'en plaindra pas. Pourvu qu'on lui prépare un repas. À vous de venir le partager.
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Día de muertos
Mestiza, épicerie fine mexicaine
6699, rue de la Roche
Ce soir, de 18h à 22h, et jusqu'à dimanche
www.mestiza.ca
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Collaborateur du Devoir
Vos réactions
El dia de los muertos, plus qu'une fête c'est un rituel. - par Cristina Garcia Islas
Le samedi 01 novembre 2008 00:00
pives - par Normand Chaput
Le vendredi 31 octobre 2008 12:00
Étrange... - par Marc Lapointe (marc_lapointe@xplornet.com)
Le vendredi 31 octobre 2008 09:00

